Le Tueur en série au Cinéma




Si nombreux sont les serial killers à venir hanter le cinéma , votre poste de télévision ,ou  la littérature depuis quelques années, rares sont les vrais tueurs en série qui ont fait l’objet d’une adaptation cinématographique.
Le cinéma et à fortiori , le cinéma américain ( mais pas seulement) a toujours été très préoccupé d’étudier ces meurtriers
En cela, il n’a fait que traduire en images une obsession qui existe déjà chez de nombreux écrivains. Le cinéma a-t-il fait le tour de la question ? Je ne crois pas car malheureusement il y aura toujours matière a scénari.
S'il ne fallait lister que dix films s'inspirant des faits et actes ou retraçant la biographie de célèbres serial killers, ce serait certainement ceux là...La liste n'est certes pas exhaustive mais ces dix long-métrages sont très certainement représentif de leur époque.





The Lodger, film muet de 1926 réalisé par Alfred Hitchcock dont c'est le troisième film et vraisemblablement le premier chef d'oeuvre.
C’est un mélodrame assez typique de l’époque, superbement filmé (en studio...) . Le premier film américain sur Jack l’Eventreur ( librement inspiré , certes) repose sur une atmosphère effrayante, et capture la panique et la paranoïa qui régnaient à Londres durant les meurtres de l’Eventreur. Les acteurs sont excellents, notamment celui qui joue le tueur.
À Londres,un tueur en série assassine des jeunes femmes blondes, dans le style de Jack l'éventreur. Un homme à l'air mystérieux se présente pour louer une chambre chez Mr et Mrs Bunting et tout dans le film est fait de façon à le rendre suspect : il se présente avec une écharpe qui lui cache le bas du visage. . Daisy, leur fille blonde comme les victimes du tueur, s'éprend de l'étrange locataire. Joe, le petit ami de Daisy, est le détective chargé de l'affaire. Il devient jaloux du locataire et le soupçonne d'être le tueur.
Dans le film se retrouvent quelques influences du cinéma expressionniste allemand : les ombres inquiétantes la nuit dans les rues ,  l'image des Bunting , inquiets pour leur fille, en bas de l'escalier avec des visages bouleversés.
Dans ce film on trouve tout Hitchcock , sa façon de mener  le spectateur  vers une fin toute différente de ce qu'il avait pu penser et tout cela sans une minute d'ennui .









Psychose , autre Hithcock sort en 1960 et Anthony Perkins, Janet Leigh et Vera Miles y jouent magistralement les rôles principaux.
Marion Crane, simple employée au Nevada, s’enfuit avec un magot de 40 000$ volé à un client, pour rejoindre son amant, Sam Loomis, en Californie. Sur la route, fatiguée, elle s’arrête à l’écart de la route nationale, au Bates Motel, tenu par Norman, un sympathique jeune homme qui prend soin de sa pauvre mère dans ses vieux jours. Marion pense pouvoir s’y reposer avant de repartir pour Phoenix. Mais Maman Bates est plus acariâtre que prévu...
"Psychose, ça ne se raconte pas, ça se crie", comme Janet Leigh sous la douche. Retournement de situation, suspens à couper le souffle, scénario au cordeau, jeu d’acteur magnifique et mise en scène extraordinaire, ce film doit absolument être vu !!!
Il s'inspire du cas d’Ed Gein, surnommé le boucher de Plainfield , personnage torturé qui bouleversa l'Amérique et qui le fit rentrer dans le panthéon des tueurs.

C' est suite au décès de sa mère en 1945 que la vie insipide de Ed Gein se transforma, il resta seul dans sa ferme et commença à avoir des goûts macabres.Il voulait ressusciter sa mère, devenir sa mère. Pour cela, il se déguisa en femme, d’abord avec les vêtements de sa mère, puis avec de la peau humaine.
Massacre à la tronçonneuse et le personnage d' Hannibal Lecter se basent aussi sur l'histoire de ce tueur dérangé et dérangeant.
Ce film aura deux suites plus ou moins réussies.








Les tueurs de la lune de miel de Leonard Kastle ou l’histoire vraie du couple de tueurs en série Raymond
Fernandez et Martha Beck, une infirmière obèse et un bélâtre gigolo, fous amoureux l’un de l’autre, qui assassinèrent des femmes que Raymond séduisait, afin de leur voler leur argent.Ils furent accusés d'avoir tué plus de vingt femmes sur deux ans.
C'est sans doute l’un des films les plus mésestimé de tous les temps alors qu’il touche la perfection. Le travail du réalisateur est impressionnant et original et les deux acteurs principaux, Shirley Stoler et Tony Lo Bianco, sont tous simplement fabuleux.
Filmé dans un sublime noir et blanc, ce film montre le couple "au naturel", sans l’idéaliser (contrairement à Bonnie et Clyde dans le film homonyme). Martha Beck est "la grosse", celle qui ne connaît pas l’amour et son comportement, bien qu’horrible, paraît logique et compréhensible.

Le film décrit en fait sa quête du bonheur. Ray Fernandez est un personnage complexe, un gigolo qui se conduit pourtant comme un enfant. Il montre aussi que, alors que leurs crimes deviennent de plus en plus horribles, leur désir sexuel augmente.
Kastle est compositeur d'opéra , et un véritable amateur en matière de cinéma. Obnibulé par le procés des deux tueurs dont il suit quotidiennement les débats , il propose son scénario à Scorcese qui refuse. Il le filmera lui même donnant par là même , au film, sa dimension authentique.
Le film n’est pas visuellement violent, mais il l’est psychologiquement. Très troublant.








Deranged de Jeff Gillen et Alan Ormsby date de 1974 et conte l’ histoire d’Ed Gein ( encore lui !!! ), un homme vivant dans une petite communauté rurale du Wisconsin et prenait soin de sa mère alitée, une femme agressive et dominante, qui lui apprend que toutes les femmes sont mauvaises. Elle finit par mourir et elle lui manque tellement qu’un an plus tard, il va déterrer son cadavre pour la ramener chez lui. Il apprend la taxidermie , l' empaille et, finalement, se met à tuer.

Ce film fourmille de détails, plutôt que de seulement s’inspirer de son cas comme dans Psychose. L’acteur qui joue Gein est excellent et dérangeant de vérité : C'est à Robert Blossom qu'incombe la lourde tâche d'interpréter Ezra Cobb / Ed Gein. Sa performance se révélera assez impressionnante, par les mimiques qu'il fait avec sa bouche ou son regard tantôt absent, tantôt habité par la folie totale. Même ses vêtements, dont la fameuse chemise à carreaux et la casquette, rappelerons immédiatement aux spectateurs le look de Ed Gein, comme on peut le voir sur quelques photos d'époques.
Le film a quelque chose de documentaire, souvent filmé à l’épaule, sans musique et certaines scènes sont particulièrement affreuses car très réalistes ( dans la veine des films d' horreurs des seventies ).
Deranged est aussi un film particulièrement macabre, de par la bande son du film, joué à l'orgue d'église, mais également de par son imagerie. Cimetière, corps décomposé, tout concours à créer une atmosphère glauque et étouffante.
âmes sensibles, s’abstenir...comme le prouve la bande annonce :









Le Docteur Petiot de Christian de Chalonge avec Michel Serrault , sorti en 1990 fait peut être ici figure d' intrus puisque seul film français sur cette liste , mais il est véritablement incontournable. Michel Serrault dans une interprétation stupéfiante ( c'est peut être un de ses meilleurs rôles) y est d'ailleurs le producteur.

Le docteur Petiot, medecin parisien dans la France occupee de 1944 etait un homme bon. Admirable père de famille, genereux avec les pauvres, il excellait dans sa profession. Pourtant, c'etait aussi un monstre et nul ne se doute que derrière la façade se cache un psychopathe monstrueux, fasciné par les horreurs nazies.
Il faudra attendre la Libération pour que soit découvert le charnier personnel du docteur, en plein coeur du XVIème arrondissement. Se faisant passer pour un passeur , Petiot y brûlait ses victimes fuyant les nazis et juives pour la plupart après les avoir dépecées et se faisant passé pour un passeur.

Un personnage sacremment detestable ( voir chronique plus haut dans ce blog que je vous invite à lire)
Ce film a ouvert beaucoup de polémique sur le role de Serrault .D'aucuns disent que Serrault a dédramatisé ce joueur en le jouant à la Mocky , d'autres que Serrault l'a sublimé, la magnifié.
A voir absolument , ne serait ce que pour le coté historique et la dernière image, clôturant le film sur toutes les valises de ceux qui avaient cru en ce voyage vers l'argentine...







Henry, Portrait d’un Serial Killer de John Mc Naughton est lui aussi sorti en 1990 et est très fortement inspiré
des méfaits de Henry Lee Lucas et Otis Tool qu'il présentent d’une manière quasi-documentaire.

C’est un film très choquant et peu ragoûtant. Sa réalité "clinique", son image granuleuse, l’ambiance particulièrement glauque (les meurtres, les dialogues, la relation incestueuse avec Becky...), et l’excellence des acteurs dont Mickael Rooker fait qu’on se croirait réellement en présence de Lucas et Tool. Et on a vraiment pas envie de rester là ! (ce film est interdit au moins de 16 ans).
Tourné en 1985, Henry: Portrait Of A Serial Killer, n'a pas été distribué en salle avant 1990! Son mélange de cinéma-vérité et de violence a non seulement fait fuir plusieurs spectateurs, mais aussi les distributeurs. Le film a peut-être tardé à se faire connaître, mais aujourd'hui, il est considéré comme un des films d'horreur les plus réussis.
Film presque tabou, Henry: Portrait Of A Serial Killer est un regard hyper réaliste dans la psychée d'un meurtrier en série. Évitant les clichés habituels, le film de John McNaughton ne balance aucun jugement ni théorie bidon sur les actes de son personnage. Il se contente de nous montrer le tout à froid, sans aucune explication.
Henry Lee Lucas est l'un des tueurs les plus prolifiques d'Amérique. Sa mère, prostituée, l'obligeait à s'habiller en fille, et son père était un cheminot qui perdit ses jambes dans un accident de train.

Il aurait commis son premier meurtre à l'âge de 15 ans.
Il assassinera d'ailleurs sa mêre. Aujourd hui on va jusqu'à lui attribué près de 360 meurtres. A voir ce petit documentaire :



Serial Killer Henry Lee Lucas 1.2
<>. - L'info internationale vidéo.





Summer of Sam  est un film de Spike Lee tourné en 1999.
 New York, été 1977. La chaleur étouffe la métropole tandis qu’un dangereux serial killer, surnommé "le fils de Sam" (alias David Berkowitz), s’attaque aux couples et aux jeunes femmes seules du Bronx. La police est sur le qui-vive et les New-yorkais cèdent de plus en plus à la paranoïa et à la panique, surtout qu’une gigantesque panne de courant paralyse la ville et que les éboueurs sont en grève...
Le film s’appelle "l’été de Sam" et non pas "le fils de Sam". Il ne s’intéresse donc pas franchement à David
Berkowitz mais s’attache plutôt à retranscrire l’ambiance de l’époque, la violence, la peur paranoïaque, la chaleur et la musique. Dans une ambiance torride baignée de disco naissante, le réalisateur nous présente un quartier où ses habitants seront bientôt amenés à se méfier les uns des autres. Soit 377 jours d’angoisse (du 29 juillet 1976 au 10 août 1977) filmée sur les lieux même de l’action. Le film se termine mal pour tout le monde...
Tirée du fait divers qui a défrayé la chronique, cette histoire prend place dans une ville bouillonnante, où les communautés tentent de se protéger des dangers qui surgissent de toutes parts mais plongent peu à peu  dans la psychose.
Les médias se font très vite le relais des méfaits du tueur, pour qui l'on utilisera pour la première fois l'expression "Serial killer".
Summer of Sam est plus une chronique qu'une critique sociale, un regard éclairé sur les maux dont souffre notre société, de l'intolérance à la violence en passant par la misère intellectuelle et affective. Tous ces paramètres sont indissociables, à la fois causes et effets d'une descente aux enfers inexorable, qui revêt d'innombrables visages. C'est à ce niveau seulement qu'on constate l'émergence de la haine dont nous sommes tous porteurs.
A voir comme une critique sociale et pour Adrian Brody en Punk !!!.








From Hell d' Allen et Albert Hughes sorti en 2001 est un film interprété par Johnny Deep et Heather Graham.
 En 1888, à Londres, dans les rues mal famées du quartier de Whitechapel, un tueur en série, surnommé Jack l’Eventreur, rôde. L’inspecteur Fred Abberline, agent de Scotland Yard, comprend rapidement que ces crimes procèdent d’une mise en scène élaborée et supposent un "doigté" d’artiste, un sang-froid à toute épreuve et de solides connaissances en anatomie. Le policier, intuitif et visionnaire, dresse patiemment le profil de ce meurtrier hors normes et parvient à gagner la confiance de Mary Kelly, une jeune prostituée. Celle-ci va l’aider à résoudre cette périlleuse enquête.

Encore un film sur Jack l’éventreur... Mais celui-ci est tiré d’une BD homonyme géniale d’Alan Moore et Eddie Campbell. Les puristes préféreront le comic au film, mais... Albert et Allen Hughes utilisent en fait Jack l’Eventreur comme point de départ plus que comme sujet de leur film.
Ils n’essaient pas de trouver qui était le tueur (car ils présentent la "théorie" la plus célèbre) mais plutôt de présenter l’époque Victorienne (distinction de classes, pouvoir aux plus riches...) et l’immonde quartier de Withechapel (pauvreté, saleté...), message social à la clé.
Ils en profitent aussi pour créer de beaux plans au style soigné... et à contrario offrir quelques scènes gores. L’histoire en elle-même est totalement fantaisiste : L’inspecteur Abberline (qui avait 45 ans) est joué par le fringant Johnny Depp, les victimes de l’Eventreur (plutôt jeunes et jolies) se connaissent, le complot royal et Franc-Maçon est de mise, Abberline et Kelly ont une aventure...
Mais le suspense fonctionne bien, et les indices s’accumulent pour se rapprocher du tueur, bien que la fin soit un peu trop prévisible. C'est très... comment dire...rock' n' roll !!!







Monster de Patty Jenkins, film sorti en 2003, est tiré de l’histoire vraie d’Aileen Wuornos.
Depuis déjà longtemps, Aileen, une paumée notoire, erre sans but et survit en se prostituant. Lorsqu’un soir, le moral au plus bas, elle rencontre dans un bar la jeune Selby, c’est le coup de foudre. Pour protéger leur amour et leur permettre de subsister, Aileen continue de se vendre jusqu’à cette nuit où, agressée par un de ses clients, elle le tue.
Wuornos fut condamnée à la peine de mort par injection létale pour avoir assassiné au moins sept hommes en Floride entre novembre 1989 et novembre 1990.
Un film plutôt bon, soutenu par une incroyable actrice, Charlize Theron qui y est franchement impressionnante (même si elle en fait parfois un peu trop) et surtout méconnaissable.
Christina Ricci ,qui joue le rôle de “Selby” ressemble peu -physiquement- à Tyria Moore (de manière intentionnelle, car Moore est toujours en vie et considérée comme innocente de tout crime).
Ce film, bien qu’un peu trop dramatique, est le plus proche de la véritable histoire de Wuornos.
Il trouve des excuses plus que des explications aux crimes de Wuornos (ces victimes sont presque toutes présentées comme des "sales types"), mais ne cherche pas vraiment à la rendre sympathique (ou n’y parvient pas).
Il expose avec raison la pauvreté accablant une certaine Amérique et l’obsession de "Selby" pour l’argent, ainsi que la vie sordide qu’ont menée les deux femmes durant des années, malgré les rêves de gloire de Wuornos.








Enfin Zodiac de David Fincher datant de 2007.
Le film, inspiré par des faits réels, retrace l'enquête sur le tueur du Zodiaque, un mystérieux tueur en série qui frappa dans la région de San Francisco dans les années 1960 et 1970.
Robert Graysmith est un jeune dessinateur du San Francisco Chronicle, un des journaux importants de la ville. Sa vie va basculer le jour où le journal reçoit une lettre revendiquant plusieurs meurtres dans la région. Le tueur présumé, qui se présente sous le pseudonyme du Zodiac, accompagne sa revendication d'une énigme. Grâce, ou à cause, de sa passion pour les casse-têtes, il sera intégré à l'enquête, notamment par Paul Avery, spécialiste des affaires criminelles au journal. En parallèle, les inspecteurs en charge de l'enquête, David Toschi et William Armstrong, feront leur possible pour mettre fin à la série et croiseront plusieurs fois la route du dessinateur. Durant de nombreuses années, le Zodiac se jouera des policiers et des journalistes en accumulant les énigmes, les vraies et fausses revendications, les appels télévisés et les meurtres sans indice.

Inspiré par les ouvrages de Robert Graysmith, ce film montre sa version des faits, qui perpétue certains mythes et contre-vérités. En gardant à l’idée que ce film est inspiré de faits réels mais qu’il présente beaucoup de fiction,... c’est tout simplement un excellent thriller. On ne peut nier
le talent de Fincher qui expose admirablement bien l’horrible brutalité des meurtres, la surprise terrifiée ressentie par les victimes. Ici, rien de glamour ou de grand guignol, le réalisateur mise sur la sobriété. Les meurtres sont d’une violence « sainement » choquante. L’ambiance de l’époque (les pattes d’eph’ comme la peur rampante) est brillamment rendue et le film est servi par une excellente équipe d’acteurs. Un film angoissant et captivant et servi par une pléïade de bons acteurs.

La Compagnie de Robert Littell

 
Voici la CIA comme on ne l'a jamais vue , son fonctionnement et  son évolution depuis la fin de la seconde guerre mondiale au
début des années 90 avec le putsch manqué contre Gorbatchev. La Compagnie est un roman d'espionnage passionnant, qui mêle habilement histoire et fiction...

Robert Littell, ancien reporter américain, est l'auteur de nombreux  romans ayant la guerre froide pour toile de fond. Avec La compagnie, il plonge dans cette période avec une fiction basée sur des faits historiques et articulée autour de personnages clés ayant chacun un rôle important, qui à la CIA, qui au KGB, qui au Mossad israélien...

L'auteur retrace 40 années de CIA en se référant à certains événements comme la révolution manquée à Budapest dans les
années 50, le tragique épisode de la Baie des Cochons à Cuba, ou encore les événements en Afghanistan dans les années 1980 où il mentionne déjà Oussama Ben Laden, alors peu connu du grand public.

Bref  une déscription exhaustive mais magnifiquement narré de ce milieu où tous les coups sont permis pour vaincre l’ennemi communiste, sur tous les champs de bataille du monde, jusqu’à la grande victoire finale dont personne ne doute.

 Le roman s'appuie sur les événements survenus dans la carrière d'illustres protagonistes du renseignement : Torriti dit le sorcier, Jack McAuliffe, Leo Kritzky, Elliot Ebbit, Wisner dit le Wiz, les présidents des Etats-Unis ( Kennedy et son frère, Nixon et Reagan ), Kroutchev, et même au hasard d’une page, un jeune colonel du KGB plein d’avenir prénommé Vladimir... ,un rabbin du Mossad, Starik ( le vieux en russe ) qui occupe un poste élevé au KGB, Evguéni Alexandrovitch ou encore Angleton, le patron du contre-espionnage de la CIA.

Allant du recrutement de certains d'entre eux, à la CIA ou au KGB des années 1950, jusqu'à leur reconversion à la fin du récit, le roman pointe les difficultés actuelles que rencontre la compagnie dans son recrutement de gens brillants qu'elle ne connaît pas, ou encore à fournir des renseignements précis vu les restrictions imposées par le Sénat…
Les relations humaines sont également mises en avant et amènent parfois certains à des choix contraires à la raison, comme lors de la préparation de l'opération contre Cuba ou de l'identification de taupes au sein de la CIA. On se surprend même à souhaiter l'innocence de personnages qu'on vient à juger attachants, malgré les accumulations de preuves.

Enfin, l'évolution des protagonistes d'après leur expérience dans la compagnie influence leurs comportements, leurs décisions et leur promotion, renforçant d'autant la crédibilité de l'histoire et l'intérêt du livre.

Et l' histoire est forte et vraisemblable. C'est un récit initiatique : Un agent nouvellement arrivé dans l'agence se retrouve sous les ordres de Harvey Torriti, nom de code "Le Sorcier", chef d’antenne de la CIA dans le Berlin d’après-guerre.
Son physique est assez éloigné des héros de Hollywood, il est obèse, violent, alcoolique, pas toujours courtois avec sa hiérarchie mais possède un sens du devoir et une foi en sa patrie irréprochables et se déplace dans ce monde obscur comme un poisson dans l’eau. Aucune ficelle ni aucun coup tordu n’ont de secrets pour lui.
Il va prendre en main le vrai héros du roman, Jack McAuliffe, nom de code "l’Apprenti Sorcier" et lui apprendre la dure vie d’espion.

Entre l'établissement d'opérations clandestines et la recherche de taupes, on ne s'ennuie guère dans ce roman sans longueurs. Les descriptions réalistes, le détail des opérations et les faits historiques sous-jacents étonnent le lecteur qu point de se demander où se situe la frontière entre fiction et réalité...
La paranoïa sur les agents doubles ou triples et l'ambiguïté sur les décisions de l'ennemi sont autant d'aspects particuliers du monde de l'espionnage à jalonner le récit et maintenir un certain rythme : qui doit-on promouvoir ? est-on sûr de ses intentions ? mais qui est la taupe ?

Bref, c'est un livre qui passionnera les amateurs comme les mordus de romans d'espionnage...

Dark Tiger de William G. Tapply




Voila un ouvrage qui vous donnera peut être envie de tout lâcher , attraper votre tente et canne à pêche et foncer taquiner la truite au beau milieu du Maine et suivre Stoney, votre irrésistible guide à travers cette nature somptueuse mais sauvage comme seul William G Tapply sait la décrire.

Il y a de cela sept ans, Stoney Calhoun s'est réveillé dans un hôpital pour vétérans, amnésique mais doté de talents inexpliqués ( capacité pour les langues, maniabilité et expertise des armes, combat au corps à corps , etc...)
Depuis, il vit tranquillement, en travaillant comme guide de pêche à temps partiel et est co-propriétaire d'un magasin d'appâts locaux avec la belle Kate Balaban, attendant de l' éventuel touriste qu'il se perde devant leur boutique.

Un énigmatique homme au costume sombre, vient régulièrement le trouver pour s'assurer qu'il n'a pas retrouvé la mémoire. Mais cette fois ci, lorsque le forçant à un énième et ultime retranchement , il tente de mettre en danger sa nouvelle existence - existence qu'il a difficilement et fragilement battit - Calhoun se voit contraint d'enquêter sur le meurtre d'un agent gouvernemental retrouvé mort au nord de l'État du Maine.
Il doit alors prendre la place d'un guide de pêche à Loon Lake Lodge, un luxueux hôtel situé en plein coeur des espaces sauvages de cet état aux paysages somptueux et bruts du Nord-Est des États-Unis.
Avec ce troisième et  ultime volet des aventures de Stoney Calhoun ,après Dérive sanglante et Casco Bay, nous retrouvons une nouvelle fois ce bourru solitaire mais sympathique dans son enquête la plus dangereuse.

Le thème central du livre est plus qu'une enquête policière déclenchée par un double meurtre mystérieux, car comme souvent, l'enquête fournit le prétexte à une quête, ou plusieurs quêtes : la quête du personnage central frappé d'amnésie à la suite d'un accident (mais était-ce vraiment un accident ?) et qui n'a plus de passé, la difficile quête du bonheur pour ce personnage et la femme qu'il aime, la quête d'un mode de vie proche de la nature sauvage dans le nord-est américain.

Chez Tapply, la nature devient reine, dans toute sa plénitude, sa sérénité. Et ses dangers. A travers flots et dans la brume, l’intrigue, superbement menée, s’avère infaillible et aucun indice ne vient endiguer le rythme endiablé de l’enquête.
Tapply fait d'ailleurs partie d'une famille d'écrivains - les Jim Harrison ou Craig Johnson ( déjà cité plus haut dans le blog ) - pour qui le «nature writing» est une évidence, une façon d'être, tout imprégnés qu'ils sont de la culture populaire américaine, celle qui magnifie l'immensité, les terres infinies et intactes ou presque, et qui s'interroge sans cesse sur la relation de l'homme à l'environnement

Révélé sur le tard en France, avec "Dérive sanglante", "Casco Bay" ou "Dark Tiger" chez Gallmeister, William G. Tapply qui fait se côtoyer crimes horribles, découvertes macabres et paysages idylliques du Maine où se pratique avec passion la pêche à la mouche , est l' auteur d' une bonne vingtaine de romans policiers, tous en pleine nature, et collaborait à des magazines de pêche. Il est malheureusement décédé en 2009 et Dark Tiger est son dernier ouvrage.

Les éditions Gallmeister vous proposent d'ailleurs sur leur site un extrait des premières pages de cet ouvrage dont voici une copie ...Dépaysant ...




William G. Tapply
DARK TIGER


1



Stonewall Jackson Calhoun balayait le plancher autour du
présentoir des waders et des cuissardes lorsque la sonnette tinta
au-dessus de la porte, signalant que quelqu’un venait d’entrer dans la
boutique – Chez Kate, Appâts & articles de pêche. Calhoun jeta un
coup d’oeil à l’horloge murale. Il était presque deux heures, en ce mardi
après-midi gris et bruineux de la mi-mai.
Calhoun regarda en direction de l’entrée où il s’attendait à voir
Kate en train de secouer sa chevelure pour en faire tomber les gouttes
de pluie. Elle lui avait dit qu’elle serait de retour au plus tard vers midi
de son entretien mensuel avec les gens de l’établissement de soins
spécialisés de Scarborough dans lequel Walter, son mari, vivait – ou
plutôt mourait – depuis quelque temps.

Mais c’était Noah Moulton, et non Kate Balaban, qui se tenait dans
l’embrasure de la porte. Noah était un véritable jardin fleuri à lui tout
seul, avec sa casquette bleue des Portland Sea Dogs, son pantalon
de velours côtelé bordeaux, sa chemise de coton verte, ses bottes de
caoutchouc noires et son ciré jaune. Il faisait semblant d’examiner le
casier des cannes à mouche contre le mur près du comptoir.
Calhoun continua de balayer le plancher de pin tout abîmé. Il
savait que Noah Moulton désapprouvait ce qu’il appelait les “sports
san guinaires” – la pêche et la chasse, sans parler de la trappe – et il
n’était probablement pas venu au magasin pour acheter quelque
chose. Comme par ailleurs Noah n’entretenait que de très vagues
relations avec Kate Balaban et Stoney Calhoun, tous deux coproprié -
taires de la boutique, il ne s’agissait certainement pas d’une simple
visite amicale.

Par conséquent, à moins qu’il ne fût entré pour s’abriter de la pluie,
il ne restait qu’une seule possibilité : il était venu parler affaires. Noah
était l’agent immobilier qui s’était occupé de la location de cet endroit
où Kate et Calhoun avaient installé leur magasin. Leur bail arrivait à
expiration fin juillet. Calhoun se dit que leur propriétaire, un type
d’Augusta nommé Eldon Camby qui avait fait fortune en bâtissant
tout un empire de Burger King, avait l’intention de faire grimper leur
loyer une fois de plus et que Noah, qui touchait une commission au
passage, avait été chargé de leur annoncer la nouvelle.

— J’suis à vous dans un instant, Noah, dit Calhoun. Je finis juste
ça. Vous devriez jeter un coup d’oeil à ces nouvelles cannes Loomis. La
neuf pieds pour soie de six est particulièrement agréable.

Sans même se retourner, Noah agita la main.

— Prenez votre temps, Stoney.

Calhoun ramassa le tas de poussière, de boue séchée, de plumes de
coq, de poils de chien et de morceaux de fil métallique avec sa pelle et
le jeta dans la poubelle. Il posa le balai dans un coin et revint à l’entrée
du magasin où Noah Moulton, les mains derrière le dos, regardait par
la vitrine en direction du parking.

— Fait plutôt moche, hein ? dit Calhoun.

— Avant, le mois de mai était mon mois préféré, dit Noah,
toujours sans se retourner. Les fleurs, le soleil, les petits oiseaux. C’était
le bon vieux temps. Maintenant, je ne sais pas, le changement cli ma -
tique, le réchauffement de la planète, tout ça, on peut avoir des orages
ou des tempêtes de Nord-Est en mai. De la neige, de la neige fondue,
de la grêle. On peut jamais savoir. Vous vous souvenez, il y a quelques
années, cette tempête de neige le jour de la fête des mères, y en avait
une couche de trente centimètres sur les pieds de tomates que les gens
avaient déjà plantés.
Calhoun hochait la tête, mais en vérité, son bon vieux temps à lui
ne remontait pas plus loin que le jour où la foudre lui avait effacé la
mémoire. Cela faisait maintenant sept ans.

— Alors comme ça, vous balayez le sol vous-même, hein ? dit
Noah.

— C’est pas bien fatigant, et on dirait que je me débrouille pas
mal, répondit Calhoun en haussant les épaules.
Il exagérait son accent du Sud-Est du Maine, ce qui semblait
toujours agacer les gens du coin tels que Noah Moulton. Ils s’ima gi -
naient sans doute que Calhoun se payait leur tête. En fait, parler comme
un natif du Maine lui venait naturellement, même s’il avait grandi en
Caroline du Sud, à ce qu’on lui avait dit. Mais agacer un individu comme
Noah Moulton n’était pas fait pour lui déplaire non plus.

— J’espérais vous trouver tous les deux, Kate et vous, dit Noah.
Il continuait à regarder par la vitrine, et si l’accent de Calhoun
l’avait agacé, il n’en laissait rien paraître. Le parking du magasin était
vide, mis à part le vieux pick-up Ford tout cabossé de Calhoun, ainsi
qu’une berline quatre portes couleur étain, apparemment neuve et qui
devait appartenir à Noah. Elle avait l’air solide et raisonnable – le genre
de voiture qui correspond bien à un agent immobilier.

— Une tasse de café, ça vous dirait ? demanda Calhoun.
Noah se retourna vers lui.

— Je ne dis pas non. Noir, sans sucre, ça sera parfait.

— La cafetière est dans l’arrière-boutique. Venez, on va s’asseoir et
on pourra discuter. À moins que vous ne soyez intéressé par une canne
à mouche ?

— J’ai toutes les cannes qu’il me faut, répondit Noah.

Ce qui signifiait aucune, se dit Calhoun.
Il le précéda dans la petite pièce à l’arrière, où Kate et lui avaient
chacun leur bureau et où Ralph, l’épagneul breton de Calhoun, avait
son bol et son lit. Sur le bureau de Kate, il y avait un ordinateur, une
imprimante, un téléphone et un fax. À part cela, Kate n’y laissait jamais
rien traîner.
En plus de son propre ordinateur, qu’il n’utilisait presque jamais, et
d’un téléphone, le bureau de Calhoun était couvert de magazines,
de catalogues, de boîtes en plastique remplies de mouches, de scions
de cannes, de moulinets cassés, de morceaux de soies, de plumes de coq
et de poils de chevreuil teints.

Quand Calhoun et Noah Moulton entrèrent dans le bureau, Ralph
leva la tête, regarda les deux hommes, bâilla et poussa un soupir. Puis
il replaça son museau sous son moignon de queue et se rendormit.
Calhoun versa deux grandes tasses à la fontaine à café en inox dans
le coin et les posa sur son bureau. Il indiqua à Noah un fauteuil en bois
puis s’assit sur sa chaise à roulettes.

Noah se débarrassa de son ciré jaune en secouant les épaules. Il le
plia deux fois, puis tira le fauteuil jusqu’au bord du bureau de Calhoun
et s’y assit. Après avoir posé son ciré plié sur ses cuisses et sa casquette
de base-ball sur son genou, il se passa les doigts dans son épaisse
chevelure blanche. Il ouvrit la bouche comme s’il allait dire quelque
chose d’important. Puis il la referma. Il tendit le bras pour prendre sa
tasse de café, la porta à ses lèvres dans ses deux mains et en but une
gorgée. Il l’avala, puis reposa la tasse sur le bureau, il jeta un coup d’oeil
à sa montre, s’éclaircit la voix et leva les yeux vers Calhoun. Il sourit et
haussa les épaules.

Noah Moulton avait un torse étroit et des hanches larges. Bâti
comme une ampoule électrique.

— Bon, alors, qui est mort ? demanda Calhoun.

Noah secoua vivement la tête.

— Pour autant que je sache, dit-il, personne que nous connaissons
n’est mort récemment. Mais j’ai une mauvaise nouvelle, Stoney. J’ai
l’impression que je devrais attendre que Kate soit là pour vous en parler
à tous les deux. Mais j’ai un rendez-vous dans vingt minutes.

— On dirait que ça a un rapport avec ce local commercial, dit
Calhoun.

Noah Moulton acquiesça.

— Oui, monsieur. C’est cela. Je crois bien que M. Camby, qui est
le propriétaire de cet endroit, comme vous le savez, a eu une
proposition de quelqu’un qui veut l’acheter.

— Donc vous êtes venu ici pour voir si Kate et moi sommes prêts
à faire une offre ? Pour nous donner la priorité ? C’est ça ?

— Même pas, répondit Noah. L’affaire est déjà faite, on dirait,
Stoney. Vous devez être partis d’ici avec tout votre stock à la fin du bail.
Calhoun secoua la tête.

— Vous n’êtes pas sérieux ?

Noah opina.

— J’ai bien peur que si.

Calhoun secoua de nouveau la tête.

— Ça n’est pas bien. On est ici depuis… bon sang, Kate a
commencé à louer cet endroit il y a dix ans. Vous ne pouvez pas tout
simplement… (Il agita sa main en l’air.) Ça n’est pas bien, c’est tout.

Noah reprit :

— C’est écrit noir sur blanc dans votre bail. M. Camby est tenu de
vous donner un préavis de deux mois. Votre bail vient à échéance fin
juillet, on est juste à la mi-mai, voilà.

— Tout de même, ça n’est pas bien. (Calhoun lança un regard dur
en direction de Noah.) Et d’abord, vous êtes de quel côté, dites-moi ?

— Parfois je me retrouve des deux côtés, dit Noah.

— J’imagine que ça peut devenir sacrément embarrassant pour
vous, répliqua Calhoun.
Noah leva les yeux et eut un bref sourire, signifiant ainsi que le
sarcasme ne lui avait pas échappé. Il prit sa tasse de café et la reposa.

— Ne tirez pas sur le messager, Stoney. (Il se vissa sa casquette de
base-ball sur la tête, puis il se leva et enfila son ciré d’un mouvement
d’épaules.) Vous le direz à Kate, alors ?

— Et si on avait une petite conversation avec M. Camby ? dit
Calhoun.

— M. Camby n’apprécierait pas de se faire menacer, si c’est à ça
que vous pensez, répondit Noah.

— Je pensais que nous pourrions faire appel à sa bonté naturelle.
Kate et moi, on pourrait avoir envie d’acheter ce local nous-mêmes,
puisqu’il est à vendre.

— Vous pouvez toujours essayer, dit Noah. En admettant que
cette bonté naturelle à laquelle vous voulez faire appel existe vraiment
chez M. Camby. Vous pourriez aussi lui faire une offre par mon
entremise, si vous voulez, parce que c’est plus ou moins mon boulot
et que je ne le fais pas trop mal. Mais je suis sûr que monsieur Camby
ne sera pas plus réceptif à une offre qu’il ne le serait à des menaces.
(Noah secoua la tête d’un air attristé.) Il a déjà trouvé un accord et il
a signé les papiers pour conclure cette affaire. (Il tendit la main et la
posa sur l’épaule de Calhoun.) Je suis fichtrement désolé, Stoney. Si
vous voulez, je peux vous chercher un autre endroit. Qui sait ? Ça
pourrait être une bonne chose. Je pourrais vous trouver une boutique
plus grande, mieux située, avec un propriétaire plus agréable ?

Calhoun le regarda un instant, puis il se leva et se dirigea vers
l’entrée du magasin, ne laissant à Noah d’autre choix que de le suivre.
Lorsqu’ils furent à la porte, Calhoun se retourna et tendit la main.

Après une hésitation, Noah la serra.

— Alors, vous voulez que je commence à voir si je peux vous
trouver quelque chose ?

— Je peux pas vous empêcher de regarder, dit Calhoun, mais il
faut que j’en parle avec Kate, voir ce qu’elle veut faire et avec qui,
compte tenu de la situation.

— Ce n’est pas ma faute, Stoney, dit Noah en secouant la tête.
Calhoun lui tapota l’épaule.



— Ne vous en faites pas. Ça va s’arranger. Merci d’être passé.

Il saisit la poignée et ouvrit la porte.

Après le départ de Noah Moulton, Calhoun siffla Ralph et tous
deux sortirent sur la véranda devant la boutique. Calhoun resta à l’abri
sous le toit – une pluie battante et incessante s’était mise à tomber dans
la matinée, mais dans l’après-midi elle s’était transformée en une
bruine légère et brumeuse, suffisamment humide et froide, cependant,
pour être toujours désagréable. Il n’arrêtait pas de regarder dans la rue,
à droite et à gauche, se demandant où diable Kate pouvait bien être.
Ralph s’éloigna jusqu’au parking situé sur le côté. Il gratifia tous les
arbustes d’un reniflement tranquille et d’une brève giclée, puis il décida
qu’il n’y avait là ni perdrix ni caille, alors il reprit la direction de la
véranda en trottinant et donna un coup de museau sur la porte.
Ils entrèrent. Calhoun retourna dans son bureau pour vérifier que
Kate n’avait pas appelé pendant qu’il était dehors, mais il n’y avait
aucun message.
Il n’était pas vraiment impatient de lui annoncer que
leur bail était résilié par M. Burger King, mais il s’inquiétait un peu de
voir qu’elle n’était toujours pas rentrée de son rendez-vous au centre de
soins de Walter. Cela ne lui ressemblait pas de ne pas appeler s’il se
passait quelque chose.

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