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Le Tueur en série au Cinéma




Si nombreux sont les serial killers à venir hanter le cinéma , votre poste de télévision ,ou  la littérature depuis quelques années, rares sont les vrais tueurs en série qui ont fait l’objet d’une adaptation cinématographique.
Le cinéma et à fortiori , le cinéma américain ( mais pas seulement) a toujours été très préoccupé d’étudier ces meurtriers
En cela, il n’a fait que traduire en images une obsession qui existe déjà chez de nombreux écrivains. Le cinéma a-t-il fait le tour de la question ? Je ne crois pas car malheureusement il y aura toujours matière a scénari.
S'il ne fallait lister que dix films s'inspirant des faits et actes ou retraçant la biographie de célèbres serial killers, ce serait certainement ceux là...La liste n'est certes pas exhaustive mais ces dix long-métrages sont très certainement représentif de leur époque.





The Lodger, film muet de 1926 réalisé par Alfred Hitchcock dont c'est le troisième film et vraisemblablement le premier chef d'oeuvre.
C’est un mélodrame assez typique de l’époque, superbement filmé (en studio...) . Le premier film américain sur Jack l’Eventreur ( librement inspiré , certes) repose sur une atmosphère effrayante, et capture la panique et la paranoïa qui régnaient à Londres durant les meurtres de l’Eventreur. Les acteurs sont excellents, notamment celui qui joue le tueur.
À Londres,un tueur en série assassine des jeunes femmes blondes, dans le style de Jack l'éventreur. Un homme à l'air mystérieux se présente pour louer une chambre chez Mr et Mrs Bunting et tout dans le film est fait de façon à le rendre suspect : il se présente avec une écharpe qui lui cache le bas du visage. . Daisy, leur fille blonde comme les victimes du tueur, s'éprend de l'étrange locataire. Joe, le petit ami de Daisy, est le détective chargé de l'affaire. Il devient jaloux du locataire et le soupçonne d'être le tueur.
Dans le film se retrouvent quelques influences du cinéma expressionniste allemand : les ombres inquiétantes la nuit dans les rues ,  l'image des Bunting , inquiets pour leur fille, en bas de l'escalier avec des visages bouleversés.
Dans ce film on trouve tout Hitchcock , sa façon de mener  le spectateur  vers une fin toute différente de ce qu'il avait pu penser et tout cela sans une minute d'ennui .









Psychose , autre Hithcock sort en 1960 et Anthony Perkins, Janet Leigh et Vera Miles y jouent magistralement les rôles principaux.
Marion Crane, simple employée au Nevada, s’enfuit avec un magot de 40 000$ volé à un client, pour rejoindre son amant, Sam Loomis, en Californie. Sur la route, fatiguée, elle s’arrête à l’écart de la route nationale, au Bates Motel, tenu par Norman, un sympathique jeune homme qui prend soin de sa pauvre mère dans ses vieux jours. Marion pense pouvoir s’y reposer avant de repartir pour Phoenix. Mais Maman Bates est plus acariâtre que prévu...
"Psychose, ça ne se raconte pas, ça se crie", comme Janet Leigh sous la douche. Retournement de situation, suspens à couper le souffle, scénario au cordeau, jeu d’acteur magnifique et mise en scène extraordinaire, ce film doit absolument être vu !!!
Il s'inspire du cas d’Ed Gein, surnommé le boucher de Plainfield , personnage torturé qui bouleversa l'Amérique et qui le fit rentrer dans le panthéon des tueurs.

C' est suite au décès de sa mère en 1945 que la vie insipide de Ed Gein se transforma, il resta seul dans sa ferme et commença à avoir des goûts macabres.Il voulait ressusciter sa mère, devenir sa mère. Pour cela, il se déguisa en femme, d’abord avec les vêtements de sa mère, puis avec de la peau humaine.
Massacre à la tronçonneuse et le personnage d' Hannibal Lecter se basent aussi sur l'histoire de ce tueur dérangé et dérangeant.
Ce film aura deux suites plus ou moins réussies.








Les tueurs de la lune de miel de Leonard Kastle ou l’histoire vraie du couple de tueurs en série Raymond
Fernandez et Martha Beck, une infirmière obèse et un bélâtre gigolo, fous amoureux l’un de l’autre, qui assassinèrent des femmes que Raymond séduisait, afin de leur voler leur argent.Ils furent accusés d'avoir tué plus de vingt femmes sur deux ans.
C'est sans doute l’un des films les plus mésestimé de tous les temps alors qu’il touche la perfection. Le travail du réalisateur est impressionnant et original et les deux acteurs principaux, Shirley Stoler et Tony Lo Bianco, sont tous simplement fabuleux.
Filmé dans un sublime noir et blanc, ce film montre le couple "au naturel", sans l’idéaliser (contrairement à Bonnie et Clyde dans le film homonyme). Martha Beck est "la grosse", celle qui ne connaît pas l’amour et son comportement, bien qu’horrible, paraît logique et compréhensible.

Le film décrit en fait sa quête du bonheur. Ray Fernandez est un personnage complexe, un gigolo qui se conduit pourtant comme un enfant. Il montre aussi que, alors que leurs crimes deviennent de plus en plus horribles, leur désir sexuel augmente.
Kastle est compositeur d'opéra , et un véritable amateur en matière de cinéma. Obnibulé par le procés des deux tueurs dont il suit quotidiennement les débats , il propose son scénario à Scorcese qui refuse. Il le filmera lui même donnant par là même , au film, sa dimension authentique.
Le film n’est pas visuellement violent, mais il l’est psychologiquement. Très troublant.








Deranged de Jeff Gillen et Alan Ormsby date de 1974 et conte l’ histoire d’Ed Gein ( encore lui !!! ), un homme vivant dans une petite communauté rurale du Wisconsin et prenait soin de sa mère alitée, une femme agressive et dominante, qui lui apprend que toutes les femmes sont mauvaises. Elle finit par mourir et elle lui manque tellement qu’un an plus tard, il va déterrer son cadavre pour la ramener chez lui. Il apprend la taxidermie , l' empaille et, finalement, se met à tuer.

Ce film fourmille de détails, plutôt que de seulement s’inspirer de son cas comme dans Psychose. L’acteur qui joue Gein est excellent et dérangeant de vérité : C'est à Robert Blossom qu'incombe la lourde tâche d'interpréter Ezra Cobb / Ed Gein. Sa performance se révélera assez impressionnante, par les mimiques qu'il fait avec sa bouche ou son regard tantôt absent, tantôt habité par la folie totale. Même ses vêtements, dont la fameuse chemise à carreaux et la casquette, rappelerons immédiatement aux spectateurs le look de Ed Gein, comme on peut le voir sur quelques photos d'époques.
Le film a quelque chose de documentaire, souvent filmé à l’épaule, sans musique et certaines scènes sont particulièrement affreuses car très réalistes ( dans la veine des films d' horreurs des seventies ).
Deranged est aussi un film particulièrement macabre, de par la bande son du film, joué à l'orgue d'église, mais également de par son imagerie. Cimetière, corps décomposé, tout concours à créer une atmosphère glauque et étouffante.
âmes sensibles, s’abstenir...comme le prouve la bande annonce :









Le Docteur Petiot de Christian de Chalonge avec Michel Serrault , sorti en 1990 fait peut être ici figure d' intrus puisque seul film français sur cette liste , mais il est véritablement incontournable. Michel Serrault dans une interprétation stupéfiante ( c'est peut être un de ses meilleurs rôles) y est d'ailleurs le producteur.

Le docteur Petiot, medecin parisien dans la France occupee de 1944 etait un homme bon. Admirable père de famille, genereux avec les pauvres, il excellait dans sa profession. Pourtant, c'etait aussi un monstre et nul ne se doute que derrière la façade se cache un psychopathe monstrueux, fasciné par les horreurs nazies.
Il faudra attendre la Libération pour que soit découvert le charnier personnel du docteur, en plein coeur du XVIème arrondissement. Se faisant passer pour un passeur , Petiot y brûlait ses victimes fuyant les nazis et juives pour la plupart après les avoir dépecées et se faisant passé pour un passeur.

Un personnage sacremment detestable ( voir chronique plus haut dans ce blog que je vous invite à lire)
Ce film a ouvert beaucoup de polémique sur le role de Serrault .D'aucuns disent que Serrault a dédramatisé ce joueur en le jouant à la Mocky , d'autres que Serrault l'a sublimé, la magnifié.
A voir absolument , ne serait ce que pour le coté historique et la dernière image, clôturant le film sur toutes les valises de ceux qui avaient cru en ce voyage vers l'argentine...







Henry, Portrait d’un Serial Killer de John Mc Naughton est lui aussi sorti en 1990 et est très fortement inspiré
des méfaits de Henry Lee Lucas et Otis Tool qu'il présentent d’une manière quasi-documentaire.

C’est un film très choquant et peu ragoûtant. Sa réalité "clinique", son image granuleuse, l’ambiance particulièrement glauque (les meurtres, les dialogues, la relation incestueuse avec Becky...), et l’excellence des acteurs dont Mickael Rooker fait qu’on se croirait réellement en présence de Lucas et Tool. Et on a vraiment pas envie de rester là ! (ce film est interdit au moins de 16 ans).
Tourné en 1985, Henry: Portrait Of A Serial Killer, n'a pas été distribué en salle avant 1990! Son mélange de cinéma-vérité et de violence a non seulement fait fuir plusieurs spectateurs, mais aussi les distributeurs. Le film a peut-être tardé à se faire connaître, mais aujourd'hui, il est considéré comme un des films d'horreur les plus réussis.
Film presque tabou, Henry: Portrait Of A Serial Killer est un regard hyper réaliste dans la psychée d'un meurtrier en série. Évitant les clichés habituels, le film de John McNaughton ne balance aucun jugement ni théorie bidon sur les actes de son personnage. Il se contente de nous montrer le tout à froid, sans aucune explication.
Henry Lee Lucas est l'un des tueurs les plus prolifiques d'Amérique. Sa mère, prostituée, l'obligeait à s'habiller en fille, et son père était un cheminot qui perdit ses jambes dans un accident de train.

Il aurait commis son premier meurtre à l'âge de 15 ans.
Il assassinera d'ailleurs sa mêre. Aujourd hui on va jusqu'à lui attribué près de 360 meurtres. A voir ce petit documentaire :



Serial Killer Henry Lee Lucas 1.2
<>. - L'info internationale vidéo.





Summer of Sam  est un film de Spike Lee tourné en 1999.
 New York, été 1977. La chaleur étouffe la métropole tandis qu’un dangereux serial killer, surnommé "le fils de Sam" (alias David Berkowitz), s’attaque aux couples et aux jeunes femmes seules du Bronx. La police est sur le qui-vive et les New-yorkais cèdent de plus en plus à la paranoïa et à la panique, surtout qu’une gigantesque panne de courant paralyse la ville et que les éboueurs sont en grève...
Le film s’appelle "l’été de Sam" et non pas "le fils de Sam". Il ne s’intéresse donc pas franchement à David
Berkowitz mais s’attache plutôt à retranscrire l’ambiance de l’époque, la violence, la peur paranoïaque, la chaleur et la musique. Dans une ambiance torride baignée de disco naissante, le réalisateur nous présente un quartier où ses habitants seront bientôt amenés à se méfier les uns des autres. Soit 377 jours d’angoisse (du 29 juillet 1976 au 10 août 1977) filmée sur les lieux même de l’action. Le film se termine mal pour tout le monde...
Tirée du fait divers qui a défrayé la chronique, cette histoire prend place dans une ville bouillonnante, où les communautés tentent de se protéger des dangers qui surgissent de toutes parts mais plongent peu à peu  dans la psychose.
Les médias se font très vite le relais des méfaits du tueur, pour qui l'on utilisera pour la première fois l'expression "Serial killer".
Summer of Sam est plus une chronique qu'une critique sociale, un regard éclairé sur les maux dont souffre notre société, de l'intolérance à la violence en passant par la misère intellectuelle et affective. Tous ces paramètres sont indissociables, à la fois causes et effets d'une descente aux enfers inexorable, qui revêt d'innombrables visages. C'est à ce niveau seulement qu'on constate l'émergence de la haine dont nous sommes tous porteurs.
A voir comme une critique sociale et pour Adrian Brody en Punk !!!.








From Hell d' Allen et Albert Hughes sorti en 2001 est un film interprété par Johnny Deep et Heather Graham.
 En 1888, à Londres, dans les rues mal famées du quartier de Whitechapel, un tueur en série, surnommé Jack l’Eventreur, rôde. L’inspecteur Fred Abberline, agent de Scotland Yard, comprend rapidement que ces crimes procèdent d’une mise en scène élaborée et supposent un "doigté" d’artiste, un sang-froid à toute épreuve et de solides connaissances en anatomie. Le policier, intuitif et visionnaire, dresse patiemment le profil de ce meurtrier hors normes et parvient à gagner la confiance de Mary Kelly, une jeune prostituée. Celle-ci va l’aider à résoudre cette périlleuse enquête.

Encore un film sur Jack l’éventreur... Mais celui-ci est tiré d’une BD homonyme géniale d’Alan Moore et Eddie Campbell. Les puristes préféreront le comic au film, mais... Albert et Allen Hughes utilisent en fait Jack l’Eventreur comme point de départ plus que comme sujet de leur film.
Ils n’essaient pas de trouver qui était le tueur (car ils présentent la "théorie" la plus célèbre) mais plutôt de présenter l’époque Victorienne (distinction de classes, pouvoir aux plus riches...) et l’immonde quartier de Withechapel (pauvreté, saleté...), message social à la clé.
Ils en profitent aussi pour créer de beaux plans au style soigné... et à contrario offrir quelques scènes gores. L’histoire en elle-même est totalement fantaisiste : L’inspecteur Abberline (qui avait 45 ans) est joué par le fringant Johnny Depp, les victimes de l’Eventreur (plutôt jeunes et jolies) se connaissent, le complot royal et Franc-Maçon est de mise, Abberline et Kelly ont une aventure...
Mais le suspense fonctionne bien, et les indices s’accumulent pour se rapprocher du tueur, bien que la fin soit un peu trop prévisible. C'est très... comment dire...rock' n' roll !!!







Monster de Patty Jenkins, film sorti en 2003, est tiré de l’histoire vraie d’Aileen Wuornos.
Depuis déjà longtemps, Aileen, une paumée notoire, erre sans but et survit en se prostituant. Lorsqu’un soir, le moral au plus bas, elle rencontre dans un bar la jeune Selby, c’est le coup de foudre. Pour protéger leur amour et leur permettre de subsister, Aileen continue de se vendre jusqu’à cette nuit où, agressée par un de ses clients, elle le tue.
Wuornos fut condamnée à la peine de mort par injection létale pour avoir assassiné au moins sept hommes en Floride entre novembre 1989 et novembre 1990.
Un film plutôt bon, soutenu par une incroyable actrice, Charlize Theron qui y est franchement impressionnante (même si elle en fait parfois un peu trop) et surtout méconnaissable.
Christina Ricci ,qui joue le rôle de “Selby” ressemble peu -physiquement- à Tyria Moore (de manière intentionnelle, car Moore est toujours en vie et considérée comme innocente de tout crime).
Ce film, bien qu’un peu trop dramatique, est le plus proche de la véritable histoire de Wuornos.
Il trouve des excuses plus que des explications aux crimes de Wuornos (ces victimes sont presque toutes présentées comme des "sales types"), mais ne cherche pas vraiment à la rendre sympathique (ou n’y parvient pas).
Il expose avec raison la pauvreté accablant une certaine Amérique et l’obsession de "Selby" pour l’argent, ainsi que la vie sordide qu’ont menée les deux femmes durant des années, malgré les rêves de gloire de Wuornos.








Enfin Zodiac de David Fincher datant de 2007.
Le film, inspiré par des faits réels, retrace l'enquête sur le tueur du Zodiaque, un mystérieux tueur en série qui frappa dans la région de San Francisco dans les années 1960 et 1970.
Robert Graysmith est un jeune dessinateur du San Francisco Chronicle, un des journaux importants de la ville. Sa vie va basculer le jour où le journal reçoit une lettre revendiquant plusieurs meurtres dans la région. Le tueur présumé, qui se présente sous le pseudonyme du Zodiac, accompagne sa revendication d'une énigme. Grâce, ou à cause, de sa passion pour les casse-têtes, il sera intégré à l'enquête, notamment par Paul Avery, spécialiste des affaires criminelles au journal. En parallèle, les inspecteurs en charge de l'enquête, David Toschi et William Armstrong, feront leur possible pour mettre fin à la série et croiseront plusieurs fois la route du dessinateur. Durant de nombreuses années, le Zodiac se jouera des policiers et des journalistes en accumulant les énigmes, les vraies et fausses revendications, les appels télévisés et les meurtres sans indice.

Inspiré par les ouvrages de Robert Graysmith, ce film montre sa version des faits, qui perpétue certains mythes et contre-vérités. En gardant à l’idée que ce film est inspiré de faits réels mais qu’il présente beaucoup de fiction,... c’est tout simplement un excellent thriller. On ne peut nier
le talent de Fincher qui expose admirablement bien l’horrible brutalité des meurtres, la surprise terrifiée ressentie par les victimes. Ici, rien de glamour ou de grand guignol, le réalisateur mise sur la sobriété. Les meurtres sont d’une violence « sainement » choquante. L’ambiance de l’époque (les pattes d’eph’ comme la peur rampante) est brillamment rendue et le film est servi par une excellente équipe d’acteurs. Un film angoissant et captivant et servi par une pléïade de bons acteurs.

Marcel Petiot , le "bon docteur"


Il fut surnommé le Vampire de l'Etoile, le Boucher de Paris, le Cuisiner du Diable, ou l'Ange de la Mort parmi tant d'autres et fit couler beaucoup d'encre .
Les psychiatres le disaient déséquilibré, pervers, fugueur, dissimulateur, menteur, un individu sans scrupules dépourvu de tout sens moral.
 Intelligent, il avait un sens de l'humour très développé, mais noir et morbide, et deux visages : le "bon docteur" qui soignait gratuitement les pauvres ,les enfants maladeset les indigents en sa clinique de la rue Lesueur à Paris ; et l'assassin sans pitié qui attirait dans ses filets les victimes des persécutions nazies, juifs ou resistants, les gangsters en fuite mais aussi des personnes qui le gênaient ou le menaçaient.

La nuit, il gazait, dépeçait et brûlait des victimes de la Gestapo, espérant que « M. Eugène » les aiderait à gagner la zone libre ou l’Argentine. L’honorable médecin n’était qu’un tueur en série à qui la Seconde Guerre mondiale donna l’opportunité d’exprimer pleinement sa folie.

Le 11 mars 1944, après que l’alerte fut donnée à cause de la fumée que sa cheminée évacuait, la police découvrit dans sa cave des corps prêts à être incinérés, 72 valises et 655 kg de souvenirs, dont le pyjama du petit René Kneller, disparu avec ses parents.
Marcel Petiot , le célèbre "Docteur Petiot" fut condamné à mort et exécuté à Paris en 1946.

Voici le parcours d'un monstre particulièrement détestable car sans morale.

Né le 17 janvier 1897 à Auxerre, Marcel Petiot est le fils choyé d’un employé de la poste, auquel il donne vite du fil à retordre : l’enfant est connu pour massacrer les chats du quartier. En 1916, Marcel s’engage au 98e R.I.. La guerre, pour lui, sera vite un lointain souvenir : légèrement blessé au pied, il est examiné par des psychiatres lors de sa convalescence qui le déclarent mentalement déséquilibré et enfin le réforment.. Déséquilibre que l’on impute aux horreurs du conflit.

En 1921, il achève brillamment ses études de médecine (mention très bien) et s’installe au pays, à Villeneuve-sur-Yonne. C’est un bon docteur, que les pauvres consultent sans bourse délier. Il se dédommage auprès de sa riche clientèle : kleptomane, il la déleste de ses effets personnels lors des visites domiciliaires.
En 1926, la jeune bonne de Petiot, Louise, déclare, un peu trop fort, être enceinte des œuvres de son employeur.Curieusement, la jeune Louise disparaît…Quelques bruits courent, on découvre aussi d’étranges disparitions d’argent ou d’objets précieux après les visites du docteur, mais c’est insuffisant pour ébranler les consciences En 1927, la vie lui sourit, il est élu maire et se marie. Cinq ans et une ribambelle de vols plus tard, c’est l’infamie.
En mars 1930, la police découvre le corps à moitié calciné de Madame Debauwe, gérante de la coopérative laitière de Villeneuve-sur-Yonne. Elle a été achevée à coups de marteau et la laiterie a été incendiée. La veille, elle avait encaissé la somme de deux cent quatre-vingt mille francs…
Les rumeurs persistent. On insinue qu’elle était la maîtresse du docteur Petiot et un certain Frascot affirme même l’avoir vu rôder vers la laiterie peu avant le début de l’incendie. Petiot est bien soupçonné… mais seulement soupçonné. Les preuves manquent et le témoin meurt, fort opportunément, il faut le reconnaître. Frascot sortait d’ailleurs d’une visite chez le médecin quand il a été foudroyé par une crise cardiaque. C’est du moins ce qui est inscrit sur le permis d’inhumer signé par ce même médecin… c’est-à-dire Marcel Petiot !
Ces indices sont insuffisants pour la police mais la population, elle, ne tarde pas à réagir : Petiot, qui vient aussi d’être condamné pour vol d’électricité, est révoqué de ses fonctions de maire. Les rumeurs persistantes le poussent à abandonner aussi son cabinet. Condamné, révoqué par le conseil municipal, le Dr Petiot est contraint de quitter l’Yonne.


De 1933 à 1939,  il ouvre un cabinet dans le IXe arrondissement et multiplie les larcins. le docteur Petiot
réussit, à Paris, à se constituer une autre clientèle importante tout en étant accusé plusieurs fois de pratiquer des avortements, de fournir de la drogue à des toxicomanes, de non-déclaration de revenus, de fabrication et d'usage de faux ; il blâme tous ces crimes sur le fait qu'il n'est pas un comptable ni un secrétaire, que son premier souci est de soigner des indigents et des indigents, il s'en présente dix, douze, vingt à tous ses procès prêts à témoigner sur sa grandeur d'âme et sa générosité. Il est condamné à quelques amendes et même à 15 jours de prison puis finalement confié à un hôpital psychiatrique pour «évaluation».
L’internement dure quatre ans.
En 1941, il achète un hôtel particulier au 21, de la rue Lesueur, dans le XVIe, qu’il transforme en clinique. Il rénove aussi sa cave, consolide le puits existant, fait installer une imposante chaudière, un large évier. Marcel Petiot est fin prêt à recevoir…

 Au cours de l’année 1943, de 20 heures à l’aube, il devient « M. Eugène », spécialisé dans l’aide aux Juifs que pourchasse la Gestapo. Dès la nuit tombée, l’homme dévoué qui ne craint pas les représailles ouvre sa porte aux candidats à la fuite vers la zone libre et l’étranger. Pour des sommes variant entre 25 000 et 100 000 francs, Petiot promettait aux clients qui lui étaient référés ou qu'ils recrutaient, de faux papiers, une nouvelle identité et une route sûre vers l'Argentine.
Un voisin du médecin, Joachim Guschinow, un fourreur juif, confie à son cher ami Petiot qu’il aimerait quitter la France. Jamais plus il ne réapparaîtra…Quelques semaines après, Jean-Marc Van Brever, un toxicomane notoire qui avait dénoncé Petiot comme trafiquant de drogue, disparaît. Ensuite c’est le tour d’une Madame Khayt, qui avait refusé d’être impliquée dans une des « magouilles » de Petiot.
À la même époque, disparaît Paul Braunberger, un médecin, suivi le mois suivant de la famille Kneller, le père, la mère et le petit René, âgé de huit ans à peine. En janvier 1943, Petiot lance les « tarifs de groupe » : quatre couples, les Basch, les Woolf, les Stevens et les Anspach « s’embarquent » à leur tour…
À cette clientèle choisie, s’ajoutent quelques malfrats, heureux de se « mettre au vert » pour quelque temps. Parmi eux, François Albertini, dit le Corse ; Joseph Réocreux, dit aussi Jo le Boxeur, accompagné de ses deux « gagneuses ».Les "voyageurs" sont vaccinés contre les maladies exotiques, il serait en effet dommage d'attraper un virus mortel... en Argentine... Tout est pensé et étudié et les malheureux, recherchés par la gestapo, ne peuvent que se soumettre aux ordres de leur "sauveur"... L'affaire est rentable et les disparitions s'amplifient sans aucune réclamation des familles. Les clandestins sont éliminés par injection létale de poison, puis démembrés ou découpés.
Il est réputé avoir « passé » quantité d’« indésirables ». Jamais l’un d’eux ne se manifesta par la suite pour témoigner que « M. Eugène » favorisa effectivement sa fuite. Le voyage des malheureux s’est achevé dans le puits de chaux vive ou les tuyaux du calorifère, 21, rue Lesueur.

La Gestapo ayant eu vent de ce réseau qu'elle croyait être véritable tenta de l'infiltrer mais sans succès : ses agents-doubles disparaissaient au fur et à mesure qu'ils entraient en communication avec le docteur «Eugène» (faux-nom du docteur Petiot). En désespoir de cause, elle le fit arrêter en mai 1943 mais ne put en tirer quoi que ce soit, même sous la torture, Petiot ne pouvant naturellement pas dévoiler les noms des membres de son «réseau» puisqu'il n'y en avait aucun. - On le relâcha, faute de preuve quelques semaines plus tard.

Lorsque, samedi 11 mars 1944, un voisin s’inquiète de l’odeur nauséabonde et de l’épais nuage noir qui s’échappent de la cheminée, il prévient pompiers et policiers. Pas trace du propriétaire mais, au sous-sol, plusieurs corps dépecés en attente de combustion, des valises, bijoux, vêtements, bibelots, jouets, tout ce que parents et enfants contraints à l’expatriation voulaient emporter, 655 kg de « souvenirs », dira Petiot à son procès. Pour l’instant, il a disparu.


Lors des perquisitions, la police met au jour un ossuaire, un puits rempli de chaux et une chambre à gaz dont la porte est équipée d’un judas qui permet d’assister à l’agonie des victimes. Sur l’égouttoir de l’évier, des résidus de chair humaine…

Tandis que la France découvre l’ampleur de la folie du docteur Petiot, celui-ci se cache parmi les vaillants des FFI (Forces françaises de l’intérieur). Il est devenu le « capitaine Valéry ». Le 31 octobre 1944, il fut arrêté dans une station de métro.
Le capitaine Simonin arrête le capitaine Wetterwald, alias Valéry dans la Résistance, médecin-capitaine au 1er Bataillon.Sur lui, il avait 31 700 francs (une fortune), une cinquantaine de documents sous six noms différents et un revolver. Il est enfin confondu. Accusé de vingt-sept assassinats, il en revendiquera soixante-trois à son procès en 1946. Le médecin précisera cependant que ses « proies » n’étaient que des collaborateurs et des Allemands. La cour ne l’a pas cru et l’a envoyé à l’échafaud.

 L’affaire Petiot choqua tant le monde entier que, durant une décennie au moins, elle alimenta la chronique.
L’avocat général rapporta que, mené à la guillotine, le médecin s’exclama : « Ah, ça ne va pas être beau ! » Mais avant cet épisode, il y eut le procès dont l’Institut national de l’audiovisuel a conservé de saisissantes séquences.



Le sinistre Marcel Petiot se présente à la cour d’assises en complet et nœud papillon, paraissant aussi à l’aise que s’il présidait un colloque sur l’art de bien disséquer. Provocateur et arrogant, il est tout sourire lorsque, menant magistrats, badauds et journalistes en sa clinique, il les invite à un macabre tour du propriétaire, leur expliquant comment il gazait, découpait et calcinait ses visiteurs du soir.
Injuriant les membres des familles de ses victimes, il les traita de menteurs, de membres de la juiverie internationale, d'ennemis de la république. Questionné quant à une de ses victimes, il jura de ne jamais l'avoir rencontrée mais ne put expliquer qu'on avait retrouver ses vêtements chez lui.Durant le mois de débats, il répète inlassablement que ceux-ci n’étaient que collabos ou nazis. Somme toute, il est un patriote, résistant à sa manière.

Me  Floriot plaida  en vain durant six heures pour sauver Petiot de la peine capitale. En vain. Le 25 mai 1946, un gardien de la prison de la Santé le réveille pour le mener à l’échafaud. « Tu me fais chier », lui rétorque le condamné. Alors qu’il se tient devant la guillotine, l’avocat général lui demande s’il a quelque chose à déclarer. « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages ! » répond-il. Donc ses secrets.
Ses dernières paroles furent pour ses bourreaux, leur disant de ne pas regarder car «ce ne serait pas joli». Les témoins rapportent que ses lèvres esquissaient un sourire lorsque sa tête roula dans le panier.

Michel Serrault l’incarnera magistralement à l'écran.

Le Quatuor de Leeds ( 1974 / 1977 / 1980 / 1983 ) de David Peace





 

Un bon polar qu'il y ait enquête ou non , reflète tout d'abord la réalité du monde dans lequel nous vivons. L'important outre le caractère ou le style de l'auteur est qu'il porte un regard lucide sur ses composantes politiques , sociales et historiques.Le polar reste un divertissement mais s'il ignore la mondialisation de nos sociétés , il ne présente aucun intérêt . D'aucuns l'ont compris et entreprennent de nous plonger sur plusieurs tomes dans une époque particulière qu'ils chroniquent avec brio tout en y offrant une vision globale particulièrement documentée et en y incluant une réelle portée sociale.
On connait le quatuor de Los Angeles d' Ellroy  ou la trilogie Berlinoise de Philip Kerr. En parallèle on trouve aussi David Peace et son quatuor de Leeds,  une chronique anglaise relatant une décennie d'errance d'un tueur en série sur fond de corruption policière , de Thatcherisme et d'effondrement social dans le Yorkshire des années 70 et 80.

J' ai aimé cette série mais je ne suis pas du tout sûr d' être en mesure d'expliquer pourquoi. Et il m'est aussi difficile de vous parler d'un roman seul plus que les trois autres. Il faut prendre l' oeuvre dans son ensemble tant le cycle est complexe , foisonne d'histoires complémentaires et symétriques, de tableaux de caractères évoluant dans une mosaïque d'événements dont le fil conducteur est l'enquête sur ce tueur , surnommé l' étrangleur du Yorshire.


1974 fait figure de prologue et m' amène à des sentiments très partagés mais en définitive plutôt bons.
Les personnages semblent être une galerie de pourris, corrompus, assoiffés de pouvoir et d’argent. Même le héros est limite, insupportable parfois mais bizarre et insaisissable.
L’écriture est chaotique et la lecture ardue et ce livre laisse une impression étrange : on veut connaître l’assassin mais on a hâte de finir le récit car il est très dur à tout point de vue :
écriture lourde et récit brouillé.
Mais 1974 est important car il introduit la plupart des personnages qui apparaissent dans les livres suivants de la série.
1974 ne concerne pas directement le tueur en série mais Eddie Dunsford , personnage inclassable, grande gueule et porté sur la bouteille  et qui est le correspondant de l' Evening Post en matière d'affaires criminelle. Il étudie le cas d'un meurtre particulièrement atroce d’une petite fille, Clare Kemplay , et l' enquête qu'il mène tourne vite à l'obsession.
Il est persuadé qu'un lien existe entre cette affaire et d'autres filles disparues, une théorie que la police a violemment rejeté.
Même s'il est sur le papier , "Le" chroniqueur judiciaire du Post, Eddie se retrouve affecté au second plan lorsqu'un journaliste d'investigation ,autrefois nominé Reporter de l'Année, rentre en scène et suit sa propre enquête entachée d'erreurs et d'ènormités. Eddie n' arrive pas à l'accepter et poursuit une enquête parallèle sur ces disparitions et sombre lentement dans la folie.
Tout et tous se liguent contre lui, ses amis meurent, ses témoins également, il est passé à tabac par la police.
1974 est le récit d'une descente aux enfers ou le lecteur  ne peut s' identifier ou sympathiser avec aucun des personnages tant ils affichent leur vénalité, leur soif de pouvoir dans une totale indifférence. Beaucoup de vulgarité, de blasphème, racisme, sexisme,extrême violence sexuelle envers les femmes, et scènes de brutalité policière jalonnent le roman de Peace.

1977 se situe 3 ans après ( logique). On prend les mêmes personnages mais on en tire le pire.
Le Yorkshire, en cette année 1977 fête le jubilé de la Reine, et le Jack l’ Eventreur local s’en donne a coeur joie. Le second tome nous fait entrer dans l'histoire de l'étrangleur et ce thème restera pour la suite de la série.
Des prostituées sont sauvagement assassinées et la police est sur les dents. Nous retrouvons la même trame que dans 1974,et aussi les mêmes policiers, racistes, violeurs, violents et corrompus. Et la même déchéance humaine chez le sous-prolétariat d’une ville en pleine décadence.
Le tueur est de retour, et ses attaques sont de plus en plus fréquente.
La police veut absolument quelqu'un pour endosser ces crimes. Ici, les personnages principaux sont Bob Fraser, un sergent de police qui en 1974 donnait au journaliste Eddie Dunford  des information non officielles, et le reporter Jack Whitehead, l'ennemi juré de Dunford. Fraser et Whitehead ont quelque chose en commun, puisque tout deux s' offrent des prostituées.
Le récit amène un duo de narrateurs: Jack, le journaliste ,est alcoolique, et la tête pleine de fantômes. il ne se remet pas de la perte de sa femme. Puis Bob, le flic amoureux fou d’une prostituée, qui est également fortement attaché à son fils. Le dilemme est très dur à vivre, et il craint pour sa maîtresse.
Et la police aussi corrompue que dans le précédant opus, magouille entre tout ce beau monde. Le final amènera toutefois réflexion.
Pour la forme et le fond il n’y a pas trop de changements . Ecriture tranchée,et rythme saccadé. Un roman policier anglais beaucoup plus réaliste que la moyenne. Mais Peace cette fois accroche .Il n' y a certes pas un mot de trop dans ce récit,  mais ils attire le lecteur par sa justesse et  son intensité frénétique.


Avec 1980, Peace nous ramène avec un réalisme cru sur le sujet peu glorieux de la corruption policière.
L' enquête sur l' étrangleur du Yorkshire est reprise par le Sous-chef de police du Grand Manchester, Peter Hunter, un flic honnête évoluant parmi les ripoux.
Hunter se retrouve à la tête d'une nouvelle équipe pour mener une enquête parallèle, mais secrète. Publiquement leur tache sera de conseiller l'enquête officielle sur les méthodes à adopter , les pistes à suivre , les profils à surveiller.
Hunter ne fait pas beaucoup confiance à la plupart des forces de police en place ayant dans le passé enquêté sur certains collègues policiers qu'il soupçonnait à juste titre de corruption. Hunter fait trop bien son métier, et bien entendu, ce n'est pas pour plaire à certains
Hunter se retrouvera évincé après avoir été photographié avec son assistante dans les bras et fera lui-même l'objet d'une enquête.
C’est son adjoint, de Manchester comme lui, qui lui collera deux balles dans la peau. Tout ceci avec l’assentiment des autorités locales.
L' accroche est dans ce troisième épisode, plus appuyé. Et je dirais que la façon dont ce livre est écrit est plus engageant car plus mature.
Les techniques que l'auteur a utilisé pour tenir compte de l'horreur des événements, non seulement des meurtres, mais aussi de la corruption , mise en exerbe, de la police, sont désormais la marque de fabrique que Peace a perfectionné au fil des ses romans. Et ce qui fait de lui un auteur incontournable du polar.


Avec 1983 , la série se clos et le voile est levé sur les deux intrigues. Les flics du Yorkshire sont pourris jusqu' à la moelle et leur corruption est mise à jour et révélée. Quant aux assassinats d’adolescentes et de prostituées, ils semblent qu'il faille les imputer à un pasteur qui porte pour l’occasion le chapeau de la police.
1983 conclut le quatuor. On signale la disparition d’une petite fille à Morley, là où avait été enlevé et assassiné la petite Clare Kemplay neuf ans auparavant. Certaines personnes s’interrogent sur cet enlèvement. Et si le type arrêté à l’époque n’était pas le véritable meurtrier ? Et si le coupable courrait toujours ? Deux personnages vont être amenés à reprendre l’enquête.
On se déplace dans le temps par des effets de flashback entre 1983 et les événements de 1974, 1977 et 1980. Les histoires sont racontées par BJ, d'abord vu en 1974,prostitué gay et indic occasionnel, qui sait plus de choses qu’il ne le dit…    Puis par l'avocat John Pigott en1977,chargé de réhabiliter l’homme arrêté en 1974 et de défendre celui qui est accusé de ce nouvel enlèvement. Et pour finir ,le chef de police Maurice Jobson, membre du groupe de flics pourris qui règne sur les trois premiers tomes, mais qui possède encore assez d’humanité et de conscience professionnelle pour tenter de stopper le sadique à l’œuvre depuis plus d’une décennie.
 Ici, la plupart des questions posées par les livres précédents sont traitées, les réponses fusent entre ce qui s'est passé et qui était responsable de quoi.
1983 fait aussi office de lexique des trois premiers récits , une indéniable réussite formelle et narrative, dernier mouvement d’un requiem poignant et douloureux dédié aux victimes d’un lieu et d’une époque...



Ces livres ne sont pas faciles à lire et requièrent une attention particulière de notre part, nous lecteurs, pour garder le fil d'une histoire, certes tirée d'un fait réel , mais accouchée , il faut le dire ,dans la douleur . Cela peut paraître indigeste et plus d'une fois on se retouve perdu.
Mais l'auteur au fil de ses romans a affiné son écriture et a su reconstituer l'atmosphère particulière de cette époque.
Il est sur qu'on appréciera la galerie de personnages et surtout l'exposition sans condition de leurs travers et de leurs faiblesses.
Au final on est scotché parce qu' avoir côtoyer ces personnages , même si ce n'est pas vraiment une sinècure , cela nous pousse inéxorablement à connaître leur évolution dans la série et à suivre leurs périgrinations à travers cette décennie.

Mais si tout ceci est décrit de façon plus que réaliste , parfois outragée, David Peace porte sur ces événements troubles un regard acerbe entremèlé d'une critique sociale des plus cynique
Une fresque sombre et glaçante qui malgré ces erreurs et ces lourdeurs, est une pièce maitresse dans l' univers du polar.

Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux


C'est un classique, certes , un roman au charme désuet mais toujours aussi agréable à lire.

Pour anecdotes, Gaston Leroux a suscité avec livre quelques vocations et pas des moindres:
L'auteur américain John Dickson Carr [1906 - 1977], le grand maître des "problèmes en chambres closes", considérait le Mystère de la Chambre jaune comme le meilleur roman policier de tous les temps.
 La reine du crime Agatha Christie [1890 - 1976] choisit de se lancer dans le roman policier après la lecture dudit roman qui l'a beaucoup marquée.

Elle écrira alors la Mystérieuse affaire de Styles, où apparait le personnage d'Hercule Poirot, ancien policier belge.


Mathilde, la fille du professeur Stangerson, est retrouvée morte dans la " chambre jaune " dont la seule issue possible est une porte fermée de l'intérieur.
Le jeune reporter Rouletabille suit l'affaire. Grâce à sa perspicacité, il va parvenir à découvrir le véritable coupable, que l'on était bien loin de soupçonner.

Regard Noir vous propose les deux premiers chapitres , le reste , à télécharger se trouve sur l'excellent site que voila :

http://www.ebooksgratuits.com/ebooks.php?option=search&id_auteur=&id_categorie=2&id_genre=5&begin=60&offset=30


Si l'envie vous en prend , n' hésitez pas non plus à regarder l'excellent film de Bruno Poldalydés , trés réussi et avec une pleîade d'excellents acteurs comme Denis Podalydes, Sabine Azema, Claude Rich ou PIerre Arditi  , et sa suite " Le parfum de la dame en noir " , diffusée le Lundi 17 mai à 20.35 sur Arte.


Lire la suite ... et...Tournez la page...

Docteur H.H.Holmes , le boucher de Chicago




Herman Webster Mudgett (16 mai, 1860 – 7 mai 1896), plus connu sous le nom d'emprunt de « Dr. Henry Howard Holmes« , est très certainement un des premiers tueurs en série américain, peut être le plus prolifique , mais aussi un génie du crime.
Holmes aurait emprisonné et assassiné probablement des centaines d'invités au Chicago hôtel, propriété qu'il a ouvert en 1893 pour l'exposition universelle. Il a admis plus de 200 meurtres , bien que seulement 27 n'aient été confirmés.

Herman Webster Mudgett est né à Gilmanton, New Hampshire. Fils de Levi Horton Mudgett et descendant d'une vieille famille de colons locaux. Il grandit sous une éducation strict prodigué par un père autoritaire , et est un enfant introverti.
Petit ,il subit des mauvais traitements d' autres enfants qui l'obligent, une fois, selon son témoignage, à voir et à toucher un squelette humain. De cette expérience nait sa fascination pour la mort et l' amènera plus tard à étudier la médecine.

Herman Mudgett reçoit son diplôme de l'école de médecine de l'Université du Michigan en 1884.
En tant qu'étudiant, il vole des corps au laboratoire de l'école avec un double objectif, en utilisant leur corps à fins d'expérience mais aussi pour frauder l'assurance,en défigurant les cadavres et déclarant que ces âmes malheureuses aient été accidentellement tuées.
Après avoir reçu son diplôme, il déménage à Chicago ou il pratique la pharmacie. Il commence également à s'engager dans un certain nombre de sombres sociétés immobilières, et affaires louches sous le nom du « H. H. Holmes ".Il vendra même un remède supposé contre l'alcoolisme.

Le 8 juillet 1878, à 18ans, Holmes épouse Clara A. Lovering de Alton, New Hampshire , une jeune femme d'une riche famille qui a payé ses études de médecine.
A l'obtention de son diplôme ,il délaisse Clara et va vivre avec une jeune et belle veuve, qui possédait un certain nombre d'auberges de jeunesse et qui le fait grassement vivre. Il fera un court séjour à New york, où il travaille comme médecin pendant un an et revient ensuite à Chicago.
Il décide d'ouvrir un hôtel, pour l'exposition universelle le 1 mai 1883 et séduira une jeune millionnaire, Myrta Belknap qu'il épouse Le 28 janvier 1887 après avoir définitivement adopté le nom de Holmes.
Etant encore marié à sa première épouse et ce faisant devient bigame. Il tente mollement un divorce de sa première épouse mais ne le mené pas à terme.
Gràce à des faux sous plusieurs identité, il réussit à escroquer 5000$ à Myrta pour se construire une somptueuse maison à Wilmette , dans la banlieue de Chicago.
Puis il obtient la propriété d'une pharmacie appartenant à une riche veuve à Englewood. Il réussi à devenir son amant  et devenu propriétaire de tous ses biens , l'a fait "disparaître".
Il épousera une troisième femme le 9 janvier 1894 et aura également des rapports avec Julia Smythe, l'épouse de Ned Connor, un de ses employés. Julia deviendra l'une de ses victimes.
Holmes était bel homme et savait user de son charme auprès des femmes de la société qu'il n'a aucune difficulté à séduire.

La pharmacie de Holton était situé au coin de Wallace et de soixante-troisième rue, dans la banlieue de Englewood. Holton souffrait du cancer et son épouse s'occupait du magasin. Gràce à son charme, Holmes y trouve un travail et manoeuvre habilement pour racheter le magasin. Une fois Holton mort, Holmes assassine l'épouse et élabore un mensonge pour sa famille et ses amis , leur narrant le déménagement de Mme Holton pour la Californie. Holmes fera de cette pharmacie et du reste de l'immeuble , son hôtel, son "château de l'horreur" comme on le nommera plus tard.
Pour amènager son château, Holmes se tourna vers plusieurs entreprises, qu'ils s'arrange pour ne pas payer, et qu'il quitte même sans avoir achevé les travaux. Ainsi, il est le seul qui connaissait en détail le bâtiment , ses caches et chambres cachées, ses sous sols piégés et ses prisons. 

Le "Château" de Holmes fut terminée en 1892 et l'Exposition de Chicago ouvre le 1er mai 1893. Pendant cette période de six mois ,l'usine de mort de Holmes tourne à plein régime.L' hôtel est complet et le bourreau choisi ses «clients» avec prudence. Elles doivent être riches, jeunes, belles, être seule et ne pas recevoir de visites à l'improviste d'amis ou de parents.
Le rez de chaussée relativement normal , outre l'accueil est composé de boutiques comme la pharmacie ou une bijouterie , mais Holmes installa au sous-sol et dans les étages supérieurs des centaines de pièges, des escaliers qui ne mènent nulle part, des chambres secrètes, des portes coulissantes, des labyrinthes et des passages secrets à partir desquels il épie ses clients.
C'est un labyrinthe de plus d'une centaine de salles sans fenêtres avec des portes qui s'ouvrent sur des murs de brique et ou qui ne peuvent être ouvertes de l'extérieur
Caché sous le plancher, un système ingénieux électrique permet gràce à un tableau d'affichage caché dans le bureau de Holmes, de détecter le moindre mouvement de ses futures victimes. La simple ouverture d'un robinet de gaz peut asphixier les occupants de quelques chambres.

Holmes utilisera une variété imprèssionnante de machines de torture "spéciales", plongeant ses victimes dans une fosse remplie d'acide, ou les enchaînant à un presse rotative qui lentement leur écrase les os. Certains sont simplement enfermés à clef dans des chambres à coucher insonorisées et laissés à une mort certaine.
Aussi normal que cela paraisse , il pratique les autopsies même si la victime est toujours en vie.
Les corps des victimes sont ensuite méticuleusement disséqués, dépouillés de chair, et vendus aux écoles médicales. Holmes a également incinéré une partie des corps ou placé dans de la chaux vive.IL a eu deux fours géants aussi bien que des puits d'acides, des bouteilles de divers poisons. il a même expérimenté l'avortement sur plusieurs de ses « patients ».
Lorsque la police fouilla le château , elle découvrit des chambres dont les murs ou plafonds mouvant pouvait broyer les victimes, des chambres à gaz, les pièges qui activaient toutes sortes de lames ,de fléchettes empoisonnées, ou de coups de feu. Dans une pièce, surnommé "le donjon, a été installé un nombre impressionnant d'instruments de torture. Holmes en médecin sadiques avait recrée un musée de la torture comparable à la Tour de Londres.

Avec la fin de l'Exposition Universelle, le chiffre d'affaires de l'hôtel est en chute libre et bientôt Holmes a besoin d'argent.Il arnaque encore une fois l'assurance en brulant le dernier étage de l'hôtel et lui réclame 60000$.Mais les assureurs découvrent que le feu a commencé dans six endroits différents de l'hôtel et Holmes s'enfuit au Texas, où il vivra d'arnaques.
il « hérite » d'une propriété appartenant à deux soeurs ,héritière d'un chemin de fer, qu'il a assassiné après avoir promis le mariage à l'une comme à l'autre. Là il cherche à construire un autre « château » mais bientôt abandonne son projet, trouvant le cadre légal Texan très "inhospitalier".
 Il a continué à se déplacer à travers les Etats-Unis et le Canada, et il semble qu'il ait continué à tuer, les seuls corps découvert dans cette période étant ceux d'un complice et de trois de ses enfants .

Il est arrêté en 1894 ,la police ayant découvert son implication dans une fraude à l'assurance-vie avec l'associé d'affaires qu'il a assassiné, Benjamin Pitezel .Ce dernier a accepté de truquer sa propre mort de sorte que son épouse puisse toucher $10.000, et qu'elle devait partager avec Holmes.

La police de Chicago décide de fouiller le château d' Holmes qu'elle soupçonne d'autres disparitions et meurtres,au même modus operandi.


Après que le gardien du château l' ait informé qu'il n'ait jamais pu être autorisé à nettoyer les planchers supérieurs, la police effectue une recherche complète sur plusieurs mois dans les étages et sous-sols de l'immeuble et y découvre les atrocités commises .
Un feu d'origine inconnu détruit totalement le bâtiment le 19 août 1895.

Le nombre des victimes de H.H.Holmes a été estimé entre 20 à 100, jusqu'à 230, si on se base sur les disparitions inexpliquées de cette époque et le témoignage des voisins qui ont rapporté l'avoir vu accompagné de jeunes femmes non identifiées.Le seul nombre vérifié est 27, bien que la police ait commenté que certains des corps retrouvés dans le sous-sol étaient tellement démembrés et décomposés qu'il était difficile d' en établir un nombre exact. L'immeuble a aussi brulé avant qu'une recherche approfondie soit terminée.
Les victimes de Holmes étaient principalement des femmes, mais aussi quelques hommes et enfants.


Holmes a été inculpé pour le meurtre de Pitezel, et après ses aveux pour 27 meurtres commis à Chicago, Indianapolis et Toronto, et six tentatives de meurtres .
En prison , il perçu 7.500$ d' "Hearst Papiers" en échange de l'écriture de sa biographie.

Après un procès houleux , il est condamné à mort à 35 ans par le tribunal de Philadelphie et le 7 mai de cette année, il est pendu à la Prison du comté. A cause de la corde mal placée , le cou ne s'est pas rompu instantanément, provoquant une agonie douloureuse de plus de 15 minutes.
Pour empêcher son corps d' être mutilé ou volé ,Holmes demanda à être enterré dans un cercueil rempli de ciment. Il le fut dans une fosse deux fois plus profonde et remplie elle même de ciment . La tombe ne fut ni marquée ni identifiée. Les avocats d' Holmes rejetèrent 15.000 $ d'un institut médical désireux de s'offrir le cerveau de l'un des premiers meurtriers en série  de l'histoire américaine.

L'affaire du Dahlia Noir , un meurtre non résolu



Le 15 Janvier 1947, dans un terrain vague de Los Angeles, on découvrit le corps nu et mutilé, sectionné en deux au niveau de la taille, d'une jeune fille de vingt-deux ans :Betty Short, que la presse surnommera le Dahlia Noir.
Le meurtrier ne sera jamais retrouvé et ce fut le point de départ d'un mythe, noir et violent, qui a intrigué et fasciné depuis plus de 50 ans.

Elizabeth Short Naquit le 29 Juillet 1924,à Hyde Park, Massachussets.
A l'age de 19 ans, elle déménagera à Vallejo, en Californie, chez son père avec lequel elle ne s'entend guère. Elle sera est arrétée peu après par la police de Santa Barbara, pour consommation illégale d'alcool.

Beth était une très jolie jeune femme, et avec ses longs cheveux noirs, et son sourire charmeur,
et une ambition dévorante , elle décide de devenir une star, bien que rien ne laisse à penser qu'elle ai jamais tourné dans un film ( source Hollywood après enquête).
L'enquête révélera d'ailleurs qu'elle avait eu de nombreux petits amis, souvent des militaires et acteurs.Elle fréquentait les bars et restaurants ou se rencontraient les gens du spectacle, et changea plusieurs fois de domicile pendant l'année qui précéda le meurtre. Des rumeurs racontent qu'elle se prostituait.

Le surnom de Black Dahlia lui venait de ses cheveux noirs (elle les teignait), et de sa façon de s'habiller de robes noirs moulantes. Le contraste avec sa peau pâle, ses yeux bleus et son joli visage la rendait extrêment séduisante. Certains soutiennent que ce surnom fut crée de toutes pièces par des journalistes après le meurtre.
Car il fait rèfèrence au film de George Marshall et écrit par un certain Raymond Chandler qui sortit cette annèe-là : The Blue Dahlia dont l'actrice principale était Véronica Lake.
  
Elle est vue vivante pour la dernière fois le 9 Janvier 1947, à l'Hôtel Bilmore. Elle y a passa la nuit prècédente avec un homme du nom de Robert Manley. Très chastement, raconta-t-il plus tard aux services de police.
Son corps est retrouvé six jours plus tard, mutilé et coupé en deux au niveau de l'abdomen. Elle avait été violemment torturée pendant plusieurs jours, et avait également subi un viol post-mortem.Ses poignets et chevilles portaient des traces de corde. Il n'y avait aucune trace de sang autour du cadavre.
Beth short avait les cheveux humides,le corps avait été éviscéré et lavé avant d'être déposé dans ce terrain vague. La cause de la mort, étouffement et hémorragie, causés par la commotion cérébrale et les lacérations du visage fut révélée à la suite de l'autopsie.

Ce meurtre fit sensation dans le Los Angeles des années 50, probablement a cause de sa violence, mais aussi parce la manque absolu d'indices. Cela fit les gros titres des journaux pendant plusieurs semaines, et déclencha beaucoup de confessions spontanées.
Peu aprés , la police reçu un mystérieux paquet, ainsi qu'une lettre anonyme faite de lettres de journaux découpées qui disait : Here is Dahlia's Belonging. Letter to Follow  ( "Voici les effets du Dahlia. Une lettre suivra").
Le paquet contenait la carte de sécurité sociale de Beth, son certificat de naissance, un ticket de consigne de ses bagages restés à la gare, et de nombreuses photos d'elle accompagnée d'hommes. Il contenait aussi un carnet d'adresse, dont certaines pages avait été arrachées. Les empreintes avaient été effacées, et cela ne fit guère avancer l'enquête. Le LAPD ne reçu jamais la lettre promise.

A cette date, selon le LAPD, le meurtre n'a pas été résolu.
Si cette affaire vous intérresse , visionnez ce petit film ( une heure ) pour comprendre comment l'enquête s'est dispersée et connaître les multiples hypothèses émises sur l'assassin de Betty Short.






A cela n' oubliez de jeter plus qu'un coup d'oeil à l'excellent roman de James Ellroy . Le livre est une fiction mais Ellroy reconstitue l'histoire à travers la rivalité de deux inspecteurs du LAPD, Bucky Bleichert et Lee Blanchard. Amis, anciens champions de boxe, rivaux sur le ring et pour l'amour de Kay , ils vont tous deux s'engouffrer dans le cauchemar , obsédés par le Dahlia Noir , enquête dont ils sont chargés , luttant pour exorciser leurs démons.

Premier livre du Quatuor de Los Angeles, avec Le Grand Nulle Part, LA Confidential et White Jazz, c'est un livre violent, obsessionnel, qui nous plonge dans le L.A. des 50's, à travers le regard d'un jeune flic ambitieux.
Ce roman a d'ailleurs fait l'objet d'une adaptation magistrale au cinéma sous la réalisation de Brian de Palma et avec pour interprètes Josh Harnett, Hilary Swank, Aaron Eckhart, la sublime  Scarlett Johansson
et Mia Kirshner dans le rôle d' Elisabeth Short.


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