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Intime Pulsion de Minette Walters



Acid Row est le surnom cruel de Bassindale Row, un groupe d' immeubles HLM de banlieue , une "barre" d' ensembles de logements sociaux comme il en existe partout à la périphérie des grandes villes de Grande Bretagne comme d'ailleurs à travers le monde.
Il est rempli de familles monoparentales à faible revenu, de chômeurs, d' immigrés , d' infirmes et de personnes âgées. Mais Acid Row est une cité qui abrite aussi son lot de  jeunes désoeuvrés ou la faible alphabétisation, la consommation endémique de drogue et d'alcool cotoyent une violence banalisée , faite de menaces, rackett, vandalisme et autres crimes et qui font le quotidien de cette misère sociale.
Acid Row est aussi un désastre architectural qui est en latence d' une catastrophe à venir. Mal conçu avec seulement quatre entrées et sorties de secours qui lorsqu'elle  sont bloqués piègent les uns à l'intérieur , et les autres à l'extérieur. Un catalyseur pour un émeute à grande échelle et trois personnes mourront et des centaines seront blessés.

Ce catalyseur c' est un pédophile dont la police pense qu'il est une menace minime pour la communauté et qui est relogé dans ce quartier sans concertation avec ses habitants. En Angleterre, ces criminels ne sont pas coupés du monde. Chaque semaine, un groupe de travailleurs sociaux a la lourde tâche de veiller sur eux,  vérifier leur bien-être et leur prodigue des conseils.
Et un jour, c'est justement un de ces travailleurs qui évente ce secret. Cet agent aigri s'occupe de Mélanie, une mère célibataire enceinte d'un quatrième enfant, qui n'est pas exactement l' image de la mère parfaite . Dans un moment de rage, le travailleur social, menace et présage que les enfants, livrés a eux-mêmes dans la journée , soit les cibles de ce voisin pédophile . Melanie choqué , en informera le comité de quartier pour organiser une manifestation.
Quand une fillette de dix ans est portée disparue, la situation devient explosive. Les gangs d'adolescents s'en mélent et la violence prend le pas sur la raison ; barricadant les entrées et empèchant la police de prendre le relais. La foule mènera sa propre recherche de la petite fille, ce qui donnera un dénouement surprenant.

Ce huitième roman de Minette Walters aborde de front un problème contemporain qui est celui du relogement des pédophiles. Ecrit aprés l' Affaire Sarah Payne , jeune fille assassinée par un pédophile récidiviste qui a bouleversé le royaume-uni et suscité émoi puis la controverse sur la responsabilité des services sociaux. La presse s 'était  alors relayé pour établir une liste des noms et adresses des pédophiles reconnus sur le territoire anglais. Walters utilise ce phénomène comme intrigue de ce roman.

Intime Pulsion est un roman dur qui aborde un sujet terrible.Incisif , sombre et sociologiquement inquiétant. Il pose quelques questions difficiles sur la société moderne. Est-il sage de faire cohabiter tous les «perdants» de notre société dans le même lotissement ? Qu'en est-il de ceux que nous ne voulons pas ? Est ce que le noms de tous les délinquants sexuels doivent être rendus publics, ainsi que leurs adresses? Ou va donc  le droit à la vie privée? Et ce que l'autodéfense est la solution contre ceux que la communauté croit être des criminels? Et est-ce toujours justifié?

Ce livre porte un regard sur nous même.
Minette Walters explore aussi l'origine du mouvement de foule. Elle commence par la fin indiquant le résultat de ce qui s'est passé, sans donner trop de détails. Lorsque l'histoire progresse et conduit à l' émeute et aux événements qui en découlent, il y a un tableau plus complet. Tout le monde dans Acid Row est convaincu du bien-fondé de l'acte . En colère contre eux-mêmes et la société, ils ont  la parfaite excuse pour frapper et déclencher cette chasse aux sorcières. Walters expose l'étroitesse d'esprit de certains individus et leur hypocrisie. Rien n'est hors-limites.

Au prime abord les personnages sont sympathique, exception faite d' un ex-détenu noir qui deviendra héros malgré lui . Au début, il n' y a pas vraiment de personnages qui se détachent des autres.Seuls évoluent les agitateurs de foule et ceux qui , par peur , restent blottis dans leurs foyers. Les haines enfouies et les ressentiments transparaissent petit à petit, indiciblement jusqu'à atteindre leur paroxisme.Personne n'en sortira grandi.
Ce livre montre aussi ce qui se passe dans une société socialement  fermée. Ces habitants craignent l'extérieur, envient, ou en veulent aux autres. A l'inverse , les intervenants , travailleurs sociaux, auxiliaires de santé , policiers, méprisés et craints , ne laisse, eux mêmes aucun sur leur ressentiment et ce sentiment de mépris nourri la paranoïa des habitants.

Une fois de plus, Minette Walters a réussi à écrire un roman captivant et vrai. Dès la première page votre attention est capté et  jamais ne sera lâché. Mais plutôt que d'écrire un thriller traditionnel, elle a choisi d'écrire un roman aussi authentique que possible qui aborde les questions sociales sans fioritures. Pour cette raison, le livre peut ne pas plaire à certains mais Walters a créé un mélange intéressant de personnages, en combinant plusieurs narrateurs et leurs points de vue; en juxtaposant rapports de police et  articles de journaux, et relate ainsi un fait divers sordide et non une fiction romanesque.
Je recommande à tous un des meilleurs livres que j'ai lu l'année dernière.

Maffieux, Truands et hommes de main. Neuf Classiques du polars pour neuf décades représentatives de l'évolution du gangster au cinéma.




Le film de gangster a su évoluer à travers les decennies, la dynamique restant cependant intemporelle mais adaptée à la perception qu'en a eu le public ,du criminel et de la criminalité en général.
A l'origine ,le genre débute difficilement dans les années 30, années noires de la prohibition. Il diminue ostensiblement lorsqu' augmente la prospérité des ménages aprés la Seconde Guerre mondiale, laissant place aux comédies ( musicales , entre autre, en pleine expansion ), aux drames sentimentaux ,et aux films policiers classiques mettant en scene détectives ,espions et femmes fatales des Fifties...
Le film de gangster a rebondi dans la tourmente sociale des années 60 gràce à Bonnie and Clyde ou Point Blank ( les Nerfs à vifs).
La tendance des années 70 et 80 sublimera le gangster , l'anti-héros par exemple quitte à en faire un champions ,une sorte d'expression urbaine emblématique du hors la loi ( Le Parrain , Scarface...)
Les années 90, l'ère des Tarantino et Ritchie, a vu une explosion de nouveaux essais alliant surréalisme , humour et hémoglobine.Le genre contracte à chaque decennies les maux de son époque.

Les neuf oeuvres ci-dessous représentent chacune une décennie, et croyez bien qu'il m'a été difficile de choisir.Ces choix sont bien sûr personnels car la liste de tels films n'est pas exhaustive.






The Public Enemy ( l' ennemi public 1931) : William A. Wellman nous conte l'ascension fulgurante d'un bootlegger (James Cagney) et sa mort brutale, au temps de la Prohibition.The Public Enemy est le film le plus violent qu'on ait jamais vu à cette époque et une partie de cette violence est réelle. A l'époque, de vraies balles de mitrailleuses était utilisées. Cagney est alors un vrai dur au cinéma et le public, las de la dépression, se régale de tous ces films.  A Times Square, une foule jamais égalée se presse pour The Public Enemy , il en découle une émeute. Cagney et l'actrice principale Jean Harlow accéde du coup à la célébrité après la sortie du film, et ce succès a aidé à cimenter la position  de la Warner Brothers en temps que studio prédominant d 'Hollywood.



High Sierra ( la grande évasion 1941):  Humphrey Bogart obtient le rôle du gangster désabusé "Mad Dog" Roy Earle, après les défections de Paul Muni et George Raft, deux grandes stars de l'époque. Bogart, ami de John Huston a écrit le script, et sous la direction de Raoul Walsh (White Heat, The Roaring Twenties) il accéde avec ce rôle à la reconnaissance de ses pairs.
Après huit annnées d’incarcération, le braqueur de banque Roy Earle est libéré de prison. En quête de rédemption, il accepte néanmoins un dernier coup afin d’assurer ses vieux jours. La cible est le coffre d’un hôtel de luxe situé aux alentours de Los Angeles mais il éprouve un bon nombre de difficultés à souder son équipe en vue du casse : deux hommes au tempérament bien trempé et une jeune femme (Ida Lupino) à la beauté vénéneuse composent ce groupe en quête de richesses et d’aventures …
L'histoire tourne autour de Bogart et donne au gangster un ton mélodramatique, y ajoutant des éléments de romance et révélant les cicatrices psychologiques de ses personnages.




The Waterfront (Sur les quais 1954): Ce n'est pas forcément un film de gangster a proprement parlé ,mais le héros , malgré lui se retrouvera aux mains d'un syndicat aux méthodes peu recommendables .
Il est difficile de regarder Sur les quais sans le sortir complétement du contexte de l'époque , Elia Kazan ayant auparavant spontanément dénoncé un certain nombre de noms à la commission McCarthy. Sur les quais est incontestablement une tentative de justification de son geste puisqu’il montre un jeune docker (Marlon Brando ) qui, ayant pris part malgré lui à un meurtre organisé par son syndicat aux pratiques mafieuses, va aller en dénoncer les pratiques devant une commission. Tout engardant cela à l’esprit, il faut reconnaître que Sur les quais est un film puissant, porté par un Marlon Brando remarquable et torturé par sa conscience ; les scènes avec Eva Marie Saint ou encore sur les toits où il élève ses pigeons restent
dans les esprits.







Bonnie et Clyde (1967) : Ce film a su s'attirer la sympathie du public de la fin des Sixties , un public contestataire et anti-establishment d'ou sortit d'ailleurs une nouvelle génération de cinéastes qui volontairement mixait violence et sexualité . Arthur Penn revisite le mythe du gangster des années 30 en retraçant l'histoire de Clyde Barrow et Bonnie Parker, deux voleurs de banque mais aussi une figure du couple sensuel en marge de la loi. Un des premiers road-movie montrant la fuite en avant de ses personnages.Les acteurs Warren Beatty et Faye Dunaway recréent l'ère de la Grande Dépression comme une allégorie d'une journée agitée , avec des figures d'autorité perfides et corrompues et dénoncent l'effritement des institutions sociales.
Le couple défraya la chronique par leurs braquages audacieux et leurs meurtres sordides. Leur fuite effrénée poursuivi par toutes les forces de police du pays se terminera dans le sang.La fin, scandaleuse au yeux de l'establishment , fait du couple de gangsters des martyrs :




Black Caesar (1973): J'aurai pu vous citer Coppola et l'épopées du Parrain ( les deux premiers volets étant sortis dans les années 70) ou encore William Friedkin et sa French Connection.Mais on oublie souvent qu'un genre nouveau accoucha ces années-la de Bijoux du cinéma social et anti-conformiste grace à une communauté noire, longtemps délaissée des grands Studios.
Le sous-genre blaxploitation adapte sa propre vision du polars avec des classiques comme Shaft , Foxy Brown ou SuperFly en y mélangeant la culture noire de l'époque. Black Caesar, le Parrain de Harlem, de 1973, reprend le classique d' Edward G. Robinson de 1931.Il ne fait pas preuve d’une grande originalité sur l’écriture de ce script, puisqu’il reprend le canevas du Litlle Caesar.
Mais il transpose l’ascension irrésistible du voyou, des bars clandestins de la prohibition des années 30, aux quartiers noirs du New-York des années 70.
Le générique est composé par James Brown dont la complainte When You’re Down and Out in New York City parachève ce petit bijou qui mérite une place d’honneur dans l’histoire du cinéma policier :



Scarface ( 1983 ) : Inoubliable , monumental , impérrissable . Une oeuvre maîtresse avec un Al Pacino-Tony Montana , archétype même du gangster.
Grandeur et décadence d’un caïd. En 1980, petit truand cubain bénéficiant d’une amnistie du gouvernement de Fidel Castro, Tony debarque à Miami en quête de fortune et de gloire. Sans états d’âme, il devient un baron de la drogue redouté et détesté, mégalo et paranoïaque.
Remake d’un film d’Howard Hawks (1932) c'est peut être le meilleur film du genre.Et il est difficile dans ces conditions de faire de la prose sur ce qui constitue un classique du cinéma moderne. Jamais le gangster , amoral et sans vergogne n'a été autant sublimé.
De Palma sur un Scénario d'Oliver Stone y mêle adroitement violence crue, esthétisme baroque, et peinture au vitriol du rêve américain comme ces années 80 au règne le dollar , la désillusion des masses face aux crises , au chômage et à la misére galopante d'un état qui pour certaines couches s'apparente au tiers-monde.



The Goodfellas ( Les Affranchis 1990): Nous arrivons à la fin de l'ère Reagan et Scorsese nous offre cette saga audacieuse qui reste le chef-d'œuvre définitif de ce réalisateur et un classique du film de maffieu américain. Le film suit la vie du gangster Henry Hill (Ray Liotta, qui n'a jamais fait mieux)- comme si cette fiction était tirée d'une histoire vrai- et ses deux comparses Robert De Niro et Joe Pesci à travers plus de vingt-cinq ans d'assassinats, des trahisons, et de vengeance...La maffia comme idéal de vie...
Adolescent dans les années cinquante, il commence par travailler pour le compte de Paul Cicero et voue une grande admiration pour Jimmy Conway ( De Niro), qui a fait du détournement de camions sa grande spécialité. Lucide et ambitieux, il contribue au casse des entrepôts de l'aéroport d'Idlewild et épouse Karen, une jeune Juive qu'il trompe régulièrement. Mais son implication dans le trafic de drogue le fera plonger... Scorsese  a structurer son film autour du mouvement, y compris un certain nombre de coups arrêtés.Ce montage restera à jamais ancré dans la mémoire collective.


La fameuse scéne-culte ou la Famiglia fait la cuisine en prison :



Donnie Brasco (1997): Comme Les Affranchis, Mike Newell pose son drame dans le New York des années 70 et dépeint le monde maffieux.Et c'est à peu près là où s'arrêtent les similitudes. Le personnage principal (Johnny Depp) est un agent du FBI infiltré.IL y cotoie Lefty Ruggiero (Al Pacino) un gangster de seconde zone, vieillissant mais dont la vie tourne autour de la loyauté envers la famille. C'est un gangster fatigué qui a gâché sa vie et vit avec le poids des remords. Tous deux travaille pour Dominick "Sonny Black" Napolitano (Michael Madsen), l'anti-gangster classique.Aucun romantisme ce dégage de ce voyou brutal et sans cervelle , un chien enragé aux choix discutables.
Les gangsters ont la nostalgie d'une époque révolue et ressemble plus à une intimidante meute de loups qu'une bande organisée ( on arrive à piller les parc-mètres pour acheter de l'alcool). Le New York où ils vivent est sale, sent la fumée de cigarette , pollué et miséreux .On est loin de la grandeur et de la vision romantique de Scorsese.



Eastern Promises ( Les promesses de l'ombre 2007): les criminels romantiques sont difficiles à vendre dans l'Amérique de l'aprés 11 Septembre, et la majorité des films policiers de cette décennie empruntent autant à l'impressionniste Tarantino qu'au réaliste Scorcese. On se recentre plutôt sur le bon flic ou sur l'infiltration du système maffieux et sa corruption de l'intérieur.Le cinéma accouche de films d'ambiance , sombres et dépourvues de sensibleries et de romance.
Parmi les meilleurs d'entre eux , on trouve le sous-estimé Eastern Promises de David Cronenberg , une plongée percutante dans les méandres de la pieuvre russe de Londres.
Viggo Mortensen face à Naomi Watts dans une enquête sur le décès d'une victime de la traite des blanches de Russie, et le grand Armin Mueller-Stahl apparait comme un choix sans faille en tant que Parrain russe.Le film est ouvertement violent et Cronenberg habitué du fantastique et des horror-movie a gardé tout de même un art inné pour filmer cette violence et son impact psychologique sur ses personnages.

Ville noire, Ville blanche de Richard Price



Dempsy, banlieue New Yorkaise et cité dortoir sinistrée qui abrite un ghetto noir, la cité Amstrong, lieu de tous les dangers et de toutes les frustrations : drogue, violence, alcoolisme.

Un soir de canicule, une jeune femme blessée et hébétée se présente aux urgences médicales. Elle raconte qu’elle vient de se faire agressée en traversant la cité et on lui a volé sa voiture dans laquelle dormait son petit garçon de quatre ans. Brenda Martin est blanche et se dévoue corps et âme pour une association consacrée au soutien scolaire dans le ghetto noir proche de chez elle.

L’affaire provoque aussitôt un déferlement médiatique et policier dans la cité : interrogatoires musclés, arrestations arbitraires. Côté blanc, la disparition de cet enfant devient un enjeu communautaire ; côté noir, elle est le symbole de l’injustice raciale.

Il est question ici de la mixité communautaire si mal digérée dans la banlieue de New York. Price met en place tous les ingrédients susceptibles de faire éclore un conflit bien saignant, noirs des cités contre flics à cran.

L’histoire nous est racontée tour à tour par deux points de vue différents. D’un côté, Lorenzo Council, le flic noir. Né à Amstrong, il y a toujours vécu et partage le quotidien et les soucis de ses habitants. Comme eux, il a connu la drogue et l’alcoolisme, comme eux, il a des problèmes de couple, comme eux, il a un fils en prison. Et en plus il est asthmatique, ce qui le rend fragile et terriblement humain.
Surnommé Big Daddy par les gens de la cité, il est à la fois assistante sociale, éducateur de rues et conseiller conjugal, faisant régner la loi avec un délicat mélange de caresses et de bâton. Son seul objectif dans cette affaire : éviter que la cité ne s’embrase.
De l’autre côté, Jess Haus, la journaliste blanche, à l’affût du scoop, de l’Affaire qui la propulsera à le une de son journal. Elle pressent très vite le potentiel de cette histoire de disparition d’enfant dans une cité sensible. A la fois manipulatrice et manipulée, elle est prête à tous les mensonges, tous les deals foireux pour coller aux basques de la victime et être la première informée de ce qui se passe. Mais elle aura bien du mal à garder son objectivité dans cette histoire.
Car face à Brenda Martin, la jeune maman brisée de douleur, se pose une question : cette femme dit-elle la vérité ?

Lorenzo Council a le cul entre deux chaises, et fait le maximum pour mitiger le terrible engrenage ; un pasteur noir, porte-parole de la communauté canalise tant bien que mal la hargne qui monte ; Jesse Haus, journaliste de terrain, colle comme une sangsue aux acteurs du drame, gagnée peu à peu par un sentiment complexe et troublant à l’égard de la jeune mère traumatisée. Et à tout ce bazar se joint un groupe associatif spécialisé dans la recherche d’enfants disparus, aux méthodes quasi sectaires, qui jouera un rôle très important dans une quête de la vérité qui n’intéresse finalement pas grand monde.

Ce thriller très noir est le prétexte pour Richard Price à mettre en scène les conflits raciaux aux Etats-Unis et à mettre en évidence le fossé qui s’est creusé entre la communauté noire et la communauté blanche. D’une plume sèche et nerveuse, il nous entraîne dans la touffeur moite de cette cité au bord de l’implosion.
C’est le genre de gros roman qui tient en haleine jusqu’à la dernière ligne et nous laisse hébété face à ce monde bicolore et à ce constat forcément décevant : tout le monde a plus ou moins tort dans cette histoire, autant ceux qui pensent que les Noirs sont tous coupables que ceux qui sont convaincus qu’ils sont tous victimes.


Richard Price est également un scénariste à succès: "La Couleur de l'argent" (Oscar du meilleur scénario en 1988), "New York Stories" (1989), tous deux de Martin Scorcese, "Mélodie pour un meurtre" (1989) avec Al Pacino, "Mad Dog and Glory "(1992) avec Robert de Niro ou encore "Clokers"(1995), de Spike Lee.

Miso Soup de Ryu Murakami

...Rencontre avec un tueur...

Kenji, à peine sorti du lycée, propose ses services en accompagnant des touristes Américains dans les quartiers chauds.
Il démarche ses clients au moyen de petites annonces passées dans le Tokyo Pink Guide, journal gratuit tokyoïte au nom évocateur , afin de les guider dans Kabukichô, la nuit quand le quartier s’échauffe et se pervertit...
Les gaijin se ressemblent tous... gras, blancs, plutôt gentils et paumés comme des Japonais. Leurs goûts sont simples, ils sont prévisibles. Bref, le jeune homme se demande pourquoi ses compatriotes ont tellement de mal à comprendre les étrangers. Jusqu’au jour où il rencontre Frank.

La rencontre avec son nouveau client américain déstabilisera Kenji et le changera à jamais.

« Franck » n’est pas un touriste lambda, en quête de frissons, c’est un énigmatique voyageur du crime qui se dit importateur de pièces détachées pour Toyota (plutôt ironique). Il est  venu au Japon pour goûter à la soupe Miso dont les Japonais se régalent quotidiennement. Il souhaite en effet savoir « quel genre de peuple pouvait boire une soupe pareille tous les jours… »
Au début, tout est simple : Frank veut faire des rencontres avec les prostituées du quartier. Mais bientôt il manifeste un comportement assez imprévisible, aux confins de la perversité.
Il pose des questions étonnantes , amorales et glaciales :
"Partout dans le monde, c’est pareil, non, je veux dire, n’y a-t-il vraiment personne au monde qui ait plutôt envie de caresser la joue d’un clochard, et d’assassiner un bébé ?"

Légitimement inquiet, Kenji apprend que des meurtres immondes ont eu lieu dans le quartier. Au fait, où loge vraiment Frank, et qui est-il? De bar à hôtesses en karaoké, de branlodrome en terrain de base-ball, le jeune Japonais découvrira la personnalité de son client.
Face à ce personnage ambigu, Kenji fait le lien entre lui et les terribles meurtres que les journaux relatent. Il en est certain : ce client qu’il promène en ces lieux sordides est un tueur sanguinaire, un chasseur sans scrupules qui s"amuse à charcuter les corps . Mais une peur viscérale l'habite car sa vie est en jeu ; mais aussi celle de Jun, sa petite amie, dont Franck connaît l’existence.
Il devient alors la victime du jeu du chat et de la souris instauré par Franck.

Ce roman glacé n'est pas un polar au sens strict du terme mais une étude sociologique d'un Japon victime de démesure technologique, de surconsommation, où les traditions familiales ne peuvent qu’abdiquer, face à cette nouvelle génération sans âme et dépourvue d’idéal. Il dénonce ainsi cette masse impersonnelle ployant sous le poids des richesses capitalistes et  accablée par sa propre solitude.
D'ailleurs La prostitution n’a pas de but : les lycéennes japonaises qui s’y adonnent n’ont pas de besoin matériel.

Kenji est certes le narrateur du récit et guide de surcroît, mais il est pareil à une marionnette . Le récit s’entremêle de ses nombreuses descriptions, de ses introspections angoissées, de ses analyses lucides, de ses dialogues avec Franck et sa petite amie. Il ne semble que spectateur, ce qui désoriente d’autant plus le lecteur.

Mais les massacres sanguinolents que Franck perpétue rappelle la déshumanisation d'une société spectatrice ( d'ailleurs aussi bien japonaise qu'américaine). La violence est noyée dans l’indifférence générale, ici symbolisé par Kenji, qui -au-delà d’un instinct de survie évident - se fait hypnotiser, anesthésié par son bourreau, à l’instar de toutes ses victimes.

Un roman dur à l' écriture parfois indigeste mais un roman culte, l'American Psycho Japonais.

L' île des chasseurs d'oiseaux de Peter May


Peter May, écrivain écossais, a rencontré un large public grâce à sa « série chinoise », six polars construits autour d’un couple d’enquêteur ; Li Yan, jeune commissaire chinois et Margaret Campbell, médecin légiste américaine avec en toile de fond choc culturel orient-occident et bouleversements de la société chinoise contemporaine ( Meurtre a Pekin , le Quatrième sacrifice, les disparus de shanghai...).

L’Île des chasseurs d’oiseaux est son livre « le plus personnel » et se déroule en Écosse, son pays natal. Plus précisément dans l’île de Lewis, la plus au nord de l’archipel des Hébrides extérieures, une île battue par les vents, sans arbres, recouverte de landes où l’on se chauffe à la tourbe, parle le gaélique et où se déroulent encore des traditions ancestrales d’une cruauté absolue.

Marqué par la perte récente de son fils unique, l'inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d'une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis , où il n'est pas revenu depuis dix-huit ans et ou un cadavre exécuté selon le même modus operandi vient d'y être découvert. . Sa femme lui a clairement indiqué que s’il partait enquêter, comme lui ordonne sa hiérarchie, sur cet assassinat , elle ne serait pas là à son retour.

Fin qui est rentré dans la police parce que c’est ce qu’on faisait quand on quittait les îles et qu’on n’avait pas de qualification revient donc à Lewis où il retrouve ses camarades d’enfance parmi lesquels Artair qui a épousé Marsaili, son premier gros coup de cœur, qui lui servait de traductrice lorsqu’il est arrivé à l’école ne parlant que le gaélique. Fin retrouve aussi Donald Murray ,le fils du pasteur, et Calum Macdonald ,le souffre-douleur d'Ange Macritchie, le fameux cadavre,chef tyrannique de la bande dont Fin faisait partie et que personne ne semble regretter  .
Pour la plupart, il n’est pas le bienvenu...

Parmi les faits marquants du passé de Fin il y a l’expédition qui chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur un rocher inhabité pour y tuer deux mille « fous de Bassan » qui viennent s’y nicher pour nidifier. La chair de ces « gugas » est en effet fort appréciée des habitants de Lewis. Fin, à contrecœur, a participé dans sa jeunesse à une telle expédition initiatique au cours de laquelle le père d’Artair est mort en lui sauvant la vie…
Que s'est-il passé il y a dix-huit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd'hui? Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May nous plonge au coeur de l'histoire personnelle de son enquêteur.

Un roman noir, fort bien construit, d’une redoutable efficacité, où fausses pistes, dialogues à double sens, coups de théâtre, scènes glaçantes, se mêlent pour tenir constamment en haleine le lecteur.L’intrigue se mêle au journal intime de Fin, homme blessé et le lecteur navigue d’un narrateur à l’autre… C'est assez captivant.

Extrait:
"Bien que les yeux de Fin fussent clos, ils étaient grands ouverts pour la première fois en dix-huit ans. Cette sensation qu'il avait eue durant toute sa vie d'adulte, qu'il y avait quelque chose qu'il ne pouvait voir, quelque chose qui avait disparu au-delà de son champ de vision. Le choc était physiquement douloureux. La tension le raidissait. Comment pouvait-il avoir oublié ? Soudain, sa conscience était inondée de souvenirs, comme les scènes d'un cauchemar qui reviennent au réveil. Il sentait la bile monter en lui, tandis que les images défilaient sur sa rétine, comme un vieux film de famille."


La destruction des "fous de bassan" a évidement ému les organisations de défense des oiseaux. Mais les traditions ont la vie dure et en 1954 le Wild Birds Protection Act a émis une dispense spécifique qui autorise la poursuite de ce massacre annuel.
Peter May ,écossais pur souche d'1m90, qui arbore une longue queue de cheval et s’habille en kilt nous offre un roman d'atmosphère sur cette île du nord battue par les tempêtes, cet étrange bout du monde où la vie comme le temps semblent s'être arrêtés.

Les chiens de Riga de Henning Mankell

Les chiens de Riga , voient la deuxiéme apparition de Wallander dans les romans de Mankell. Enquêteur à Ystad ,ce flic d’âge mur comprend toujours aussi mal la société dans laquelle il vit, a toujours des problèmes de communication avec son père et plus aucun contact avec la mère de ses enfants. Empêtré dans ses problèmes familiaux, on lui demande d’enquêter sur la découverte d’un canot échoué sur les rivages de Scanie.
Les corps vite identifiés de deux mafieux lettons d’origine russe sont retrouvés à bord du canot sur une plage et sous la neige de février.
Le major Liepa, un policier de Riga, se joint à l’inspecteur Wallander pour faire enquête.

Une briève amitié doublé d’une admiration réciproque va naitre entre les deux hommes jusqu'a ce que le vol du canot dans les locaux même de la police suédoise stoppe l’enquête du major Letton.
Aussitôt rentré chez lui, le policier , avec qui Wallander s’était découvert des affinités, est assassiné.
C’est au tour du suédois de se rendre à Riga  pour faire toute la lumière sur cet étrange affaire. Il part donc pour la Lettonie afin de se concerter avec la police locale sur les deux enquêtes.
N'obtenant pas les réponses qu'il cherchait, il y retourne , cette fois ci clandestinement, sans l'accord de ses supérieurs et aprés avoir posé quelques jours de congés.
Pour cela , il traversera une partie de l'Europe , via l'Allemagne,et se retrouve au centre d’une guerre civile larvée (l’action se déroule en 1991) à quelque mois de l’indépendance du pays balte.

La démocratie n’y est qu’un rêve !Le policier va trouver un monde glacé fait de surveillance policière, de menaces non voilées et surtout de mesonges.

Une atmosphère survoltée où les repères habituels, inexistants, et les amis, difficiles à distinguer des ennemis, la confiance difficile à accorder. L’enquête est difficile, dangereuse, et Wallander la fera en partie dans la clandestinité. Elle le plongera dans la complexité idéologique de ce moment historique où des communistes sincères, se sentant « trahis par la corruption et l’indifférence », se battaient aux cotés des indépendantistes.

Mankell a écrit les chiens de Riga en 1992 c’est à dire un an après la “libération” des pays balte et leur indépendance. Sa description d’une Riga sombre et fermée est très puissante et Mankell se sert de Wallander pour nous montrer le décalage qu’il existe entre nos démocraties occidentales et l’atmosphère de pseudo liberté qui règne dans ses pays officiellement libérés.

L’autre grande nouveauté, c’est l’engagement de Wallander dans une enquête qui dépasse son métier de policier et pour laquelle il prendra de grands risques pour sa vie.
Le rythme présent dans ce roman est assez lent pour que le lecteur comprenne le désarroi et la mélancolie de Wallander mais le rythme s’accélère au fur et à mesure que la propre vie de Wallander est en danger ce qui finit de rendre ce roman surprenant dans son cycle et agréable à lire.

Un bon roman qui vous proposera de vous plonger dans l’ancienne U.R.S.S en suivant un Wallander méconnaissable et amoureux de la veuve de Liepa , Baiba.

Les Chiens de Riga est un roman captivant où action et réflexion font bon ménage. Une quête de sens à la Mankell !

Les anges brisés de Somerstown de Graham Hurley


Joe Faraday est inspecteur des quartiers nord de Portsmouth ( UK)  en charge de la brigade criminelle.
Il est aussi le père d’un jeune homme sourd et muet de retour chez lui après une histoire d’amour ratée.
On les retrouve dans le troisième volet d’une série qui décrit la réalité sordide de Pompey, la zone portuaire de la ville.
L’Angleterre n’a plus rien de « so british », mais c'est à mi-chemin ( et le chemin peut être long ) avec le Los Angeles de Connelly.
La violence y règne à l’état pur : drogue et trafics en tout genre.

 Ici, une très jeune fille de quatorze ans Helen Bassam, adolescente à problèmes est tombée d’un toit, vingt-trois étages en chute libre… Elle s'était entichée d'un Afghan (avec épouse ...au pays) qui lui donnait des leçons particulières. Mais s'est-elle vraiment suicidée ? Les soupçons, inévitablement, se portent sur le prof.
 Le même soir, Doodie, 10 ans, petit délinquant d’une sauvagerie irréductible, a été vu dans l’immeuble…par l'arrière grand-mère d'Helen...  C'est un petit délinquant qui deviendra grand, déjà dangereux . En rupture de tout, squatte un cinéma qui risque à tout moment de s’effondrer...
Ailleurs, un petit malfrat ,Bradley Finch, 20 ans, dealer de modeste envergure, est retrouvé pendu vêtu en tout et pour tout d’une culotte de dentelle rouge.  Avant de « se pendre », il a été tabassé, côtes cassées,

Confronté aux nombreux drames de l’adolescence qui ravagent Pompey et Somerstown, quartiers défavorisés de Portsmouth, l’inspecteur Faraday se désole.
Et la police ? Elle n’a pas les moyens d’agir comme il conviendrait faute d'effectifs… Alors, tout est bon pour que le public mette la main à la poche…
Cette brigade de Portsmouth qui patauge avec un budget rachitique face à des médias locaux teigneux.
De Cathy Lamb, sergent au mariage plombé, à Paul Winter, inspecteur de la vieille garde aux méthodes douteuses, en passant par le superintendant grande gueule Bevan, tous sont attachants et parfaitement crédibles.

C’est là que nous retrouvons Faraday, toujours amateur d’ornithologie ce qui nous change des flics amoureux de la bouteille (et je ne citerai pas nos écrivains nordiques !!!), mais qui progresse dans la vie tant bien que mal. Enchevêtrant vie privée et enquêtes en cours, c’est un héros fragile, un type qui aime mais doute et se heurte au quotidien des choses.
Si vous aimez entrer dans les personnages, leur psychologie, scruter le déroulement minutieux d’une enquête,  vous serez passionné par Joe et son univers.
L’ambiance pluvieuse, portuaire et donc maritime, concourt au rythme donné. Loin du tumulte et de la vitesse américaine, l’anglais se presse lentement, collectionne les faits, et suit calmement la dérive des choses..

C'est aussi un roman dur et social comme savent nous le concocter les anglais. on y évoque la violence des jeunes, l’inflation galopante du trafic de drogue, les parents qui baissent les bras, les services sociaux impuissants et la police dépassée. C'est autant de signes d’une société malade que les pouvoirs publics refusent de considérer.
Les Anges brisés de Somerstown offre une plongée réaliste dans les quartiers périphériques pauvres de Portsmouth, territoire de la délinquance juvénile, des dealers, des ados violents que leurs parents n'arrivent pas à contrôler.

Ce roman est vrai , son réalisme vous heurtera peut être mais vous touchera surement. Mais La justesse de Graham Hurley et l’humanisme à l’œuvre dans ses romans forment une dynamique globale.
Un énième conseil de lecture...ça fait beaucoup maintenant.

Le temps de la Sorcière d' Arni Thorarinsson


Après Indridason, les éditions Métailié nous invitent à découvrir un nouvel auteur islandais... au nom toujours aussi compliqué Arni Thorarinsson. Cette fois-ci, vous n’aurez pas à

suivre la figure classique du flic alcoolique mais Einar, journaliste quoique ....alcoolique « en pause » comme il aime le répéter .

Einar, journaliste dans un quotidien du soir islandais, est muté dans la petite ville du Nord, Akureyri pour diversifier la ligne éditoriale de son journal.
Un journaliste envoyé en punition dans la «province islandaise».
Oui, car il y a une «province» en Islande, et si à nos yeux Reykjavik est un trou perdu au bout d'une île perdue, et bien les villages d'Islande sont, aux yeux des habitants prétentieux de Reykjavik, des petits trous perdus au bord d'un trou perdu au fond d'une île perdue !
Bon gré mal gré, il s'acquitte de sa tâche, en compagnie d'un collègue bougon et de Joa ,sa photographe qu'il découvre lesbienne. C'est d'autant plus difficile lorsqu'on vient juste de décider de rester sobre... Mais bientôt les faits divers s'accumulent : une mère de famille se noie en kayak, un adolescent disparaît et est retrouvé mort dans une décharge alors qu'une de ses amies se suicide. Einar, buté, mène l'enquête, quitte à prendre quelques coups...

Ce roman est intéressant à plusieurs titres. Malin, Einar a du caractère et résiste au pression de son rédacteur en chef qui n’a qu’un objectif, la rentabilité.
La mise en scène de fabrique de l’information est bien vue et l’intrigue bien construite : dans une Islande en proie à la mondialisation et à une anglicisation forcée, Arni Thorarinsson « tricote » plusieurs enquêtes qui ont du sens ; elles vont bien sûr finir par se recouper à la fin.

Habituée à la froideur et la tristesse des Indridasson, cet auteur là montre une toute autre facette de l'Islande.
C'est avec un humour finement dosé que Arni, fils de Thorarins, nous dépeint la vie de ses concitoyens : la mode, les portables, la politique de village, le business de la politique, les jeunes étudiants, la drogue, l'attirance pour le Danemark, les immigrés venus des pays de l'est et l'anglais qui envahit la langue natale ...

Son personnage est un peu largué par la vie, exilé en province, a priori destiné à écrire dans la rubrique des chiens écrasés...mais finalement il se passe des choses au nord, et le tout raconté avec humour noir ce qui ne gate rien.

Un polar islandais dans la droite ligne d'Indridason, mais on passe cette fois-ci de l'autre côté du miroir, à savoir du côté des journalistes, avec qui la police ne fait guère bon ménage.
On découvre aussi les problèmes opposant les Islandais de souche aux nombreux émigrés de tous pays venus fournir une main d'œuvre bon marché pour le chantier d'un barrage.

Les confrontations sont violentes, mais la police cherchera à minimiser les choses car  trop d'intérêts sont en jeu.

Une bonne surprise mais un récit assez défaitiste, ponctué par beaucoup d'humour et une critique acerbe de la société islandaise. Les personnages sont entiers et très convaincants tant et si bien qu'ils paraissent authentiques.


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