100 Bullets de Brian Azzarello et Eduardo Risso


100 bullets est une série mensuelle de comics éditée par Vertigo, scénarisée par Brian Azzarello et illustrée par l'argentin Eduardo Risso et qui crée, réellement une véritable dépendance.
Crimes et châtiments, justice et vengeance, pouvoir et corruption ...La série remet au goût du jour les polars et autres romans noirs avec une vision bien à elle et en un véritable puzzle que l'ont arrive a faire concorder au fur et à mesure que les comics paraissent.

100 bullets est une série mainte fois primée par les Eisner Award, les "Oscars" des comics et dont la parution mensuelle s'est étalée sur près de dix ans, entre juin 1999 et avril 2009. La série compte 100 numéros, (prévu comme tel dés le début) représentant plus de 2000 pages, regroupés dans treize recueils.
L'histoire est simple:
Certains crimes restent impunis. L’assassin, camouflant son meurtre en accident ou ne laissant derrière lui aucun indice, poursuit ainsi sa vie sans être nullement inquiété.


Mais un jour, un homme mystérieux, l'agent Graves, se présente à vous et vous dit que dans la mallette qu'il transporte , existent les preuves irréfutables de la culpabilité de l'assassin de votre mari,de votre femme ou de votre enfant. Il y a aussi un flingue et cent cartouches non identifiables...

Vous avez carte blanche si vous décidez de les utiliser pour venger votre famille. Sachez aussi que dès que l'arme, les balles ou les douilles seront retrouvées sur les lieux du crime l'enquête s'arrêtera immédiatement.
Vous voilà donc au-dessus de la loi pour accomplir votre vengeance. Que feriez-vous ?

Chacun doit y affronter ses démons pour savoir s'il aura le cran de découvrir toute la vérité et d'aller jusqu'au bout de leurs actes en appuyant sur la détente.

Qui est Graves et quelle est cette mystérieuse organisation dont il fait partie ? Nombre d’éléments de réponses sont disséminés ici et là, tout au long des chapitres de la série.

Le véritable atout de 100 Bullets est la qualité de ses dialogues, le plus souvent réalistes et n’hésitant pas à utiliser le jargon local.

100 bullets est aussi un choc visuel : le trait de Risso rappelle fortement Frank Miller ( Sin city) pour l'utilisation des ombres mais aussi Mike Mignola ( Hellboy) pour les encrages.

Ce trait est sur et fin. Mais allié au scénario travaillé et au découpage savant des planches d'Azzarello, ce comic n'en est qu'atypique et original.

L’emploi judicieux de teintes noir et blanc juxtaposés aux planches couleur contribue à créer cette ambiance sombre et prenante.
Cela crée une ambiance très particulière, qui convient parfaitement à l'univers urbain dans lequel vivent les personnages car on descend profondément dans les bas-fonds des quartiers des grandes villes américaines mais aussi dans ceux de l'âme humaine.
Les couvertures signées Dave Johnson , transfuge de DC Comics , ont aussi permit de populariser cette série et l'élever au rang de culte.

Ce qu'il y a de bien avec 100 bullets, c'est la quasi certitude de ne jamais être déçu.
On tombe facilement dans l'engrenage, à apprécier la noirceur de lieux improbables, de chambres miteuses et de bars lugubres. On  y côtoye la misère , la violence et la mort parce que les personnages paraissent authentiques, jamais avantagés par un quelconque artifice.

Ce récit haletant ,qui vient de se terminer cette année aux Etats-Unis aprés 100 épisodes , vous plongera au coeur d’une machination dont les ressorts sans faille ne cesseront de vous surprendre.

Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux


C'est un classique, certes , un roman au charme désuet mais toujours aussi agréable à lire.

Pour anecdotes, Gaston Leroux a suscité avec livre quelques vocations et pas des moindres:
L'auteur américain John Dickson Carr [1906 - 1977], le grand maître des "problèmes en chambres closes", considérait le Mystère de la Chambre jaune comme le meilleur roman policier de tous les temps.
 La reine du crime Agatha Christie [1890 - 1976] choisit de se lancer dans le roman policier après la lecture dudit roman qui l'a beaucoup marquée.

Elle écrira alors la Mystérieuse affaire de Styles, où apparait le personnage d'Hercule Poirot, ancien policier belge.


Mathilde, la fille du professeur Stangerson, est retrouvée morte dans la " chambre jaune " dont la seule issue possible est une porte fermée de l'intérieur.
Le jeune reporter Rouletabille suit l'affaire. Grâce à sa perspicacité, il va parvenir à découvrir le véritable coupable, que l'on était bien loin de soupçonner.

Regard Noir vous propose les deux premiers chapitres , le reste , à télécharger se trouve sur l'excellent site que voila :

http://www.ebooksgratuits.com/ebooks.php?option=search&id_auteur=&id_categorie=2&id_genre=5&begin=60&offset=30


Si l'envie vous en prend , n' hésitez pas non plus à regarder l'excellent film de Bruno Poldalydés , trés réussi et avec une pleîade d'excellents acteurs comme Denis Podalydes, Sabine Azema, Claude Rich ou PIerre Arditi  , et sa suite " Le parfum de la dame en noir " , diffusée le Lundi 17 mai à 20.35 sur Arte.


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Sur la ligne noire de Joe R. Lansdale

Dans une petite ville du Texas en 1958, Stanley Mitchell , treize
ans , découvre la magie des livres et, avide de lecture , avale Edgar Rice Burroughs, Mark Twain et Conan Doyle.
A lire tout et n'importe quoi, il tombe sur des vieilles lettres d'amour, le conduisant à l'incendie d'une maison et deux décès tragiques de nombreuses années auparavant.

Stanley Mitchell Jr., et son petit chien Nub, vient d'emménager avec sa famille à Deswmont, à l'est du Texas.
Son père est propriétaire d'un Drive-in qu'il a racheté.

C'est l'été , les grandes vacances scolaires qui semblent s'étendre devant soi pour toujours.Le temps passe lentement pour un enfant oisif.
Joe Lansdale capte une partie de cette magie et la rallume pour nous, lecteurs. Sur la Ligne Noire, malgré son coté sombre, est aussi un conte ,une histoire magique,qui nous ramène aux années 50, époque de Rock 'n' Roll, des drive-in passant des  westerns, des queues de cheval et des mini-jupes, et d'un après-guerre décomplexé.
Mais c'est aussi un récit initiatique pour Stanley qui a l'age de perdre son innocence et commence à apprendre la vie, y compris le côté sombre de la nature humaine.
Les années cinquante semblent souvent être associé au temps de l'innocence, un moment ou la vie était simple, quand tout le monde croyait que la vie était juste et bonne, et quand il semblait que le monde resterait à jamais tel quel. Personne n'entrevoit l'énorme tremblement de terre que va être les années soixante,avec le mouvement des droits civiques, la guerre du Vietnam et les manifestations qui en découlèrent,la crise de Cuba et l'assassinat de Kennedy.
Et pourtant, le monde est en route vers cette transition.

Le racisme, comme dans beaucoup de romans de Lansdale ( Tampa confidential) est omniprésent.
Les relations entre Noirs et Blancs dans le Sud des Etats-unis sont clairement décrites sans partie pris pour relater les faits avec réalisme. La plupart des personnes de race blanche ont appris que les noirs étaient inférieurs et qu'il fallait les traiter de cette façon. La plupart des Noirs méprisent allègrement les Blancs.
Deswmont est l'archétype de la petite ville du Texas ou tout le monde connaissait tout le monde ,ou se généralise un système des castes et ou tout le monde accepte sa place.
En apparence, tout semble idyllique. Mais grattez la surface et toutes sortes de choses s'enveniment.
Probablement que toutes les petites villes cachent leur secret.

Stanley soulèvera ce couvercle trop vite pour son jeune esprit bourré d'imagination.
Un jour, il trébuche sur le coin d'une boîte en métal et découvre qu'elle est rempli d'un journal et de lettres d'amour d'un certain M à une inconnue nommée J. Dans les bois, il trouve les ruines calcinées d'un vieux manoir derrière le drive-in et apprend que deux meurtres se sont produits le soir de l'incendie : Margaret Wood ,violée et assassinée le long de la rivière et Jewel Ellen Stilwind retrouvé brulée parmi ces ruines.
Naturellement, Stanley que ce drame obsède, se propose de résoudre les meurtres avec l'aide de divers protagonistes.

Bien que le mystère central de ce roman n'est en rien traditionnel ( scénario intriguant fait de nombreux rebondissements et possibles suspects ), la vraie force motrice de la Ligne Noire , c'est ses personnages. Lansdale a travaillé brillamment chaque caractères et élève ses personnages au-dessus de leurs stéréotypes évidents.
La mère vit son rêve américain avec réalisme, ses défauts et ses attentes.
Le vieux projectionniste noir, Buster Ligthouse Smith, un ancien policier des réserves indiennes, qui se lie d'amitié avec Stanley ,n'est pas exactement la caricature de "l'oncle Tom" .Il a ses propres problèmes d'ivresse avec troubles mentaux diagnostiqués.D'ailleurs la relation entre Buster et Stanley est unique dans cet univers ségrégationniste.
Jolly, La servante noire essaye de devenir une excellente cuisinière, mais elle a une réelle paresse quand on parle de ménage et se traîne un mari coureur et violent.
Stanley ne fait pas cavalier seul dans cet enquête et outre Buster , implique aussi sa sœur aînée, Callie ( même si elle a l'âge d'être beaucoup plus intéressée par les garçons) ; et son meilleur ami, Richard, enfant maltraité et négligé, mal dans sa peau et introverti.
Tout Les personnages sont authentiques,y compris les secondaires, et ainsi, aucun d'entre eux n'est stéréotypé ni prévisible.

La ligne noire , c'est cette ligne qu'il faut franchir pour rejoindre le monde des adultes,se défaire de ses illusions et laisser de coté l'imagination lorsque, comme Stanley vous déterrez les restes d'un passé sulfureux et que vous ravivez les tensions raciales et les passions enfouies d'une petite communauté de l'Amérique profonde.

Et si l'on doit être déçu de ce roman au charme indicible et prenant , c'est certainement de l'avoir fini si vite.

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