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Marcel Petiot , le "bon docteur"


Il fut surnommé le Vampire de l'Etoile, le Boucher de Paris, le Cuisiner du Diable, ou l'Ange de la Mort parmi tant d'autres et fit couler beaucoup d'encre .
Les psychiatres le disaient déséquilibré, pervers, fugueur, dissimulateur, menteur, un individu sans scrupules dépourvu de tout sens moral.
 Intelligent, il avait un sens de l'humour très développé, mais noir et morbide, et deux visages : le "bon docteur" qui soignait gratuitement les pauvres ,les enfants maladeset les indigents en sa clinique de la rue Lesueur à Paris ; et l'assassin sans pitié qui attirait dans ses filets les victimes des persécutions nazies, juifs ou resistants, les gangsters en fuite mais aussi des personnes qui le gênaient ou le menaçaient.

La nuit, il gazait, dépeçait et brûlait des victimes de la Gestapo, espérant que « M. Eugène » les aiderait à gagner la zone libre ou l’Argentine. L’honorable médecin n’était qu’un tueur en série à qui la Seconde Guerre mondiale donna l’opportunité d’exprimer pleinement sa folie.

Le 11 mars 1944, après que l’alerte fut donnée à cause de la fumée que sa cheminée évacuait, la police découvrit dans sa cave des corps prêts à être incinérés, 72 valises et 655 kg de souvenirs, dont le pyjama du petit René Kneller, disparu avec ses parents.
Marcel Petiot , le célèbre "Docteur Petiot" fut condamné à mort et exécuté à Paris en 1946.

Voici le parcours d'un monstre particulièrement détestable car sans morale.

Né le 17 janvier 1897 à Auxerre, Marcel Petiot est le fils choyé d’un employé de la poste, auquel il donne vite du fil à retordre : l’enfant est connu pour massacrer les chats du quartier. En 1916, Marcel s’engage au 98e R.I.. La guerre, pour lui, sera vite un lointain souvenir : légèrement blessé au pied, il est examiné par des psychiatres lors de sa convalescence qui le déclarent mentalement déséquilibré et enfin le réforment.. Déséquilibre que l’on impute aux horreurs du conflit.

En 1921, il achève brillamment ses études de médecine (mention très bien) et s’installe au pays, à Villeneuve-sur-Yonne. C’est un bon docteur, que les pauvres consultent sans bourse délier. Il se dédommage auprès de sa riche clientèle : kleptomane, il la déleste de ses effets personnels lors des visites domiciliaires.
En 1926, la jeune bonne de Petiot, Louise, déclare, un peu trop fort, être enceinte des œuvres de son employeur.Curieusement, la jeune Louise disparaît…Quelques bruits courent, on découvre aussi d’étranges disparitions d’argent ou d’objets précieux après les visites du docteur, mais c’est insuffisant pour ébranler les consciences En 1927, la vie lui sourit, il est élu maire et se marie. Cinq ans et une ribambelle de vols plus tard, c’est l’infamie.
En mars 1930, la police découvre le corps à moitié calciné de Madame Debauwe, gérante de la coopérative laitière de Villeneuve-sur-Yonne. Elle a été achevée à coups de marteau et la laiterie a été incendiée. La veille, elle avait encaissé la somme de deux cent quatre-vingt mille francs…
Les rumeurs persistent. On insinue qu’elle était la maîtresse du docteur Petiot et un certain Frascot affirme même l’avoir vu rôder vers la laiterie peu avant le début de l’incendie. Petiot est bien soupçonné… mais seulement soupçonné. Les preuves manquent et le témoin meurt, fort opportunément, il faut le reconnaître. Frascot sortait d’ailleurs d’une visite chez le médecin quand il a été foudroyé par une crise cardiaque. C’est du moins ce qui est inscrit sur le permis d’inhumer signé par ce même médecin… c’est-à-dire Marcel Petiot !
Ces indices sont insuffisants pour la police mais la population, elle, ne tarde pas à réagir : Petiot, qui vient aussi d’être condamné pour vol d’électricité, est révoqué de ses fonctions de maire. Les rumeurs persistantes le poussent à abandonner aussi son cabinet. Condamné, révoqué par le conseil municipal, le Dr Petiot est contraint de quitter l’Yonne.


De 1933 à 1939,  il ouvre un cabinet dans le IXe arrondissement et multiplie les larcins. le docteur Petiot
réussit, à Paris, à se constituer une autre clientèle importante tout en étant accusé plusieurs fois de pratiquer des avortements, de fournir de la drogue à des toxicomanes, de non-déclaration de revenus, de fabrication et d'usage de faux ; il blâme tous ces crimes sur le fait qu'il n'est pas un comptable ni un secrétaire, que son premier souci est de soigner des indigents et des indigents, il s'en présente dix, douze, vingt à tous ses procès prêts à témoigner sur sa grandeur d'âme et sa générosité. Il est condamné à quelques amendes et même à 15 jours de prison puis finalement confié à un hôpital psychiatrique pour «évaluation».
L’internement dure quatre ans.
En 1941, il achète un hôtel particulier au 21, de la rue Lesueur, dans le XVIe, qu’il transforme en clinique. Il rénove aussi sa cave, consolide le puits existant, fait installer une imposante chaudière, un large évier. Marcel Petiot est fin prêt à recevoir…

 Au cours de l’année 1943, de 20 heures à l’aube, il devient « M. Eugène », spécialisé dans l’aide aux Juifs que pourchasse la Gestapo. Dès la nuit tombée, l’homme dévoué qui ne craint pas les représailles ouvre sa porte aux candidats à la fuite vers la zone libre et l’étranger. Pour des sommes variant entre 25 000 et 100 000 francs, Petiot promettait aux clients qui lui étaient référés ou qu'ils recrutaient, de faux papiers, une nouvelle identité et une route sûre vers l'Argentine.
Un voisin du médecin, Joachim Guschinow, un fourreur juif, confie à son cher ami Petiot qu’il aimerait quitter la France. Jamais plus il ne réapparaîtra…Quelques semaines après, Jean-Marc Van Brever, un toxicomane notoire qui avait dénoncé Petiot comme trafiquant de drogue, disparaît. Ensuite c’est le tour d’une Madame Khayt, qui avait refusé d’être impliquée dans une des « magouilles » de Petiot.
À la même époque, disparaît Paul Braunberger, un médecin, suivi le mois suivant de la famille Kneller, le père, la mère et le petit René, âgé de huit ans à peine. En janvier 1943, Petiot lance les « tarifs de groupe » : quatre couples, les Basch, les Woolf, les Stevens et les Anspach « s’embarquent » à leur tour…
À cette clientèle choisie, s’ajoutent quelques malfrats, heureux de se « mettre au vert » pour quelque temps. Parmi eux, François Albertini, dit le Corse ; Joseph Réocreux, dit aussi Jo le Boxeur, accompagné de ses deux « gagneuses ».Les "voyageurs" sont vaccinés contre les maladies exotiques, il serait en effet dommage d'attraper un virus mortel... en Argentine... Tout est pensé et étudié et les malheureux, recherchés par la gestapo, ne peuvent que se soumettre aux ordres de leur "sauveur"... L'affaire est rentable et les disparitions s'amplifient sans aucune réclamation des familles. Les clandestins sont éliminés par injection létale de poison, puis démembrés ou découpés.
Il est réputé avoir « passé » quantité d’« indésirables ». Jamais l’un d’eux ne se manifesta par la suite pour témoigner que « M. Eugène » favorisa effectivement sa fuite. Le voyage des malheureux s’est achevé dans le puits de chaux vive ou les tuyaux du calorifère, 21, rue Lesueur.

La Gestapo ayant eu vent de ce réseau qu'elle croyait être véritable tenta de l'infiltrer mais sans succès : ses agents-doubles disparaissaient au fur et à mesure qu'ils entraient en communication avec le docteur «Eugène» (faux-nom du docteur Petiot). En désespoir de cause, elle le fit arrêter en mai 1943 mais ne put en tirer quoi que ce soit, même sous la torture, Petiot ne pouvant naturellement pas dévoiler les noms des membres de son «réseau» puisqu'il n'y en avait aucun. - On le relâcha, faute de preuve quelques semaines plus tard.

Lorsque, samedi 11 mars 1944, un voisin s’inquiète de l’odeur nauséabonde et de l’épais nuage noir qui s’échappent de la cheminée, il prévient pompiers et policiers. Pas trace du propriétaire mais, au sous-sol, plusieurs corps dépecés en attente de combustion, des valises, bijoux, vêtements, bibelots, jouets, tout ce que parents et enfants contraints à l’expatriation voulaient emporter, 655 kg de « souvenirs », dira Petiot à son procès. Pour l’instant, il a disparu.


Lors des perquisitions, la police met au jour un ossuaire, un puits rempli de chaux et une chambre à gaz dont la porte est équipée d’un judas qui permet d’assister à l’agonie des victimes. Sur l’égouttoir de l’évier, des résidus de chair humaine…

Tandis que la France découvre l’ampleur de la folie du docteur Petiot, celui-ci se cache parmi les vaillants des FFI (Forces françaises de l’intérieur). Il est devenu le « capitaine Valéry ». Le 31 octobre 1944, il fut arrêté dans une station de métro.
Le capitaine Simonin arrête le capitaine Wetterwald, alias Valéry dans la Résistance, médecin-capitaine au 1er Bataillon.Sur lui, il avait 31 700 francs (une fortune), une cinquantaine de documents sous six noms différents et un revolver. Il est enfin confondu. Accusé de vingt-sept assassinats, il en revendiquera soixante-trois à son procès en 1946. Le médecin précisera cependant que ses « proies » n’étaient que des collaborateurs et des Allemands. La cour ne l’a pas cru et l’a envoyé à l’échafaud.

 L’affaire Petiot choqua tant le monde entier que, durant une décennie au moins, elle alimenta la chronique.
L’avocat général rapporta que, mené à la guillotine, le médecin s’exclama : « Ah, ça ne va pas être beau ! » Mais avant cet épisode, il y eut le procès dont l’Institut national de l’audiovisuel a conservé de saisissantes séquences.



Le sinistre Marcel Petiot se présente à la cour d’assises en complet et nœud papillon, paraissant aussi à l’aise que s’il présidait un colloque sur l’art de bien disséquer. Provocateur et arrogant, il est tout sourire lorsque, menant magistrats, badauds et journalistes en sa clinique, il les invite à un macabre tour du propriétaire, leur expliquant comment il gazait, découpait et calcinait ses visiteurs du soir.
Injuriant les membres des familles de ses victimes, il les traita de menteurs, de membres de la juiverie internationale, d'ennemis de la république. Questionné quant à une de ses victimes, il jura de ne jamais l'avoir rencontrée mais ne put expliquer qu'on avait retrouver ses vêtements chez lui.Durant le mois de débats, il répète inlassablement que ceux-ci n’étaient que collabos ou nazis. Somme toute, il est un patriote, résistant à sa manière.

Me  Floriot plaida  en vain durant six heures pour sauver Petiot de la peine capitale. En vain. Le 25 mai 1946, un gardien de la prison de la Santé le réveille pour le mener à l’échafaud. « Tu me fais chier », lui rétorque le condamné. Alors qu’il se tient devant la guillotine, l’avocat général lui demande s’il a quelque chose à déclarer. « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages ! » répond-il. Donc ses secrets.
Ses dernières paroles furent pour ses bourreaux, leur disant de ne pas regarder car «ce ne serait pas joli». Les témoins rapportent que ses lèvres esquissaient un sourire lorsque sa tête roula dans le panier.

Michel Serrault l’incarnera magistralement à l'écran.

Antichrist de Lars Von Trier


Cela n'arrive qu'une fois par décennie, un film si difficile, si beau et si controversé - "Antichrist" ne déçoit pas et c'est sans conteste l'œuvre la plus problématique, impénétrable, choquante et dérangeante de Lars Von Trier.
Un mélange de Breaking the waves et de Dogville mais sur fond de règlement de compte entre un homme et une femme dont le couple était céllé par l'enfant et qui s'éffrite inéxorablement à la mort de celui-ci.

Antichrist est un film d'horreur au sens propre du terme , pimenté de sexe et tourné comme un polar nordique.
Difficile donc a classer , Thriller mystique ou sexuel, Psychothérapie et rédemption thérapeutique, ou film d'horreur voyeuriste ? Antichrist est un film de genre : tous les éléments du film d’angoisse, d’horreur, y sont transfigurés, ménageant un suspense et une angoisse englobant totalement les personnages. Mais des personnages qui rassemblent les éléments caractéristiques qu'on retrouve dans les polars, victime et bourreau s'entrecroisant dans un huit-clos


Un couple ( Dafoe et Gainsbourg) fait l'amour sous la douche, silencieusement mais furieusement. L'enfant sort du lit. Les flocons de neige commencent à tomber et rentrent par une fenêtre ouverte. Curieux, le garçon atteint la fenêtre mais laisse tomber son ours en peluche par l' extérieur. Il tente de le rattraper et se défenestre. Suivant la chute du garçon au ralenti, Von trier coupe sur un gros plan du visage de Gainsbourg au moment ou elle atteint l'orgasme, puis sur Dafoe La tension retombe et le prologue se termine par un plan large de l'enfant s'écrasant sur le parking couvert de neige, suivi de son ours en peluche.
Incroyablement touchée par la culpabilité , la femme sombre , tandis que l'homme est tellement dans le deni qu'il en devient d'une certaine manière si fermé que c'en est choquant.
Il est psychothérapeute, et tente d'aider sa femme ( même s'il ne devrait pas) à surmonter l'atrocité de ces événements , dans un premièr temps la prise d' antidépresseurs. Puis par l'isolement partagé pour tenter de sauver , ensemble , ce qu'il reste de leur mariage. Ils s'enferment dans une cabane dans la forêt , dans un lieu emplis de souvenirs , où elle et leur fils ont passé beaucoup de temps ensemble.

Pourquoi un tel titre , Antichrist ?  Il est réducteur d’y lire une association définitive entre le Diable et la femme. D’abord parce que le personnage de Charlotte Gainsbourg, tel qu’il est présenté n’est pas une femme névrosée par nature, mais qui tombe malade. Ensuite, parce que le personnage joué par Willem Dafoe est assez insupportable. De lui, on ne lui  voit que peu d’émotions humaines. Il est avant tout le thérapeute, apportant des réponses à toutes les angoisses et expérimentant toutes sortes d’exercices sur sa propre femme. Pour le spectateur, il est le sociopathe ,dépourvu de sensibilité.
 La femme sombre dans un état de démence , la transformant en furie ; son mari la traite par une technique comportementaliste discutable ,qui confine au sadisme. Leur relation qui oscille entre rationalité et  pulsion , déraison et désespoir va tourner court, et finir mal. La douleur, Lars von Trier la traduira par la haine, la femme brutalisera son mari .
Pour Von Trier c'est elle le bourreau , et lui , la victime : elle ira jusqu'a le castrer.
La femme est-elle réellement l’antéchrist ? Que signifie l’épilogue, où l’on voit Willem Dafoe auréolé d’une lumière christique, jusqu’à l’ultime scène où une myriade de femmes aux visages aveugles remonte la forêt ?

Et Von Trier, avec son esprit torturé et tortueux,  orchestre avec brio un chaos, une chute vers l'horreur prévisible , ce qui est d'autant déconcertant. Certaines scènes vous feront détourner le regard, d'autres vous feront couvrir vos oreilles. 

Le jeu des acteurs de ce film est au-delà du perfectionnement. Charlotte Gainsbourg obtiendra le prix de la meilleure interpréte féminine à Cannes et elle l' a mérité haut la main tant son jeu est criant de vérité et transcende la douleur émotionnelle de son personnage. Dafoe offre comme d'habitude un jeu parfait, mais c'est ,cette fois, la meilleure performance qu'il offre.
Ce film est important à de nombreux niveaux différents, c'est de l' art brut , ce qui est rare au cinéma et qui devrait être étudié image par image tant il est complexe ( à la manière d'un Lynch ).

Mais attention à ne pas mettre au regard d'âmes sensibles ou dépressives .Ce film contient des scènes qui comptent parmi les plus choquantes et les plus crues que je n'ai jamais vues.
Un chef d'oeuvre tirant jusqu' au bout de l’écœurement et une descente aux Enfers qui pousse le spectateur dans ses retranchements tant Lars von Trier explore l' obsession castratrice de la façon la plus stricte, la plus littérale.

Docteur H.H.Holmes , le boucher de Chicago




Herman Webster Mudgett (16 mai, 1860 – 7 mai 1896), plus connu sous le nom d'emprunt de « Dr. Henry Howard Holmes« , est très certainement un des premiers tueurs en série américain, peut être le plus prolifique , mais aussi un génie du crime.
Holmes aurait emprisonné et assassiné probablement des centaines d'invités au Chicago hôtel, propriété qu'il a ouvert en 1893 pour l'exposition universelle. Il a admis plus de 200 meurtres , bien que seulement 27 n'aient été confirmés.

Herman Webster Mudgett est né à Gilmanton, New Hampshire. Fils de Levi Horton Mudgett et descendant d'une vieille famille de colons locaux. Il grandit sous une éducation strict prodigué par un père autoritaire , et est un enfant introverti.
Petit ,il subit des mauvais traitements d' autres enfants qui l'obligent, une fois, selon son témoignage, à voir et à toucher un squelette humain. De cette expérience nait sa fascination pour la mort et l' amènera plus tard à étudier la médecine.

Herman Mudgett reçoit son diplôme de l'école de médecine de l'Université du Michigan en 1884.
En tant qu'étudiant, il vole des corps au laboratoire de l'école avec un double objectif, en utilisant leur corps à fins d'expérience mais aussi pour frauder l'assurance,en défigurant les cadavres et déclarant que ces âmes malheureuses aient été accidentellement tuées.
Après avoir reçu son diplôme, il déménage à Chicago ou il pratique la pharmacie. Il commence également à s'engager dans un certain nombre de sombres sociétés immobilières, et affaires louches sous le nom du « H. H. Holmes ".Il vendra même un remède supposé contre l'alcoolisme.

Le 8 juillet 1878, à 18ans, Holmes épouse Clara A. Lovering de Alton, New Hampshire , une jeune femme d'une riche famille qui a payé ses études de médecine.
A l'obtention de son diplôme ,il délaisse Clara et va vivre avec une jeune et belle veuve, qui possédait un certain nombre d'auberges de jeunesse et qui le fait grassement vivre. Il fera un court séjour à New york, où il travaille comme médecin pendant un an et revient ensuite à Chicago.
Il décide d'ouvrir un hôtel, pour l'exposition universelle le 1 mai 1883 et séduira une jeune millionnaire, Myrta Belknap qu'il épouse Le 28 janvier 1887 après avoir définitivement adopté le nom de Holmes.
Etant encore marié à sa première épouse et ce faisant devient bigame. Il tente mollement un divorce de sa première épouse mais ne le mené pas à terme.
Gràce à des faux sous plusieurs identité, il réussit à escroquer 5000$ à Myrta pour se construire une somptueuse maison à Wilmette , dans la banlieue de Chicago.
Puis il obtient la propriété d'une pharmacie appartenant à une riche veuve à Englewood. Il réussi à devenir son amant  et devenu propriétaire de tous ses biens , l'a fait "disparaître".
Il épousera une troisième femme le 9 janvier 1894 et aura également des rapports avec Julia Smythe, l'épouse de Ned Connor, un de ses employés. Julia deviendra l'une de ses victimes.
Holmes était bel homme et savait user de son charme auprès des femmes de la société qu'il n'a aucune difficulté à séduire.

La pharmacie de Holton était situé au coin de Wallace et de soixante-troisième rue, dans la banlieue de Englewood. Holton souffrait du cancer et son épouse s'occupait du magasin. Gràce à son charme, Holmes y trouve un travail et manoeuvre habilement pour racheter le magasin. Une fois Holton mort, Holmes assassine l'épouse et élabore un mensonge pour sa famille et ses amis , leur narrant le déménagement de Mme Holton pour la Californie. Holmes fera de cette pharmacie et du reste de l'immeuble , son hôtel, son "château de l'horreur" comme on le nommera plus tard.
Pour amènager son château, Holmes se tourna vers plusieurs entreprises, qu'ils s'arrange pour ne pas payer, et qu'il quitte même sans avoir achevé les travaux. Ainsi, il est le seul qui connaissait en détail le bâtiment , ses caches et chambres cachées, ses sous sols piégés et ses prisons. 

Le "Château" de Holmes fut terminée en 1892 et l'Exposition de Chicago ouvre le 1er mai 1893. Pendant cette période de six mois ,l'usine de mort de Holmes tourne à plein régime.L' hôtel est complet et le bourreau choisi ses «clients» avec prudence. Elles doivent être riches, jeunes, belles, être seule et ne pas recevoir de visites à l'improviste d'amis ou de parents.
Le rez de chaussée relativement normal , outre l'accueil est composé de boutiques comme la pharmacie ou une bijouterie , mais Holmes installa au sous-sol et dans les étages supérieurs des centaines de pièges, des escaliers qui ne mènent nulle part, des chambres secrètes, des portes coulissantes, des labyrinthes et des passages secrets à partir desquels il épie ses clients.
C'est un labyrinthe de plus d'une centaine de salles sans fenêtres avec des portes qui s'ouvrent sur des murs de brique et ou qui ne peuvent être ouvertes de l'extérieur
Caché sous le plancher, un système ingénieux électrique permet gràce à un tableau d'affichage caché dans le bureau de Holmes, de détecter le moindre mouvement de ses futures victimes. La simple ouverture d'un robinet de gaz peut asphixier les occupants de quelques chambres.

Holmes utilisera une variété imprèssionnante de machines de torture "spéciales", plongeant ses victimes dans une fosse remplie d'acide, ou les enchaînant à un presse rotative qui lentement leur écrase les os. Certains sont simplement enfermés à clef dans des chambres à coucher insonorisées et laissés à une mort certaine.
Aussi normal que cela paraisse , il pratique les autopsies même si la victime est toujours en vie.
Les corps des victimes sont ensuite méticuleusement disséqués, dépouillés de chair, et vendus aux écoles médicales. Holmes a également incinéré une partie des corps ou placé dans de la chaux vive.IL a eu deux fours géants aussi bien que des puits d'acides, des bouteilles de divers poisons. il a même expérimenté l'avortement sur plusieurs de ses « patients ».
Lorsque la police fouilla le château , elle découvrit des chambres dont les murs ou plafonds mouvant pouvait broyer les victimes, des chambres à gaz, les pièges qui activaient toutes sortes de lames ,de fléchettes empoisonnées, ou de coups de feu. Dans une pièce, surnommé "le donjon, a été installé un nombre impressionnant d'instruments de torture. Holmes en médecin sadiques avait recrée un musée de la torture comparable à la Tour de Londres.

Avec la fin de l'Exposition Universelle, le chiffre d'affaires de l'hôtel est en chute libre et bientôt Holmes a besoin d'argent.Il arnaque encore une fois l'assurance en brulant le dernier étage de l'hôtel et lui réclame 60000$.Mais les assureurs découvrent que le feu a commencé dans six endroits différents de l'hôtel et Holmes s'enfuit au Texas, où il vivra d'arnaques.
il « hérite » d'une propriété appartenant à deux soeurs ,héritière d'un chemin de fer, qu'il a assassiné après avoir promis le mariage à l'une comme à l'autre. Là il cherche à construire un autre « château » mais bientôt abandonne son projet, trouvant le cadre légal Texan très "inhospitalier".
 Il a continué à se déplacer à travers les Etats-Unis et le Canada, et il semble qu'il ait continué à tuer, les seuls corps découvert dans cette période étant ceux d'un complice et de trois de ses enfants .

Il est arrêté en 1894 ,la police ayant découvert son implication dans une fraude à l'assurance-vie avec l'associé d'affaires qu'il a assassiné, Benjamin Pitezel .Ce dernier a accepté de truquer sa propre mort de sorte que son épouse puisse toucher $10.000, et qu'elle devait partager avec Holmes.

La police de Chicago décide de fouiller le château d' Holmes qu'elle soupçonne d'autres disparitions et meurtres,au même modus operandi.


Après que le gardien du château l' ait informé qu'il n'ait jamais pu être autorisé à nettoyer les planchers supérieurs, la police effectue une recherche complète sur plusieurs mois dans les étages et sous-sols de l'immeuble et y découvre les atrocités commises .
Un feu d'origine inconnu détruit totalement le bâtiment le 19 août 1895.

Le nombre des victimes de H.H.Holmes a été estimé entre 20 à 100, jusqu'à 230, si on se base sur les disparitions inexpliquées de cette époque et le témoignage des voisins qui ont rapporté l'avoir vu accompagné de jeunes femmes non identifiées.Le seul nombre vérifié est 27, bien que la police ait commenté que certains des corps retrouvés dans le sous-sol étaient tellement démembrés et décomposés qu'il était difficile d' en établir un nombre exact. L'immeuble a aussi brulé avant qu'une recherche approfondie soit terminée.
Les victimes de Holmes étaient principalement des femmes, mais aussi quelques hommes et enfants.


Holmes a été inculpé pour le meurtre de Pitezel, et après ses aveux pour 27 meurtres commis à Chicago, Indianapolis et Toronto, et six tentatives de meurtres .
En prison , il perçu 7.500$ d' "Hearst Papiers" en échange de l'écriture de sa biographie.

Après un procès houleux , il est condamné à mort à 35 ans par le tribunal de Philadelphie et le 7 mai de cette année, il est pendu à la Prison du comté. A cause de la corde mal placée , le cou ne s'est pas rompu instantanément, provoquant une agonie douloureuse de plus de 15 minutes.
Pour empêcher son corps d' être mutilé ou volé ,Holmes demanda à être enterré dans un cercueil rempli de ciment. Il le fut dans une fosse deux fois plus profonde et remplie elle même de ciment . La tombe ne fut ni marquée ni identifiée. Les avocats d' Holmes rejetèrent 15.000 $ d'un institut médical désireux de s'offrir le cerveau de l'un des premiers meurtriers en série  de l'histoire américaine.

Delirium Tremens de Ken Bruen



Lire c'est aussi voyager facilement et simplement, s'immerger dans d'autres littératures...et d'autres ambiances.
Alors quand Ken Bruen nous guide ,ce n'est pas non plus un voyage de tout repos. Avec Delirium Tremens, c'est l'Irlande notre destination , le pays du whiskey et de la Guinness mais le Galway de Bruen n'est pas vraiment le paradis touristique qu'essayent de nous vendre les voyagistes pronant la beauté irlandaise. Les rues sont sombres, enfumées , dangereuses et à vrai dire le climat malsain qui y regne nous fait plus penser au New York sale et pollué de ses ghetto.

Et si vous pensiez avoir tout lu concernant les détectives à la bouteille facile, c’est que vous n’aviez jamais mis les pieds au Grogan’s ,le plus ancien pub de Galway pour y rencontrer sa population indigène et surtout, Jack Taylor, notre alcoolique consentant, qui y passe le plus clair de son temps au point d'y avoir déménagé son bureau.
"C’est le plus ancien pub de Galway à ne pas avoir changé. […] J’aime ce pub car c’est le seul qui ne m’a jamais interdit l’entrée. Jamais, pas une seule fois. […] Aucune décoration au bar. Deux crosses de hurling (?) sont croisées au-dessus d’un miroir tacheté. Plus haut encore, il y a un triple cadre. On y voit un pape, saint Patrick et John F. Kennedy. JFK est au centre. Les saints irlandais. Autrefois, le pape occupait le poste de centre, mais après le concile du Vatican, il s’est fait virer. Maintenant il s’accroche à l’aile gauche."
L’ Irlande résumée en quelques mots.

Jack est un ex membre de la Garda Síochána, un compromis Irlandais entre milice et police. Après avoir été viré de celle-ci pour alcoolisme patenté, il est devenu une sorte de dètective, le statut de privé n'étant pas reconnu et n'ayant aucune existence légale en Irlande.
Selon ce "qu'on en dit" son petit penchant pour le Brandy au café allongé ( le contraire serait anecdotique) et les pintes de Guinness,était si problématique au sein de la police au point d'en devenir dangereux pour elle même.
Depuis, il passe ses journées au pub en attendant qu'on le réclame pour résoudre quelques petites affaires.Et ce n'est pas forcément un hasard si Bruen emprunte le nom de ce bar à celui fréquenté à New York par Matt Scudder , personnage principal de l'excellente série de Lawrence Block.Il existe de nombreuses similitudes entre les deux détectives : ce ne sont pas officiellement des privés, les deux alcooliques traînent leur carcasses dans un bar miteux, et vivent dans un hôtel résidentiel.
Jack Taylor est un personnage imbibé certes, quelque peu désespéré,mais aussi et surtout un bibliophile passionné et Ken Bruen prend plaisir à jouer avec les mots , les citations et références à d'autres grands auteurs tels que McBain et Pelecanos.
Un hommage, oui, mais peut-être aussi un pied de nez.
Car Jack est plus que l'idéal anti-héros, il est l'anti-tout ; ne trouvant aucun espoir dans cette société et surtout étant persuadé qu'il n' y aura aucune chance de rédemption.
D'ailleurs la majorité des gens qu'il connaît ou rencontre sont des psychotiques ou des tordus, et lui-même n'est pas sans tache.

Eclusant une bière, l'écume au lèvre ,il est un jour approché par une femme qui ne croyant pas au suicide de sa fille Sarah, lui demande d'enquêter. Alors ,Jack fouille, questionne, dérange...enfin entre deux cuites ( il passe le plus clair de son temps inconscient )...Mais ce n'est pas du gout de tout le monde car les choses ne sont pas aussi claires qu'il aurait espéré .Un certain nombre de jeunes femmes se sont suicidés, bizarrement au même endroit...Et un ami finit par être assassiné.
Jack va devoir relevé un énorme défi , celui de rester sobre , du moins le temps de découvrir la vérité et tenter de ne pas devenir la prochaine victime.

Ce polar est complètement atypique , et prend à revers toutes les règles établies,l’intrigue  y est limitée au strict minimum mais surtout parce que Jack, ivre la plupart du temps, n’y à qu’un rôle mineur et que tout se résout finalement sans lui !!!
Mais il faut découvrir la plume aiguisée de Ken Bruen, c'est cela la surprise : une prose vive et acérée, pleine d’humour et de dérision, douce et amère à la fois.
Et une histoire pleine d’humanité et simple ( ne chercher pas un  trame alambiquée ).Mais un récit qui se concentre plus sur les luttes internes de son personnage principal , Souvent dérangeant et drôle à la fois.

Delirium Tremens, est un roman au style vif et à l'écriture rapide, que l’on avale en un rien de temps et que l’on finit quelque peu groggy et irrémédiablement dépendant !

Un tueur à Munich d' Andrea Maria Schenkel

Publié chez Actes Sud dans la collection Actes noirs, excellente collection puisqu' elle nous fit connaitre Stieg Larsson  et sa trilogie Millénium , Un tueur a Munich est le deuxième roman d'Andrea Maria Schenkel, auteure allemande déja à l'origine de "Tannöd" ( La ferme du crime ). Ces deux romans ont obtenu l'un comme l'autre le "Deutscher Krimi Preis".

L'action se déroule à Munich entre 1931 et 1939. Les événements ne nous sont pas présentés dans un ordre chronologique. Le roman s'ouvre ainsi sur la condamnation à mort et l'exécution de Josef Kalteis, accusé en 1939 du meurtre de plusieurs jeunes femmes dans les environs de la capitale bavaroise.
Andrea Maria Schenkel se base sur une histoire vraie, celle de Johann Eichhorn, par ailleurs membre du NSDAP (  qui deviendra plus tard le parti nazi), et qui defraya la chronique dans l' Allemagne d'avant guerre.
Un violeur et meurtrier de femmes connu sous le nom de "Der Schreck des Westens Münchner". Une de ses victimes fut Katharina Schätzle , qui devient Kathie sous la plume d' Andrea Shenkel.


Le 14 Octobre 1931 la police allemande fait une une macabre découverte. Lorsqu'elle est appelée prés du lit de l'Isar au sud Munichois , elle retrouve un corps ligoté enveloppé dans un linge. De grosses pierres ont été nécessaires pour assurer que le corps ne flotte pas. Les premières investigations de la police indiquent que la victime a été étranglée et son identité est rapidement révélé : Katharina Schätzle, assassinée une semaine après son arrivée à Munich.
Une récompense de 300 marks allemands sera bientôt promise a quiconque mènerait à l'arrestation de l'assassin. Mais ce n'est que sept ans plus tard que finira l'enquête.
En 1939, Johann Eichhorn, marié avec deux enfants et,travaillant pour les chemins de fer allemands est finalement pris en flagrant délit alors qu'il tente de violer une jeune fille de 12ans.

Au cours de son interrogatoire, il admettra être à l'origine du meurtre de Kathie Schätzle et avouera plusieurs autres crimes entre 1934 et 1938 , quatre autres femmes qu'il aurait , par ailleurs, également violé.
... On pense encore aujourd'hui lui en attribuer presque 90.
Il attirait ses victimes dans les bois , les dépouillait après leur meurtres et ,détail macabre, avait la fâcheuse habitude de découper les parties intimes de leur corps.
Il fut condamné à mort le 1 Décembre 1939 par guillotine.

L'interrogatoire de Josef Kalteis traverse habilement le roman : si l'on peut encore le croire, au début, lorsqu'il affirme ne s'en être pris qu'à une seule jeune fille (qu'il n'a pas tuée), plus le récit avance, plus on découvre l'ampleur de sa folie meurtrière. Kalteis est un sociopathe qui n'a ni remord ni empathie , menteur dans l' âme mais aussi fier dans sa folie.

C’est bien écrit, dense et compact, tout en nous donnant un aperçu de la vie munichoise et des rêves des jeunes allemandes. Le ton est simple, relativement clinique mais réussit à faire monter une tension assez palpable.L'auteure signe un excellent second roman, aussi noir que fascinant. Elle dépeint formidablement l' Allemagne désillusionnée des ouvriers, des filles et des désoeuvrées, des perdants de la grande-guerre et des revanchards . C'est un décor rêvé à l'épanouissement d'un tueur en série et on lit d'une traite ce récit, pris dans l'atmosphère sombre et délétère qu'il dégage.

Le roman est construit par bribes , une construction originale et différente des autres romans policiers puisque c'est une narration où l’on remonte le temps personnage par personnage:

Le récit est organisé autour du portrait de Kathie, une jeune campagnarde venue tenter sa chance à Munich et montée à Munich pour trouver une place de bonne. Kathie rencontrera  Mitzi, une amie entretenue par un fiancé lointain et " protégée " par un compagnon, qui lui fait comprendre qu’en trouvant d'ailleurs un protecteur, elle n’aura pas besoin de travailler et pourra vivre comme une dame. Mais Kathie croisera le chemin de Kalteis et deviendra sa première victime.
On suit le récit de son arrivée à Munich, le témoignages de proches d’autres victimes, les extraits d’interrogatoires de Joseph Kalteis (mais nous n’entendrons que les réponses du meurtrier à ses interrogateurs). Tout s’alterne et les strates s’imbriquent clairement, nous comprenons que Joseph tuera Kathie et suivons la jeune fille, qui rêvait de devenir une dame, se vendre pour quelque argent et finir assassinée.
Le compte à rebours est commencé pour Kathie et on attend avec effroi le moment où la jeune fille va croiser le chemin de son bourreau, la tension devenant de plus en plus palpable au fur et a mesure du récit.

Un reproche quand même ( profitez-en , c'est rare) , le livre n'est vraiment pas épais et peut se lire d'une traite , le récit nous enchaînant littéralement.
Un peu plus de consistance et il y aurait eu matière pour un roman glaçant manquant aussi quelques peu d'émotion à l'image du personnage du tueur.

Un tueur sur la route de James Ellroy



L’histoire est glauque et violente. Le personnage principal haïssable au possible.Il nous reste de cette lecture une impression très désagréable.

Martin Plunkett, est un jeune Californien, bel homme bien bâti élevé aux steaks ,cornflakes et cookies.
Or, plutôt que de jouer dans l’équipe de football et de draguer la pom-pom girl , Martin, lui préfére s'identifier à Super Saigneur, le serial killer…le héros des comics de son enfance...un peu kitch et version bad boy, un personnage qui aime le sang et le sexe…[Photo]
C'est aussi celui qui permet à Martin d’échapper à sa folie intérieure, celle qui le rend malade et le tourmente. En se faisant connaitre à la face du monde comme Super Saigneur, Martin croit qu’il va se trouver et se sentir mieux. Oublier des traumas d’enfance (surtout un... avoir un peu aidé sa mère à mourir) et une homosexualité refoulée.

On suit ici les errances de Plunkett sur prés de 10ans , sur une route pavée de mauvaises intentions.
Il raconte, du fond de sa cellule dont il sait qu'il ne sortira pas, sa route macabre. Les autorités l'accusent de quatre meurtres, mais pensent que le chiffre le plus vraisemblable est de plus de trente. La série de meurtres s'échelonne entre 1974 et 1984.
Au hasard des tueries, il tue un homme dans le Wisconsin et se retrouve accusé du viol et du meurtre de deux adolescentes. C'est là que l'histoire prendra une tournure dramatique ( enfin ..pour plunkett ) .Emprisonné, il rencontre le sergent Ross Anderson qui se révèle etre le véritable tueur et violeur de ces  jeunes filles.
Le policier par la menace de dévoiler les secrets de Martin, le mets dans la confidence et lui fait découvrir son homosexualité latente.
Il le laisse partir, mais garde des preuves contre lui, et déclare : "Lis les nouvelles, on va parler de moi".
Puis par une suite d'articles de journaux et de rapports de police, nous suivons leurs cheminements meurtriers. Ils se retrouveront et deviendront réellement amants, mais leurs folles équipées prendront fin à quelques jours d'intervalles.

Plunkett est un personnage qui reste sombre et à la logique nébuleuse. On soupçonne un  problème d’identité sexuelle, une volonté de se trouver en tant que personne, une défaillance psychique (avec l’exemple des petits films intérieurs qui occupent tout son temps d’enfance et d’adolescence)…

 L’écriture alterne entre confession du tueur depuis sa prison, articles de journaux, rapports de police et extraits du journal intime d’un flic du FBI.
Le récit est alors au plus prés de la véracité. C’est très prenant  aussi comme position pour le lecteur ,car avec ce choix d’écriture, on se sent du côté de Plunkett et de son ego démesuré, quand on lit les articles.
"Un tueur sur la route" est devenu une des références majeures des écoles de formation de policiers tant il décrit avec précision la psychologie de la majeure partie des tueurs en série.

Ellroy, est un géant du thriller américain mais avant tout c'est une gueule tout droit sortie de l'un de ses livres : crâne rasé, lunettes rondes de fouineur méticuleux, regard fatigué de celui qui dissèque les perversions humaines depuis trop longtemps. Et un palmarès qui fait de cet auteur de polars l'un des grands noms de la littérature américaine contemporaine : "Le Dahlia noir" (1987), "L.A. Confidential" (1990), "American Tabloïd" (1995), "American Death Trip" (2001)...
A lire absolument

Sueurs Froides ( Vertigo) d' A. Hitchcock d'aprés Boileau-Narcejac



L' inspecteur John Scottie ( James Stewart) est sujet au vertige, ce qui lui porte préjudice dans son métier de policier. Rendu responsable de la mort d'un de ses collègues, il décide de quitter la police.
Un ami d' enfance, Galvin Elster (Tom Helmore), le charge de surveiller sa femme Madeleine ( Kim Novak ) qui selon lui, est possédée par l'esprit de son aïeule et veut se suicider.IL s'éprend de la jeune femme et se trouve ballotté par des évènements qu'il ne peut contrôler.

Et effectivement il la sauvera de la noyade.
Scottie tente de comprendre la folie de Madeleine. Il s’attache à cette femme hantée et tente en vain de la sauver lorsqu’elle décide de se jeter du haut d’un clocher. Après un an de dépression, il retourne dans les lieux où il avait passé des moments avec Madeleine.

Scottie cherche son visage dans la foule et finit par trouver son sosie. Il s’obstine à la rencontrer puis l’invite à sortir. Scottie s’acharne à transformer Judy à l’image de Madeleine: il la colore en blonde, la coiffe, la maquille et lui achète le même tailleur que la disparue. Etrangement Judy se laisse faire, car elle veut qu’il découvre la vérité par lui-même. La ressemblance est frappante. Judy commet alors l’erreur de mettre le collier de la défunte.

Scottie réalise qu’il a été la victime d’une machination. Tout au long du film, un autre personnage essentiel, une amie de Scottie, Mige Wood (Barbara Bel Geddes), une artiste et styliste, le conseille, mais est elle aussi amoureuse de lui. C’est pourquoi elle cherche à en savoir plus sur la liaison de Scottie et de Madeleine. L’histoire se décompose en 3 grandes parties ; une histoire d’amour, une enquête policière et un drame personnel.













C'est à mon avis l'un des films d' Hitchcock les plus aboutis.
C'est en somme une histoire psychanalytique qui montre les problèmes de Scottie face à son vertige, en particulier avec l’élément de la spirale, récurent et qui en fait l'objet symbole de ce film ( un escalier en colimaçon, le chignon sans défaut de Carlotta, une imposante lampe dans un hôtel, le tronc d’un arbre centenaire…)
Je pense que la musique de Bernard Hermann a aussi beaucoup joué sur le suspense du film.

A voir et revoir sous différents anges, sa construction, son intrigue qui au démeurant aurait pu paraitre invraisemblable, pour le jeu de Kim novak qui endosse pas moins de 3 roles ( Madeleine , Judy et l'aieule Carlotta) et enfin sous un angle architectural ( pour le décor urbain de San Franciso).


Ce film a été restauré dans les années 80 mais reste sans contexte si contemporain


Il faut rappeler aussi le talent de Pierre Boileau et Thomas Narcejac qui ont proposé cette nouvelle à Hitchcock pour adaptation en 1954.
Ils ont d'ailleursont écrit une oeuvre qui fait date dans l'histoire du roman policier et qui, de Clouzot à Hitchcock, a souvent inspiré les cinéastes : Les diaboliques, Les louves, Les visages de l'ombre, Les magiciennes, Maléfices, Maldonne...et tant d'autres

D''entre les morts "se déroule en France pendant la guerre et aprés la libération un an suivant la mort de Madeleine.
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