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Le Tueur en série au Cinéma




Si nombreux sont les serial killers à venir hanter le cinéma , votre poste de télévision ,ou  la littérature depuis quelques années, rares sont les vrais tueurs en série qui ont fait l’objet d’une adaptation cinématographique.
Le cinéma et à fortiori , le cinéma américain ( mais pas seulement) a toujours été très préoccupé d’étudier ces meurtriers
En cela, il n’a fait que traduire en images une obsession qui existe déjà chez de nombreux écrivains. Le cinéma a-t-il fait le tour de la question ? Je ne crois pas car malheureusement il y aura toujours matière a scénari.
S'il ne fallait lister que dix films s'inspirant des faits et actes ou retraçant la biographie de célèbres serial killers, ce serait certainement ceux là...La liste n'est certes pas exhaustive mais ces dix long-métrages sont très certainement représentif de leur époque.





The Lodger, film muet de 1926 réalisé par Alfred Hitchcock dont c'est le troisième film et vraisemblablement le premier chef d'oeuvre.
C’est un mélodrame assez typique de l’époque, superbement filmé (en studio...) . Le premier film américain sur Jack l’Eventreur ( librement inspiré , certes) repose sur une atmosphère effrayante, et capture la panique et la paranoïa qui régnaient à Londres durant les meurtres de l’Eventreur. Les acteurs sont excellents, notamment celui qui joue le tueur.
À Londres,un tueur en série assassine des jeunes femmes blondes, dans le style de Jack l'éventreur. Un homme à l'air mystérieux se présente pour louer une chambre chez Mr et Mrs Bunting et tout dans le film est fait de façon à le rendre suspect : il se présente avec une écharpe qui lui cache le bas du visage. . Daisy, leur fille blonde comme les victimes du tueur, s'éprend de l'étrange locataire. Joe, le petit ami de Daisy, est le détective chargé de l'affaire. Il devient jaloux du locataire et le soupçonne d'être le tueur.
Dans le film se retrouvent quelques influences du cinéma expressionniste allemand : les ombres inquiétantes la nuit dans les rues ,  l'image des Bunting , inquiets pour leur fille, en bas de l'escalier avec des visages bouleversés.
Dans ce film on trouve tout Hitchcock , sa façon de mener  le spectateur  vers une fin toute différente de ce qu'il avait pu penser et tout cela sans une minute d'ennui .









Psychose , autre Hithcock sort en 1960 et Anthony Perkins, Janet Leigh et Vera Miles y jouent magistralement les rôles principaux.
Marion Crane, simple employée au Nevada, s’enfuit avec un magot de 40 000$ volé à un client, pour rejoindre son amant, Sam Loomis, en Californie. Sur la route, fatiguée, elle s’arrête à l’écart de la route nationale, au Bates Motel, tenu par Norman, un sympathique jeune homme qui prend soin de sa pauvre mère dans ses vieux jours. Marion pense pouvoir s’y reposer avant de repartir pour Phoenix. Mais Maman Bates est plus acariâtre que prévu...
"Psychose, ça ne se raconte pas, ça se crie", comme Janet Leigh sous la douche. Retournement de situation, suspens à couper le souffle, scénario au cordeau, jeu d’acteur magnifique et mise en scène extraordinaire, ce film doit absolument être vu !!!
Il s'inspire du cas d’Ed Gein, surnommé le boucher de Plainfield , personnage torturé qui bouleversa l'Amérique et qui le fit rentrer dans le panthéon des tueurs.

C' est suite au décès de sa mère en 1945 que la vie insipide de Ed Gein se transforma, il resta seul dans sa ferme et commença à avoir des goûts macabres.Il voulait ressusciter sa mère, devenir sa mère. Pour cela, il se déguisa en femme, d’abord avec les vêtements de sa mère, puis avec de la peau humaine.
Massacre à la tronçonneuse et le personnage d' Hannibal Lecter se basent aussi sur l'histoire de ce tueur dérangé et dérangeant.
Ce film aura deux suites plus ou moins réussies.








Les tueurs de la lune de miel de Leonard Kastle ou l’histoire vraie du couple de tueurs en série Raymond
Fernandez et Martha Beck, une infirmière obèse et un bélâtre gigolo, fous amoureux l’un de l’autre, qui assassinèrent des femmes que Raymond séduisait, afin de leur voler leur argent.Ils furent accusés d'avoir tué plus de vingt femmes sur deux ans.
C'est sans doute l’un des films les plus mésestimé de tous les temps alors qu’il touche la perfection. Le travail du réalisateur est impressionnant et original et les deux acteurs principaux, Shirley Stoler et Tony Lo Bianco, sont tous simplement fabuleux.
Filmé dans un sublime noir et blanc, ce film montre le couple "au naturel", sans l’idéaliser (contrairement à Bonnie et Clyde dans le film homonyme). Martha Beck est "la grosse", celle qui ne connaît pas l’amour et son comportement, bien qu’horrible, paraît logique et compréhensible.

Le film décrit en fait sa quête du bonheur. Ray Fernandez est un personnage complexe, un gigolo qui se conduit pourtant comme un enfant. Il montre aussi que, alors que leurs crimes deviennent de plus en plus horribles, leur désir sexuel augmente.
Kastle est compositeur d'opéra , et un véritable amateur en matière de cinéma. Obnibulé par le procés des deux tueurs dont il suit quotidiennement les débats , il propose son scénario à Scorcese qui refuse. Il le filmera lui même donnant par là même , au film, sa dimension authentique.
Le film n’est pas visuellement violent, mais il l’est psychologiquement. Très troublant.








Deranged de Jeff Gillen et Alan Ormsby date de 1974 et conte l’ histoire d’Ed Gein ( encore lui !!! ), un homme vivant dans une petite communauté rurale du Wisconsin et prenait soin de sa mère alitée, une femme agressive et dominante, qui lui apprend que toutes les femmes sont mauvaises. Elle finit par mourir et elle lui manque tellement qu’un an plus tard, il va déterrer son cadavre pour la ramener chez lui. Il apprend la taxidermie , l' empaille et, finalement, se met à tuer.

Ce film fourmille de détails, plutôt que de seulement s’inspirer de son cas comme dans Psychose. L’acteur qui joue Gein est excellent et dérangeant de vérité : C'est à Robert Blossom qu'incombe la lourde tâche d'interpréter Ezra Cobb / Ed Gein. Sa performance se révélera assez impressionnante, par les mimiques qu'il fait avec sa bouche ou son regard tantôt absent, tantôt habité par la folie totale. Même ses vêtements, dont la fameuse chemise à carreaux et la casquette, rappelerons immédiatement aux spectateurs le look de Ed Gein, comme on peut le voir sur quelques photos d'époques.
Le film a quelque chose de documentaire, souvent filmé à l’épaule, sans musique et certaines scènes sont particulièrement affreuses car très réalistes ( dans la veine des films d' horreurs des seventies ).
Deranged est aussi un film particulièrement macabre, de par la bande son du film, joué à l'orgue d'église, mais également de par son imagerie. Cimetière, corps décomposé, tout concours à créer une atmosphère glauque et étouffante.
âmes sensibles, s’abstenir...comme le prouve la bande annonce :









Le Docteur Petiot de Christian de Chalonge avec Michel Serrault , sorti en 1990 fait peut être ici figure d' intrus puisque seul film français sur cette liste , mais il est véritablement incontournable. Michel Serrault dans une interprétation stupéfiante ( c'est peut être un de ses meilleurs rôles) y est d'ailleurs le producteur.

Le docteur Petiot, medecin parisien dans la France occupee de 1944 etait un homme bon. Admirable père de famille, genereux avec les pauvres, il excellait dans sa profession. Pourtant, c'etait aussi un monstre et nul ne se doute que derrière la façade se cache un psychopathe monstrueux, fasciné par les horreurs nazies.
Il faudra attendre la Libération pour que soit découvert le charnier personnel du docteur, en plein coeur du XVIème arrondissement. Se faisant passer pour un passeur , Petiot y brûlait ses victimes fuyant les nazis et juives pour la plupart après les avoir dépecées et se faisant passé pour un passeur.

Un personnage sacremment detestable ( voir chronique plus haut dans ce blog que je vous invite à lire)
Ce film a ouvert beaucoup de polémique sur le role de Serrault .D'aucuns disent que Serrault a dédramatisé ce joueur en le jouant à la Mocky , d'autres que Serrault l'a sublimé, la magnifié.
A voir absolument , ne serait ce que pour le coté historique et la dernière image, clôturant le film sur toutes les valises de ceux qui avaient cru en ce voyage vers l'argentine...







Henry, Portrait d’un Serial Killer de John Mc Naughton est lui aussi sorti en 1990 et est très fortement inspiré
des méfaits de Henry Lee Lucas et Otis Tool qu'il présentent d’une manière quasi-documentaire.

C’est un film très choquant et peu ragoûtant. Sa réalité "clinique", son image granuleuse, l’ambiance particulièrement glauque (les meurtres, les dialogues, la relation incestueuse avec Becky...), et l’excellence des acteurs dont Mickael Rooker fait qu’on se croirait réellement en présence de Lucas et Tool. Et on a vraiment pas envie de rester là ! (ce film est interdit au moins de 16 ans).
Tourné en 1985, Henry: Portrait Of A Serial Killer, n'a pas été distribué en salle avant 1990! Son mélange de cinéma-vérité et de violence a non seulement fait fuir plusieurs spectateurs, mais aussi les distributeurs. Le film a peut-être tardé à se faire connaître, mais aujourd'hui, il est considéré comme un des films d'horreur les plus réussis.
Film presque tabou, Henry: Portrait Of A Serial Killer est un regard hyper réaliste dans la psychée d'un meurtrier en série. Évitant les clichés habituels, le film de John McNaughton ne balance aucun jugement ni théorie bidon sur les actes de son personnage. Il se contente de nous montrer le tout à froid, sans aucune explication.
Henry Lee Lucas est l'un des tueurs les plus prolifiques d'Amérique. Sa mère, prostituée, l'obligeait à s'habiller en fille, et son père était un cheminot qui perdit ses jambes dans un accident de train.

Il aurait commis son premier meurtre à l'âge de 15 ans.
Il assassinera d'ailleurs sa mêre. Aujourd hui on va jusqu'à lui attribué près de 360 meurtres. A voir ce petit documentaire :



Serial Killer Henry Lee Lucas 1.2
<>. - L'info internationale vidéo.





Summer of Sam  est un film de Spike Lee tourné en 1999.
 New York, été 1977. La chaleur étouffe la métropole tandis qu’un dangereux serial killer, surnommé "le fils de Sam" (alias David Berkowitz), s’attaque aux couples et aux jeunes femmes seules du Bronx. La police est sur le qui-vive et les New-yorkais cèdent de plus en plus à la paranoïa et à la panique, surtout qu’une gigantesque panne de courant paralyse la ville et que les éboueurs sont en grève...
Le film s’appelle "l’été de Sam" et non pas "le fils de Sam". Il ne s’intéresse donc pas franchement à David
Berkowitz mais s’attache plutôt à retranscrire l’ambiance de l’époque, la violence, la peur paranoïaque, la chaleur et la musique. Dans une ambiance torride baignée de disco naissante, le réalisateur nous présente un quartier où ses habitants seront bientôt amenés à se méfier les uns des autres. Soit 377 jours d’angoisse (du 29 juillet 1976 au 10 août 1977) filmée sur les lieux même de l’action. Le film se termine mal pour tout le monde...
Tirée du fait divers qui a défrayé la chronique, cette histoire prend place dans une ville bouillonnante, où les communautés tentent de se protéger des dangers qui surgissent de toutes parts mais plongent peu à peu  dans la psychose.
Les médias se font très vite le relais des méfaits du tueur, pour qui l'on utilisera pour la première fois l'expression "Serial killer".
Summer of Sam est plus une chronique qu'une critique sociale, un regard éclairé sur les maux dont souffre notre société, de l'intolérance à la violence en passant par la misère intellectuelle et affective. Tous ces paramètres sont indissociables, à la fois causes et effets d'une descente aux enfers inexorable, qui revêt d'innombrables visages. C'est à ce niveau seulement qu'on constate l'émergence de la haine dont nous sommes tous porteurs.
A voir comme une critique sociale et pour Adrian Brody en Punk !!!.








From Hell d' Allen et Albert Hughes sorti en 2001 est un film interprété par Johnny Deep et Heather Graham.
 En 1888, à Londres, dans les rues mal famées du quartier de Whitechapel, un tueur en série, surnommé Jack l’Eventreur, rôde. L’inspecteur Fred Abberline, agent de Scotland Yard, comprend rapidement que ces crimes procèdent d’une mise en scène élaborée et supposent un "doigté" d’artiste, un sang-froid à toute épreuve et de solides connaissances en anatomie. Le policier, intuitif et visionnaire, dresse patiemment le profil de ce meurtrier hors normes et parvient à gagner la confiance de Mary Kelly, une jeune prostituée. Celle-ci va l’aider à résoudre cette périlleuse enquête.

Encore un film sur Jack l’éventreur... Mais celui-ci est tiré d’une BD homonyme géniale d’Alan Moore et Eddie Campbell. Les puristes préféreront le comic au film, mais... Albert et Allen Hughes utilisent en fait Jack l’Eventreur comme point de départ plus que comme sujet de leur film.
Ils n’essaient pas de trouver qui était le tueur (car ils présentent la "théorie" la plus célèbre) mais plutôt de présenter l’époque Victorienne (distinction de classes, pouvoir aux plus riches...) et l’immonde quartier de Withechapel (pauvreté, saleté...), message social à la clé.
Ils en profitent aussi pour créer de beaux plans au style soigné... et à contrario offrir quelques scènes gores. L’histoire en elle-même est totalement fantaisiste : L’inspecteur Abberline (qui avait 45 ans) est joué par le fringant Johnny Depp, les victimes de l’Eventreur (plutôt jeunes et jolies) se connaissent, le complot royal et Franc-Maçon est de mise, Abberline et Kelly ont une aventure...
Mais le suspense fonctionne bien, et les indices s’accumulent pour se rapprocher du tueur, bien que la fin soit un peu trop prévisible. C'est très... comment dire...rock' n' roll !!!







Monster de Patty Jenkins, film sorti en 2003, est tiré de l’histoire vraie d’Aileen Wuornos.
Depuis déjà longtemps, Aileen, une paumée notoire, erre sans but et survit en se prostituant. Lorsqu’un soir, le moral au plus bas, elle rencontre dans un bar la jeune Selby, c’est le coup de foudre. Pour protéger leur amour et leur permettre de subsister, Aileen continue de se vendre jusqu’à cette nuit où, agressée par un de ses clients, elle le tue.
Wuornos fut condamnée à la peine de mort par injection létale pour avoir assassiné au moins sept hommes en Floride entre novembre 1989 et novembre 1990.
Un film plutôt bon, soutenu par une incroyable actrice, Charlize Theron qui y est franchement impressionnante (même si elle en fait parfois un peu trop) et surtout méconnaissable.
Christina Ricci ,qui joue le rôle de “Selby” ressemble peu -physiquement- à Tyria Moore (de manière intentionnelle, car Moore est toujours en vie et considérée comme innocente de tout crime).
Ce film, bien qu’un peu trop dramatique, est le plus proche de la véritable histoire de Wuornos.
Il trouve des excuses plus que des explications aux crimes de Wuornos (ces victimes sont presque toutes présentées comme des "sales types"), mais ne cherche pas vraiment à la rendre sympathique (ou n’y parvient pas).
Il expose avec raison la pauvreté accablant une certaine Amérique et l’obsession de "Selby" pour l’argent, ainsi que la vie sordide qu’ont menée les deux femmes durant des années, malgré les rêves de gloire de Wuornos.








Enfin Zodiac de David Fincher datant de 2007.
Le film, inspiré par des faits réels, retrace l'enquête sur le tueur du Zodiaque, un mystérieux tueur en série qui frappa dans la région de San Francisco dans les années 1960 et 1970.
Robert Graysmith est un jeune dessinateur du San Francisco Chronicle, un des journaux importants de la ville. Sa vie va basculer le jour où le journal reçoit une lettre revendiquant plusieurs meurtres dans la région. Le tueur présumé, qui se présente sous le pseudonyme du Zodiac, accompagne sa revendication d'une énigme. Grâce, ou à cause, de sa passion pour les casse-têtes, il sera intégré à l'enquête, notamment par Paul Avery, spécialiste des affaires criminelles au journal. En parallèle, les inspecteurs en charge de l'enquête, David Toschi et William Armstrong, feront leur possible pour mettre fin à la série et croiseront plusieurs fois la route du dessinateur. Durant de nombreuses années, le Zodiac se jouera des policiers et des journalistes en accumulant les énigmes, les vraies et fausses revendications, les appels télévisés et les meurtres sans indice.

Inspiré par les ouvrages de Robert Graysmith, ce film montre sa version des faits, qui perpétue certains mythes et contre-vérités. En gardant à l’idée que ce film est inspiré de faits réels mais qu’il présente beaucoup de fiction,... c’est tout simplement un excellent thriller. On ne peut nier
le talent de Fincher qui expose admirablement bien l’horrible brutalité des meurtres, la surprise terrifiée ressentie par les victimes. Ici, rien de glamour ou de grand guignol, le réalisateur mise sur la sobriété. Les meurtres sont d’une violence « sainement » choquante. L’ambiance de l’époque (les pattes d’eph’ comme la peur rampante) est brillamment rendue et le film est servi par une excellente équipe d’acteurs. Un film angoissant et captivant et servi par une pléïade de bons acteurs.

Misterioso d' Arne Dahl



Deux hommes d'affaires suédois sont assassinés dans leur maison avec le même modus Operandi : deux balles dans la tête, aucun signe de violence ou de cambriolage, et toutes traces soigneusement effacées. Et tout porte à croire que l' assassin ne s' arrêtera pas là.
Afin de résoudre les meurtres de riches industriels et de magnats de la finance, mais aussi d' arrêter un tueur en série présumé, la Sapo ( la police suédoise) crée dans l'urgence, une unité spéciale grossièrement appelée groupe A, faute de mieux.
Ce groupe se veut une élite et se compose de six policiers triés sur le volet, mais aux caractères sérieusement opposé.

Le protagoniste principal est Paul Hjelm, la quarantaine vivant en couple dans un vague pavillon de banlieue avec femme et enfants. Deux adolescents sur les bras et un mariage raté, il est au ,début du livre ,le héros qui ,seul, déjoue une prise d'otages dans un banque. Un acte qu'il reconnait irréfléchi, mené par un policier qui s'ennuit dans sa routine quotidienne. Mis sur la touche par l'IGS, et attendant son licenciement , il est par surprise intégré au groupe A.
Il rejoint ainsi Viggo Norlander,policier de Stockholm, brut ,expérimenté mais vieillissant et traversant une véritable catharsis ; l'armoire à glace Nyberg, ex-Mister Suède , culturiste convaincu de dopage et arrivé dans la police sur le tard ; Kerstin Holm, seule femme du groupe, de Göteborg, infatigable et opiniâtre ; le finlandais Söderstadt, avocat et spécialiste de la finance, presque trop cultivé, et qui révèlera au fil du roman un passé trouble et Jorge Chavez, le plus jeune du groupe, le plus énigmatique, chilien vivant en Suéde , le "basané" du groupe qui se révélera bien utile sur le terrain.

Le groupe A. réfère directement de la Direction nationale des enquêtes criminelles, mais travaille en proche collaboration avec la police de Stockholm, lieu de la plupart des crimes. il est chapeauté par Jan-Olov Hultin, personnage complexe qui peut passer de l'élégance du diplomate à la brutalité efficace et gratuite en un clin d'oeil.
Le groupe d’élite doit faire face à ce qui pourrait devenir la plus grande affaire criminelle en Suède depuis le meurtre du Premier ministre Olof Palme et l'affaire étant prioritaire ,chacun des policiers a carte blanche et d'aucun n' hésiteront pas a flirter avec la légalité.

Plusieurs pistes mènent à des impasses. L'enquête initiale sur une loge secrète ne mène nulle part. Une autre , parallèle, sur les penchants pédophiles d'une des victimes, finit en queue de poisson . Mais la mafia russe ou la pègre estonienne est, peut être, impliqué dans ces massacres? Sans le soutien de son attrayante collègue, Kerstin Holm, Hjelm aurait depuis longtemps jeté l'éponge.
Un troisième meurtre puis un quatrième....Comme de nombreux riches hommes d'affaires, les victimes étaient également membres des mêmes clubs de voile et de golf,  peut être faut il aussi creuser cette piste ?
Une totale confusion mais aussi une sérieuse lassitude s' insinue au sein du groupe A.

Jusqu' à ce que l' assassin laisse sur la scène de crime , son premier indice : un enregistrement rare sur une cassette audio d' un morceau de jazz du grand Thelonious Monk...Misterioso

L' enquête est omni-présente dans ce roman : chaque détail, similitude est exploré avec minutie .Le traçage des pistes, l'interprétation et la recherche du dénominateur commun est décrite en détail, peut être aussi à outrance.
Mais ce roman nous tient en haleine parce qu'il n'a pas de temps mort même lors de cette période de vache maigre ou pendant un temps , l'assassin observera une pause , la police pataugera et ou chacun s'enfermera ostensiblement dans sa routine.

Un premier roman publié sous le pseudonyme de Arne Dahl et l'écrivain qui se cache derrière cet alias, connaît sacrément son affaire.
Dahl est en Suède salué comme l'héritier de Sjöwall et Wahloo et son roman , Misterioso est une satire critique de la police mais aussi de la société suédoise et attaque insidieusement la politique fiscale et la politique d'immigration, porte un regard éclairé sur les accointances entre mafia russe et estonienne et les milieux d'affaires suédois, et expose aussi les travers d'une haute bourgeoisie sans tabous ou  l'argent flirte avec prostitution, inceste et pédophilie.
L' enquête menée par six enquêteurs part peut être tout azimut mais grace à cela , Arne Dahl , n' hésite pas à écorcher ces milieux d'affaires et à nous éclairer sur leur travers. 
la critique vise plus directement les conséquences désastreuses du capitalisme financier, ceux qui font de l'argent non pas en produisant des biens de consommation, mais en faisant profiter l'argent des autres par des placements via les banques, la bourse, les caisses de dépôts, etc. Du krach des années 90 au scandale des banques américaines qui a ébranlé toute la planète, ce monde mystérieux des enveloppes brunes, de l'argent qui fait de l'argent et des bandits à col blanc est devenu un terrain d'exploitation privilégié pour les auteurs de polars.

Dahl annonçait une décalogie soit dix livres de cette série, mais onze ont déja été publiés , dont deux en France , Misterioso et Qui sème le sang.
Il faut d' ailleurs aussi saluer la traduction de ce roman issu du suédois et qui est excellente.
Un autre roman à conseiller auquel il manque probablement, pour moi, le grain de folie de Nesbo, et la complexité rigoureuse de Mankell mais peu importe : Dahl a suffisamment de qualités pour satisfaire nos exigences et justifier un revenez-y.

 Et auquel cas pour gouter l'ambiance de ce roman , quoi de mieux que de le lire tout en écoutant le titre Misterioso sur l 'album éponyme de Monk :

Marcel Petiot , le "bon docteur"


Il fut surnommé le Vampire de l'Etoile, le Boucher de Paris, le Cuisiner du Diable, ou l'Ange de la Mort parmi tant d'autres et fit couler beaucoup d'encre .
Les psychiatres le disaient déséquilibré, pervers, fugueur, dissimulateur, menteur, un individu sans scrupules dépourvu de tout sens moral.
 Intelligent, il avait un sens de l'humour très développé, mais noir et morbide, et deux visages : le "bon docteur" qui soignait gratuitement les pauvres ,les enfants maladeset les indigents en sa clinique de la rue Lesueur à Paris ; et l'assassin sans pitié qui attirait dans ses filets les victimes des persécutions nazies, juifs ou resistants, les gangsters en fuite mais aussi des personnes qui le gênaient ou le menaçaient.

La nuit, il gazait, dépeçait et brûlait des victimes de la Gestapo, espérant que « M. Eugène » les aiderait à gagner la zone libre ou l’Argentine. L’honorable médecin n’était qu’un tueur en série à qui la Seconde Guerre mondiale donna l’opportunité d’exprimer pleinement sa folie.

Le 11 mars 1944, après que l’alerte fut donnée à cause de la fumée que sa cheminée évacuait, la police découvrit dans sa cave des corps prêts à être incinérés, 72 valises et 655 kg de souvenirs, dont le pyjama du petit René Kneller, disparu avec ses parents.
Marcel Petiot , le célèbre "Docteur Petiot" fut condamné à mort et exécuté à Paris en 1946.

Voici le parcours d'un monstre particulièrement détestable car sans morale.

Né le 17 janvier 1897 à Auxerre, Marcel Petiot est le fils choyé d’un employé de la poste, auquel il donne vite du fil à retordre : l’enfant est connu pour massacrer les chats du quartier. En 1916, Marcel s’engage au 98e R.I.. La guerre, pour lui, sera vite un lointain souvenir : légèrement blessé au pied, il est examiné par des psychiatres lors de sa convalescence qui le déclarent mentalement déséquilibré et enfin le réforment.. Déséquilibre que l’on impute aux horreurs du conflit.

En 1921, il achève brillamment ses études de médecine (mention très bien) et s’installe au pays, à Villeneuve-sur-Yonne. C’est un bon docteur, que les pauvres consultent sans bourse délier. Il se dédommage auprès de sa riche clientèle : kleptomane, il la déleste de ses effets personnels lors des visites domiciliaires.
En 1926, la jeune bonne de Petiot, Louise, déclare, un peu trop fort, être enceinte des œuvres de son employeur.Curieusement, la jeune Louise disparaît…Quelques bruits courent, on découvre aussi d’étranges disparitions d’argent ou d’objets précieux après les visites du docteur, mais c’est insuffisant pour ébranler les consciences En 1927, la vie lui sourit, il est élu maire et se marie. Cinq ans et une ribambelle de vols plus tard, c’est l’infamie.
En mars 1930, la police découvre le corps à moitié calciné de Madame Debauwe, gérante de la coopérative laitière de Villeneuve-sur-Yonne. Elle a été achevée à coups de marteau et la laiterie a été incendiée. La veille, elle avait encaissé la somme de deux cent quatre-vingt mille francs…
Les rumeurs persistent. On insinue qu’elle était la maîtresse du docteur Petiot et un certain Frascot affirme même l’avoir vu rôder vers la laiterie peu avant le début de l’incendie. Petiot est bien soupçonné… mais seulement soupçonné. Les preuves manquent et le témoin meurt, fort opportunément, il faut le reconnaître. Frascot sortait d’ailleurs d’une visite chez le médecin quand il a été foudroyé par une crise cardiaque. C’est du moins ce qui est inscrit sur le permis d’inhumer signé par ce même médecin… c’est-à-dire Marcel Petiot !
Ces indices sont insuffisants pour la police mais la population, elle, ne tarde pas à réagir : Petiot, qui vient aussi d’être condamné pour vol d’électricité, est révoqué de ses fonctions de maire. Les rumeurs persistantes le poussent à abandonner aussi son cabinet. Condamné, révoqué par le conseil municipal, le Dr Petiot est contraint de quitter l’Yonne.


De 1933 à 1939,  il ouvre un cabinet dans le IXe arrondissement et multiplie les larcins. le docteur Petiot
réussit, à Paris, à se constituer une autre clientèle importante tout en étant accusé plusieurs fois de pratiquer des avortements, de fournir de la drogue à des toxicomanes, de non-déclaration de revenus, de fabrication et d'usage de faux ; il blâme tous ces crimes sur le fait qu'il n'est pas un comptable ni un secrétaire, que son premier souci est de soigner des indigents et des indigents, il s'en présente dix, douze, vingt à tous ses procès prêts à témoigner sur sa grandeur d'âme et sa générosité. Il est condamné à quelques amendes et même à 15 jours de prison puis finalement confié à un hôpital psychiatrique pour «évaluation».
L’internement dure quatre ans.
En 1941, il achète un hôtel particulier au 21, de la rue Lesueur, dans le XVIe, qu’il transforme en clinique. Il rénove aussi sa cave, consolide le puits existant, fait installer une imposante chaudière, un large évier. Marcel Petiot est fin prêt à recevoir…

 Au cours de l’année 1943, de 20 heures à l’aube, il devient « M. Eugène », spécialisé dans l’aide aux Juifs que pourchasse la Gestapo. Dès la nuit tombée, l’homme dévoué qui ne craint pas les représailles ouvre sa porte aux candidats à la fuite vers la zone libre et l’étranger. Pour des sommes variant entre 25 000 et 100 000 francs, Petiot promettait aux clients qui lui étaient référés ou qu'ils recrutaient, de faux papiers, une nouvelle identité et une route sûre vers l'Argentine.
Un voisin du médecin, Joachim Guschinow, un fourreur juif, confie à son cher ami Petiot qu’il aimerait quitter la France. Jamais plus il ne réapparaîtra…Quelques semaines après, Jean-Marc Van Brever, un toxicomane notoire qui avait dénoncé Petiot comme trafiquant de drogue, disparaît. Ensuite c’est le tour d’une Madame Khayt, qui avait refusé d’être impliquée dans une des « magouilles » de Petiot.
À la même époque, disparaît Paul Braunberger, un médecin, suivi le mois suivant de la famille Kneller, le père, la mère et le petit René, âgé de huit ans à peine. En janvier 1943, Petiot lance les « tarifs de groupe » : quatre couples, les Basch, les Woolf, les Stevens et les Anspach « s’embarquent » à leur tour…
À cette clientèle choisie, s’ajoutent quelques malfrats, heureux de se « mettre au vert » pour quelque temps. Parmi eux, François Albertini, dit le Corse ; Joseph Réocreux, dit aussi Jo le Boxeur, accompagné de ses deux « gagneuses ».Les "voyageurs" sont vaccinés contre les maladies exotiques, il serait en effet dommage d'attraper un virus mortel... en Argentine... Tout est pensé et étudié et les malheureux, recherchés par la gestapo, ne peuvent que se soumettre aux ordres de leur "sauveur"... L'affaire est rentable et les disparitions s'amplifient sans aucune réclamation des familles. Les clandestins sont éliminés par injection létale de poison, puis démembrés ou découpés.
Il est réputé avoir « passé » quantité d’« indésirables ». Jamais l’un d’eux ne se manifesta par la suite pour témoigner que « M. Eugène » favorisa effectivement sa fuite. Le voyage des malheureux s’est achevé dans le puits de chaux vive ou les tuyaux du calorifère, 21, rue Lesueur.

La Gestapo ayant eu vent de ce réseau qu'elle croyait être véritable tenta de l'infiltrer mais sans succès : ses agents-doubles disparaissaient au fur et à mesure qu'ils entraient en communication avec le docteur «Eugène» (faux-nom du docteur Petiot). En désespoir de cause, elle le fit arrêter en mai 1943 mais ne put en tirer quoi que ce soit, même sous la torture, Petiot ne pouvant naturellement pas dévoiler les noms des membres de son «réseau» puisqu'il n'y en avait aucun. - On le relâcha, faute de preuve quelques semaines plus tard.

Lorsque, samedi 11 mars 1944, un voisin s’inquiète de l’odeur nauséabonde et de l’épais nuage noir qui s’échappent de la cheminée, il prévient pompiers et policiers. Pas trace du propriétaire mais, au sous-sol, plusieurs corps dépecés en attente de combustion, des valises, bijoux, vêtements, bibelots, jouets, tout ce que parents et enfants contraints à l’expatriation voulaient emporter, 655 kg de « souvenirs », dira Petiot à son procès. Pour l’instant, il a disparu.


Lors des perquisitions, la police met au jour un ossuaire, un puits rempli de chaux et une chambre à gaz dont la porte est équipée d’un judas qui permet d’assister à l’agonie des victimes. Sur l’égouttoir de l’évier, des résidus de chair humaine…

Tandis que la France découvre l’ampleur de la folie du docteur Petiot, celui-ci se cache parmi les vaillants des FFI (Forces françaises de l’intérieur). Il est devenu le « capitaine Valéry ». Le 31 octobre 1944, il fut arrêté dans une station de métro.
Le capitaine Simonin arrête le capitaine Wetterwald, alias Valéry dans la Résistance, médecin-capitaine au 1er Bataillon.Sur lui, il avait 31 700 francs (une fortune), une cinquantaine de documents sous six noms différents et un revolver. Il est enfin confondu. Accusé de vingt-sept assassinats, il en revendiquera soixante-trois à son procès en 1946. Le médecin précisera cependant que ses « proies » n’étaient que des collaborateurs et des Allemands. La cour ne l’a pas cru et l’a envoyé à l’échafaud.

 L’affaire Petiot choqua tant le monde entier que, durant une décennie au moins, elle alimenta la chronique.
L’avocat général rapporta que, mené à la guillotine, le médecin s’exclama : « Ah, ça ne va pas être beau ! » Mais avant cet épisode, il y eut le procès dont l’Institut national de l’audiovisuel a conservé de saisissantes séquences.



Le sinistre Marcel Petiot se présente à la cour d’assises en complet et nœud papillon, paraissant aussi à l’aise que s’il présidait un colloque sur l’art de bien disséquer. Provocateur et arrogant, il est tout sourire lorsque, menant magistrats, badauds et journalistes en sa clinique, il les invite à un macabre tour du propriétaire, leur expliquant comment il gazait, découpait et calcinait ses visiteurs du soir.
Injuriant les membres des familles de ses victimes, il les traita de menteurs, de membres de la juiverie internationale, d'ennemis de la république. Questionné quant à une de ses victimes, il jura de ne jamais l'avoir rencontrée mais ne put expliquer qu'on avait retrouver ses vêtements chez lui.Durant le mois de débats, il répète inlassablement que ceux-ci n’étaient que collabos ou nazis. Somme toute, il est un patriote, résistant à sa manière.

Me  Floriot plaida  en vain durant six heures pour sauver Petiot de la peine capitale. En vain. Le 25 mai 1946, un gardien de la prison de la Santé le réveille pour le mener à l’échafaud. « Tu me fais chier », lui rétorque le condamné. Alors qu’il se tient devant la guillotine, l’avocat général lui demande s’il a quelque chose à déclarer. « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages ! » répond-il. Donc ses secrets.
Ses dernières paroles furent pour ses bourreaux, leur disant de ne pas regarder car «ce ne serait pas joli». Les témoins rapportent que ses lèvres esquissaient un sourire lorsque sa tête roula dans le panier.

Michel Serrault l’incarnera magistralement à l'écran.

Le Quatuor de Leeds ( 1974 / 1977 / 1980 / 1983 ) de David Peace





 

Un bon polar qu'il y ait enquête ou non , reflète tout d'abord la réalité du monde dans lequel nous vivons. L'important outre le caractère ou le style de l'auteur est qu'il porte un regard lucide sur ses composantes politiques , sociales et historiques.Le polar reste un divertissement mais s'il ignore la mondialisation de nos sociétés , il ne présente aucun intérêt . D'aucuns l'ont compris et entreprennent de nous plonger sur plusieurs tomes dans une époque particulière qu'ils chroniquent avec brio tout en y offrant une vision globale particulièrement documentée et en y incluant une réelle portée sociale.
On connait le quatuor de Los Angeles d' Ellroy  ou la trilogie Berlinoise de Philip Kerr. En parallèle on trouve aussi David Peace et son quatuor de Leeds,  une chronique anglaise relatant une décennie d'errance d'un tueur en série sur fond de corruption policière , de Thatcherisme et d'effondrement social dans le Yorkshire des années 70 et 80.

J' ai aimé cette série mais je ne suis pas du tout sûr d' être en mesure d'expliquer pourquoi. Et il m'est aussi difficile de vous parler d'un roman seul plus que les trois autres. Il faut prendre l' oeuvre dans son ensemble tant le cycle est complexe , foisonne d'histoires complémentaires et symétriques, de tableaux de caractères évoluant dans une mosaïque d'événements dont le fil conducteur est l'enquête sur ce tueur , surnommé l' étrangleur du Yorshire.


1974 fait figure de prologue et m' amène à des sentiments très partagés mais en définitive plutôt bons.
Les personnages semblent être une galerie de pourris, corrompus, assoiffés de pouvoir et d’argent. Même le héros est limite, insupportable parfois mais bizarre et insaisissable.
L’écriture est chaotique et la lecture ardue et ce livre laisse une impression étrange : on veut connaître l’assassin mais on a hâte de finir le récit car il est très dur à tout point de vue :
écriture lourde et récit brouillé.
Mais 1974 est important car il introduit la plupart des personnages qui apparaissent dans les livres suivants de la série.
1974 ne concerne pas directement le tueur en série mais Eddie Dunsford , personnage inclassable, grande gueule et porté sur la bouteille  et qui est le correspondant de l' Evening Post en matière d'affaires criminelle. Il étudie le cas d'un meurtre particulièrement atroce d’une petite fille, Clare Kemplay , et l' enquête qu'il mène tourne vite à l'obsession.
Il est persuadé qu'un lien existe entre cette affaire et d'autres filles disparues, une théorie que la police a violemment rejeté.
Même s'il est sur le papier , "Le" chroniqueur judiciaire du Post, Eddie se retrouve affecté au second plan lorsqu'un journaliste d'investigation ,autrefois nominé Reporter de l'Année, rentre en scène et suit sa propre enquête entachée d'erreurs et d'ènormités. Eddie n' arrive pas à l'accepter et poursuit une enquête parallèle sur ces disparitions et sombre lentement dans la folie.
Tout et tous se liguent contre lui, ses amis meurent, ses témoins également, il est passé à tabac par la police.
1974 est le récit d'une descente aux enfers ou le lecteur  ne peut s' identifier ou sympathiser avec aucun des personnages tant ils affichent leur vénalité, leur soif de pouvoir dans une totale indifférence. Beaucoup de vulgarité, de blasphème, racisme, sexisme,extrême violence sexuelle envers les femmes, et scènes de brutalité policière jalonnent le roman de Peace.

1977 se situe 3 ans après ( logique). On prend les mêmes personnages mais on en tire le pire.
Le Yorkshire, en cette année 1977 fête le jubilé de la Reine, et le Jack l’ Eventreur local s’en donne a coeur joie. Le second tome nous fait entrer dans l'histoire de l'étrangleur et ce thème restera pour la suite de la série.
Des prostituées sont sauvagement assassinées et la police est sur les dents. Nous retrouvons la même trame que dans 1974,et aussi les mêmes policiers, racistes, violeurs, violents et corrompus. Et la même déchéance humaine chez le sous-prolétariat d’une ville en pleine décadence.
Le tueur est de retour, et ses attaques sont de plus en plus fréquente.
La police veut absolument quelqu'un pour endosser ces crimes. Ici, les personnages principaux sont Bob Fraser, un sergent de police qui en 1974 donnait au journaliste Eddie Dunford  des information non officielles, et le reporter Jack Whitehead, l'ennemi juré de Dunford. Fraser et Whitehead ont quelque chose en commun, puisque tout deux s' offrent des prostituées.
Le récit amène un duo de narrateurs: Jack, le journaliste ,est alcoolique, et la tête pleine de fantômes. il ne se remet pas de la perte de sa femme. Puis Bob, le flic amoureux fou d’une prostituée, qui est également fortement attaché à son fils. Le dilemme est très dur à vivre, et il craint pour sa maîtresse.
Et la police aussi corrompue que dans le précédant opus, magouille entre tout ce beau monde. Le final amènera toutefois réflexion.
Pour la forme et le fond il n’y a pas trop de changements . Ecriture tranchée,et rythme saccadé. Un roman policier anglais beaucoup plus réaliste que la moyenne. Mais Peace cette fois accroche .Il n' y a certes pas un mot de trop dans ce récit,  mais ils attire le lecteur par sa justesse et  son intensité frénétique.


Avec 1980, Peace nous ramène avec un réalisme cru sur le sujet peu glorieux de la corruption policière.
L' enquête sur l' étrangleur du Yorkshire est reprise par le Sous-chef de police du Grand Manchester, Peter Hunter, un flic honnête évoluant parmi les ripoux.
Hunter se retrouve à la tête d'une nouvelle équipe pour mener une enquête parallèle, mais secrète. Publiquement leur tache sera de conseiller l'enquête officielle sur les méthodes à adopter , les pistes à suivre , les profils à surveiller.
Hunter ne fait pas beaucoup confiance à la plupart des forces de police en place ayant dans le passé enquêté sur certains collègues policiers qu'il soupçonnait à juste titre de corruption. Hunter fait trop bien son métier, et bien entendu, ce n'est pas pour plaire à certains
Hunter se retrouvera évincé après avoir été photographié avec son assistante dans les bras et fera lui-même l'objet d'une enquête.
C’est son adjoint, de Manchester comme lui, qui lui collera deux balles dans la peau. Tout ceci avec l’assentiment des autorités locales.
L' accroche est dans ce troisième épisode, plus appuyé. Et je dirais que la façon dont ce livre est écrit est plus engageant car plus mature.
Les techniques que l'auteur a utilisé pour tenir compte de l'horreur des événements, non seulement des meurtres, mais aussi de la corruption , mise en exerbe, de la police, sont désormais la marque de fabrique que Peace a perfectionné au fil des ses romans. Et ce qui fait de lui un auteur incontournable du polar.


Avec 1983 , la série se clos et le voile est levé sur les deux intrigues. Les flics du Yorkshire sont pourris jusqu' à la moelle et leur corruption est mise à jour et révélée. Quant aux assassinats d’adolescentes et de prostituées, ils semblent qu'il faille les imputer à un pasteur qui porte pour l’occasion le chapeau de la police.
1983 conclut le quatuor. On signale la disparition d’une petite fille à Morley, là où avait été enlevé et assassiné la petite Clare Kemplay neuf ans auparavant. Certaines personnes s’interrogent sur cet enlèvement. Et si le type arrêté à l’époque n’était pas le véritable meurtrier ? Et si le coupable courrait toujours ? Deux personnages vont être amenés à reprendre l’enquête.
On se déplace dans le temps par des effets de flashback entre 1983 et les événements de 1974, 1977 et 1980. Les histoires sont racontées par BJ, d'abord vu en 1974,prostitué gay et indic occasionnel, qui sait plus de choses qu’il ne le dit…    Puis par l'avocat John Pigott en1977,chargé de réhabiliter l’homme arrêté en 1974 et de défendre celui qui est accusé de ce nouvel enlèvement. Et pour finir ,le chef de police Maurice Jobson, membre du groupe de flics pourris qui règne sur les trois premiers tomes, mais qui possède encore assez d’humanité et de conscience professionnelle pour tenter de stopper le sadique à l’œuvre depuis plus d’une décennie.
 Ici, la plupart des questions posées par les livres précédents sont traitées, les réponses fusent entre ce qui s'est passé et qui était responsable de quoi.
1983 fait aussi office de lexique des trois premiers récits , une indéniable réussite formelle et narrative, dernier mouvement d’un requiem poignant et douloureux dédié aux victimes d’un lieu et d’une époque...



Ces livres ne sont pas faciles à lire et requièrent une attention particulière de notre part, nous lecteurs, pour garder le fil d'une histoire, certes tirée d'un fait réel , mais accouchée , il faut le dire ,dans la douleur . Cela peut paraître indigeste et plus d'une fois on se retouve perdu.
Mais l'auteur au fil de ses romans a affiné son écriture et a su reconstituer l'atmosphère particulière de cette époque.
Il est sur qu'on appréciera la galerie de personnages et surtout l'exposition sans condition de leurs travers et de leurs faiblesses.
Au final on est scotché parce qu' avoir côtoyer ces personnages , même si ce n'est pas vraiment une sinècure , cela nous pousse inéxorablement à connaître leur évolution dans la série et à suivre leurs périgrinations à travers cette décennie.

Mais si tout ceci est décrit de façon plus que réaliste , parfois outragée, David Peace porte sur ces événements troubles un regard acerbe entremèlé d'une critique sociale des plus cynique
Une fresque sombre et glaçante qui malgré ces erreurs et ces lourdeurs, est une pièce maitresse dans l' univers du polar.

Sherlock Holmes vs Jack the Ripper chez Frogwares Game ( PC /Xbox 360)


Petit dernier d’une très longue série de jeux issue et inspirée des grandes œuvres de Conan Doyle, cette nouvelle aventure de Sherlock Holmes vous ravira par sa complexité et son ambiance au summum du sordide. S’il est parfois un peu inégal dans son ensemble et pas toujours au point dans son doublage français, son univers graphique et sonore suffiront à vous entraîner dans une enquête haletante au dénouement original.

Londres 1888, district de Whitechapel, capitale des alcooliques, itinérants et prostituées. La misère la plus totale.
Au 221b de Baker Street, Sherlock Holmes s'ennuie. Aucune enquête intéressante n'attire son attention. Quand le Docteur Watson arrive avec le journal pour lui raconter l'horrible crime qui a eu lieu la veille dans le quartier de Whitechapel, le mode opératoire du tueur ne manque pas d'attirer l'attention du célèbre détective. L’aventure débute dans la résidence du célèbre détective qui s’apprête à vivre un automne plutôt mouvementé.
Holmes et Watson décident de se mêler de l'enquête, menant la leur en parallèle.
Un meurtrier sanguinaire a égorgé une prostituée et sème la mort un peu partout dans la ville.La police peine à trouver une piste sérieuse et les meurtres se multiplient, créant une véritable psychose.
Jack l’Éventreur, le terrible tueur en série fait des ravages dans ces bas-fonds de Londres, à travers les ruelles malfamées, où pauvreté et désolation sont le reflet de ces rues sombres du 19e siècle. Le plus grand détective de tous les temps pourra-t-il découvrir l’identité de ce terrible assassin et réussir à le mettre sous les verrous?

Percez à jour l'un des plus grands mystères de l'Angleterre et découvrez qui est Jack L'Eventreur. Menez l'enquête dans les bas-fonds du Londres du 19ème siècle, fidèlement reconstitués et plus vivants que jamais. Deux modes de vue accessibles à tout moment : en vue externe classique pour ne rien manquer de la scène, ou en vue subjective pour une immersion sans égale.

Disponible sur Pc et Xbox360, ce jeu de facture honnête est un jeu à énigmes et tiroirs.
Vous devrez contrôler Sherlock Holmes et par moment le Dr. Watson durant différentes étapes du jeu.



Lent ( ce n'est pas non plus un jeu d'arcade , et encore moins un jeu d'action), il amène à la reflexion.

Il vous faudra lire les documents récupérés, les rapports de police, sélectionner un objet trouvé, accéder à votre carte (qui ne vous montre jamais votre position actuelle) et le plus important, ouvrir votre tableau des déductions. Ce tableau vous permet de remettre de l’ordre dans vos indices récupérés sur les scènes de crimes. Vous devrez y faire vos propres déductions selon différents choix de réponses offert et lorsque vous aurez trouvé toutes les bonnes déductions, vous pourrez poursuivre votre aventure. La gorge a été tranchée de la gauche vers la droite, le meurtrier est gaucher, la victime a un bleu sous la maxillaire droite, on lui a arraché les intestins, etc.
Ces moments sont amusants et se déroulent sur la scène d’un meurtre.
Vous devrez aussi, bien observer le cadavre à l’aide de votre loupe. Vous y verrez alors des détails que vous auriez pu manquer et qui vous aideront dans vos déductions. Une fois tous les indices en place, vous devrez découvrir le mobile du meurtre.

Vous aurez également à régler certains puzzles. Que ce soit de débarrer une valise, connecter des fils, réparer une lanterne ou assembler une canne, de nombreuses énigmes d’une difficulté acceptable vous attendent. Il n’y a pas que ces puzzles qui vous feront progresser dans votre enquête, le dialogue avec les témoins, la police ou les personnages non-jouables serviront également à éclairer votre lanterne.

En bref une véritable enquête , fastidieuse pour certains, mais avec un scénario tellement intéressant qui nous plonge dans l' ambiance sombre du Londres du 19éme. De par l'atmosphère recréée et la progression logique et immersive du scénario et des énigmes, ce Sherlock Holmes contre Jack L'Éventreur est particulièrement addictif.

Quelques images tirés du jeu :

Docteur H.H.Holmes , le boucher de Chicago




Herman Webster Mudgett (16 mai, 1860 – 7 mai 1896), plus connu sous le nom d'emprunt de « Dr. Henry Howard Holmes« , est très certainement un des premiers tueurs en série américain, peut être le plus prolifique , mais aussi un génie du crime.
Holmes aurait emprisonné et assassiné probablement des centaines d'invités au Chicago hôtel, propriété qu'il a ouvert en 1893 pour l'exposition universelle. Il a admis plus de 200 meurtres , bien que seulement 27 n'aient été confirmés.

Herman Webster Mudgett est né à Gilmanton, New Hampshire. Fils de Levi Horton Mudgett et descendant d'une vieille famille de colons locaux. Il grandit sous une éducation strict prodigué par un père autoritaire , et est un enfant introverti.
Petit ,il subit des mauvais traitements d' autres enfants qui l'obligent, une fois, selon son témoignage, à voir et à toucher un squelette humain. De cette expérience nait sa fascination pour la mort et l' amènera plus tard à étudier la médecine.

Herman Mudgett reçoit son diplôme de l'école de médecine de l'Université du Michigan en 1884.
En tant qu'étudiant, il vole des corps au laboratoire de l'école avec un double objectif, en utilisant leur corps à fins d'expérience mais aussi pour frauder l'assurance,en défigurant les cadavres et déclarant que ces âmes malheureuses aient été accidentellement tuées.
Après avoir reçu son diplôme, il déménage à Chicago ou il pratique la pharmacie. Il commence également à s'engager dans un certain nombre de sombres sociétés immobilières, et affaires louches sous le nom du « H. H. Holmes ".Il vendra même un remède supposé contre l'alcoolisme.

Le 8 juillet 1878, à 18ans, Holmes épouse Clara A. Lovering de Alton, New Hampshire , une jeune femme d'une riche famille qui a payé ses études de médecine.
A l'obtention de son diplôme ,il délaisse Clara et va vivre avec une jeune et belle veuve, qui possédait un certain nombre d'auberges de jeunesse et qui le fait grassement vivre. Il fera un court séjour à New york, où il travaille comme médecin pendant un an et revient ensuite à Chicago.
Il décide d'ouvrir un hôtel, pour l'exposition universelle le 1 mai 1883 et séduira une jeune millionnaire, Myrta Belknap qu'il épouse Le 28 janvier 1887 après avoir définitivement adopté le nom de Holmes.
Etant encore marié à sa première épouse et ce faisant devient bigame. Il tente mollement un divorce de sa première épouse mais ne le mené pas à terme.
Gràce à des faux sous plusieurs identité, il réussit à escroquer 5000$ à Myrta pour se construire une somptueuse maison à Wilmette , dans la banlieue de Chicago.
Puis il obtient la propriété d'une pharmacie appartenant à une riche veuve à Englewood. Il réussi à devenir son amant  et devenu propriétaire de tous ses biens , l'a fait "disparaître".
Il épousera une troisième femme le 9 janvier 1894 et aura également des rapports avec Julia Smythe, l'épouse de Ned Connor, un de ses employés. Julia deviendra l'une de ses victimes.
Holmes était bel homme et savait user de son charme auprès des femmes de la société qu'il n'a aucune difficulté à séduire.

La pharmacie de Holton était situé au coin de Wallace et de soixante-troisième rue, dans la banlieue de Englewood. Holton souffrait du cancer et son épouse s'occupait du magasin. Gràce à son charme, Holmes y trouve un travail et manoeuvre habilement pour racheter le magasin. Une fois Holton mort, Holmes assassine l'épouse et élabore un mensonge pour sa famille et ses amis , leur narrant le déménagement de Mme Holton pour la Californie. Holmes fera de cette pharmacie et du reste de l'immeuble , son hôtel, son "château de l'horreur" comme on le nommera plus tard.
Pour amènager son château, Holmes se tourna vers plusieurs entreprises, qu'ils s'arrange pour ne pas payer, et qu'il quitte même sans avoir achevé les travaux. Ainsi, il est le seul qui connaissait en détail le bâtiment , ses caches et chambres cachées, ses sous sols piégés et ses prisons. 

Le "Château" de Holmes fut terminée en 1892 et l'Exposition de Chicago ouvre le 1er mai 1893. Pendant cette période de six mois ,l'usine de mort de Holmes tourne à plein régime.L' hôtel est complet et le bourreau choisi ses «clients» avec prudence. Elles doivent être riches, jeunes, belles, être seule et ne pas recevoir de visites à l'improviste d'amis ou de parents.
Le rez de chaussée relativement normal , outre l'accueil est composé de boutiques comme la pharmacie ou une bijouterie , mais Holmes installa au sous-sol et dans les étages supérieurs des centaines de pièges, des escaliers qui ne mènent nulle part, des chambres secrètes, des portes coulissantes, des labyrinthes et des passages secrets à partir desquels il épie ses clients.
C'est un labyrinthe de plus d'une centaine de salles sans fenêtres avec des portes qui s'ouvrent sur des murs de brique et ou qui ne peuvent être ouvertes de l'extérieur
Caché sous le plancher, un système ingénieux électrique permet gràce à un tableau d'affichage caché dans le bureau de Holmes, de détecter le moindre mouvement de ses futures victimes. La simple ouverture d'un robinet de gaz peut asphixier les occupants de quelques chambres.

Holmes utilisera une variété imprèssionnante de machines de torture "spéciales", plongeant ses victimes dans une fosse remplie d'acide, ou les enchaînant à un presse rotative qui lentement leur écrase les os. Certains sont simplement enfermés à clef dans des chambres à coucher insonorisées et laissés à une mort certaine.
Aussi normal que cela paraisse , il pratique les autopsies même si la victime est toujours en vie.
Les corps des victimes sont ensuite méticuleusement disséqués, dépouillés de chair, et vendus aux écoles médicales. Holmes a également incinéré une partie des corps ou placé dans de la chaux vive.IL a eu deux fours géants aussi bien que des puits d'acides, des bouteilles de divers poisons. il a même expérimenté l'avortement sur plusieurs de ses « patients ».
Lorsque la police fouilla le château , elle découvrit des chambres dont les murs ou plafonds mouvant pouvait broyer les victimes, des chambres à gaz, les pièges qui activaient toutes sortes de lames ,de fléchettes empoisonnées, ou de coups de feu. Dans une pièce, surnommé "le donjon, a été installé un nombre impressionnant d'instruments de torture. Holmes en médecin sadiques avait recrée un musée de la torture comparable à la Tour de Londres.

Avec la fin de l'Exposition Universelle, le chiffre d'affaires de l'hôtel est en chute libre et bientôt Holmes a besoin d'argent.Il arnaque encore une fois l'assurance en brulant le dernier étage de l'hôtel et lui réclame 60000$.Mais les assureurs découvrent que le feu a commencé dans six endroits différents de l'hôtel et Holmes s'enfuit au Texas, où il vivra d'arnaques.
il « hérite » d'une propriété appartenant à deux soeurs ,héritière d'un chemin de fer, qu'il a assassiné après avoir promis le mariage à l'une comme à l'autre. Là il cherche à construire un autre « château » mais bientôt abandonne son projet, trouvant le cadre légal Texan très "inhospitalier".
 Il a continué à se déplacer à travers les Etats-Unis et le Canada, et il semble qu'il ait continué à tuer, les seuls corps découvert dans cette période étant ceux d'un complice et de trois de ses enfants .

Il est arrêté en 1894 ,la police ayant découvert son implication dans une fraude à l'assurance-vie avec l'associé d'affaires qu'il a assassiné, Benjamin Pitezel .Ce dernier a accepté de truquer sa propre mort de sorte que son épouse puisse toucher $10.000, et qu'elle devait partager avec Holmes.

La police de Chicago décide de fouiller le château d' Holmes qu'elle soupçonne d'autres disparitions et meurtres,au même modus operandi.


Après que le gardien du château l' ait informé qu'il n'ait jamais pu être autorisé à nettoyer les planchers supérieurs, la police effectue une recherche complète sur plusieurs mois dans les étages et sous-sols de l'immeuble et y découvre les atrocités commises .
Un feu d'origine inconnu détruit totalement le bâtiment le 19 août 1895.

Le nombre des victimes de H.H.Holmes a été estimé entre 20 à 100, jusqu'à 230, si on se base sur les disparitions inexpliquées de cette époque et le témoignage des voisins qui ont rapporté l'avoir vu accompagné de jeunes femmes non identifiées.Le seul nombre vérifié est 27, bien que la police ait commenté que certains des corps retrouvés dans le sous-sol étaient tellement démembrés et décomposés qu'il était difficile d' en établir un nombre exact. L'immeuble a aussi brulé avant qu'une recherche approfondie soit terminée.
Les victimes de Holmes étaient principalement des femmes, mais aussi quelques hommes et enfants.


Holmes a été inculpé pour le meurtre de Pitezel, et après ses aveux pour 27 meurtres commis à Chicago, Indianapolis et Toronto, et six tentatives de meurtres .
En prison , il perçu 7.500$ d' "Hearst Papiers" en échange de l'écriture de sa biographie.

Après un procès houleux , il est condamné à mort à 35 ans par le tribunal de Philadelphie et le 7 mai de cette année, il est pendu à la Prison du comté. A cause de la corde mal placée , le cou ne s'est pas rompu instantanément, provoquant une agonie douloureuse de plus de 15 minutes.
Pour empêcher son corps d' être mutilé ou volé ,Holmes demanda à être enterré dans un cercueil rempli de ciment. Il le fut dans une fosse deux fois plus profonde et remplie elle même de ciment . La tombe ne fut ni marquée ni identifiée. Les avocats d' Holmes rejetèrent 15.000 $ d'un institut médical désireux de s'offrir le cerveau de l'un des premiers meurtriers en série  de l'histoire américaine.

Miso Soup de Ryu Murakami

...Rencontre avec un tueur...

Kenji, à peine sorti du lycée, propose ses services en accompagnant des touristes Américains dans les quartiers chauds.
Il démarche ses clients au moyen de petites annonces passées dans le Tokyo Pink Guide, journal gratuit tokyoïte au nom évocateur , afin de les guider dans Kabukichô, la nuit quand le quartier s’échauffe et se pervertit...
Les gaijin se ressemblent tous... gras, blancs, plutôt gentils et paumés comme des Japonais. Leurs goûts sont simples, ils sont prévisibles. Bref, le jeune homme se demande pourquoi ses compatriotes ont tellement de mal à comprendre les étrangers. Jusqu’au jour où il rencontre Frank.

La rencontre avec son nouveau client américain déstabilisera Kenji et le changera à jamais.

« Franck » n’est pas un touriste lambda, en quête de frissons, c’est un énigmatique voyageur du crime qui se dit importateur de pièces détachées pour Toyota (plutôt ironique). Il est  venu au Japon pour goûter à la soupe Miso dont les Japonais se régalent quotidiennement. Il souhaite en effet savoir « quel genre de peuple pouvait boire une soupe pareille tous les jours… »
Au début, tout est simple : Frank veut faire des rencontres avec les prostituées du quartier. Mais bientôt il manifeste un comportement assez imprévisible, aux confins de la perversité.
Il pose des questions étonnantes , amorales et glaciales :
"Partout dans le monde, c’est pareil, non, je veux dire, n’y a-t-il vraiment personne au monde qui ait plutôt envie de caresser la joue d’un clochard, et d’assassiner un bébé ?"

Légitimement inquiet, Kenji apprend que des meurtres immondes ont eu lieu dans le quartier. Au fait, où loge vraiment Frank, et qui est-il? De bar à hôtesses en karaoké, de branlodrome en terrain de base-ball, le jeune Japonais découvrira la personnalité de son client.
Face à ce personnage ambigu, Kenji fait le lien entre lui et les terribles meurtres que les journaux relatent. Il en est certain : ce client qu’il promène en ces lieux sordides est un tueur sanguinaire, un chasseur sans scrupules qui s"amuse à charcuter les corps . Mais une peur viscérale l'habite car sa vie est en jeu ; mais aussi celle de Jun, sa petite amie, dont Franck connaît l’existence.
Il devient alors la victime du jeu du chat et de la souris instauré par Franck.

Ce roman glacé n'est pas un polar au sens strict du terme mais une étude sociologique d'un Japon victime de démesure technologique, de surconsommation, où les traditions familiales ne peuvent qu’abdiquer, face à cette nouvelle génération sans âme et dépourvue d’idéal. Il dénonce ainsi cette masse impersonnelle ployant sous le poids des richesses capitalistes et  accablée par sa propre solitude.
D'ailleurs La prostitution n’a pas de but : les lycéennes japonaises qui s’y adonnent n’ont pas de besoin matériel.

Kenji est certes le narrateur du récit et guide de surcroît, mais il est pareil à une marionnette . Le récit s’entremêle de ses nombreuses descriptions, de ses introspections angoissées, de ses analyses lucides, de ses dialogues avec Franck et sa petite amie. Il ne semble que spectateur, ce qui désoriente d’autant plus le lecteur.

Mais les massacres sanguinolents que Franck perpétue rappelle la déshumanisation d'une société spectatrice ( d'ailleurs aussi bien japonaise qu'américaine). La violence est noyée dans l’indifférence générale, ici symbolisé par Kenji, qui -au-delà d’un instinct de survie évident - se fait hypnotiser, anesthésié par son bourreau, à l’instar de toutes ses victimes.

Un roman dur à l' écriture parfois indigeste mais un roman culte, l'American Psycho Japonais.

"Dans la Brume électrique " de Bertrand Tavernier d'aprés James Lee Burke

C'était un vrai pari que d'adapter au cinéma un roman de James Lee Burke, styliste du polar comparé pour son lyrisme aux grands de la littérature américaine et dont l'aura rayonne bien au-delà des frontières du genre. Ce défi, le Français Bertrand Tavernier l'a relevé pour sa première production américaine ( exercice difficile), en s'attaquant à l'un de ses livres les plus forts et les plus complexes, "Dans la brume électrique ".

L'intrigue fait resurgir un crime raciste d'un passé très récent, et se développe en spirale autour des traumatismes du flic Dave Robicheaux, rongé par l'alcool (...décidemment) et les remords, doué comme pas deux pour aimanter le Mal.

Dans la brume électrique est un roman policier américain, qui fait découvrir au lecteur ce personnage dense et profond, pétri d’humanité qu'est Robicheaux, mais aussi un coin des États-Unis chargé d’Histoire.
Région délimitée par trois points : New Iberia, Bâton Rouge, Lafayette et une société à deux couleurs, les Noirs, les Blancs, qui porte en elle les stigmates d’un passé violent entre esclavage et Guerre de Sécession.

L’intrigue policière est double . Au présent, avec la recherche d’un tueur psychopathe et sadique tendance charcutier d’épouvante, et au passé, trente-cinq ans auparavant, alors qu’il était encore étudiant, Dave Robicheaux a été témoin d’un crime : deux Blancs ont abattu un Noir dans les bayous. Le tout sur fond de tournage d’un film d’époque consacré à la Guerre de Sécession, en partie financé par Baby Feet Balboni ( John Goodman), mafioso du cru parti à La Nouvelle–Orléans, revenu pour le film et que Robicheaux connaît depuis l’enfance.

De retour chez lui après une investigation sur la scène d’un nouveau crime infâme, Dave fait la rencontre d’Elrod Sykes, l'acteur principal. Elrod raconte à Dave qu’il a vu, gisant dans un marais, le corps décomposé d’un homme noir enchaîné. Cette découverte fait rapidement resurgir des souvenirs du passé de Dave. Mais à mesure que Dave se rapproche du meurtrier, le meurtrier se rapproche de la famille de Dave...

Première impression forte : dans le rôle de Dave Robicheaux, Tommy Lee Jones apparaît comme une évidence,tant il exprime le malaise insondable du personnage.
L'acteur sait magistralement interprété les personnages qui s'interrogent ,tourmenté et torturé ( a voir impérativement ce fabuleux drame qu'est " Dans la vallée d'Elah ").Il n'a pas d'ailleurs a joué beaucoup tant sont visage , marqué, Est et Restera Robicheaux.

Les scènes où affleure ce mal-être sont aussi choc que celles où éclate sa violence contenue. Désormais, quand je lirai une enquête de Robicheaux, je ne pourrai m'empêcher de voir le visage et la silhouette de Tommy Lee Jones.

Deuxième réussite, et pas la plus accessible: le réalisateur a parfaitement restitué l'atmosphère poisseuse, le parfum de malédiction, l'horizon désespérement bouché de la Louisiane de Burke. La chaleur , l'humidité et une présence entêtante de paysages hybrides, entre ciel et terre, aux frontières brouillées par l’eau : océan, bayous, pluies.Une nature magnifique mais violente et dangereuse, comme les hommes.

D'autant qu'il a situé l'histoire de nos jours, en y intégrant les effets de l'ouragan Katrina.
Tavernier a sublimé le roman ,évoquant aussi les "femmes" de Robicheaux, sa compagne et sa fille, ou intégrant de vrais surprises, comme le personnage du vieux musicien noir Hogman Patin (interprêté par la star du blues Buddy Guy...choix trés judicieux).

 Le film se révèle très convaincant...et amenera j'en suis sur de nouveaux lecteurs à James Lee Burke


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