Mad Dogs de James Grady

James Grady avec Clancy et Litell est un des grands maîtres du roman d’espionnage américain. On le connait surtout pour son oeuvre majeure , les Six jours du condor (devenu Les trois jours du même volatile pour l'adaptation cinématographique qu'en a fait Sydney Pollack avec Robert Redford et Faye Dunaway.

Mad dogs est dans la même veine

Cinq Fous : Vic, Eric, Zane, Russel et Hailey sont des ex espions
... Victor, le narrateur, Zane, cheveux et barbes blancs, Eric l’ingénieur de haut vol, Russell l’ancien rocker, Hailey, belle, classe et noire.
Tous ont travaillé  pour la CIA , rempli des missions troubles et d'une moralité douteuse au nom d' un certain idéal impérialiste que l'on connait maintenant .
Ils sont implacables, cinglés et gardés au coeur des bois dans une clinique top secrete , une espèce de "château" psychiatrique au fin fond du Maine. Le Dr Friedman est le psychiatre remplaçant pendant une quinzaine mais un matin il est retrouvé assassiné et Vic sent tout de suite que ce sont eux qui vont porter le chapeau.
Efficace et discret, le meurtre porte la signature de «l'Agence». Les patients seront fatalement accusés. Comment s’innocenter sinon s’évader et retrouver les coupables ?
Résumé de cette façon cela semble cousu de fil blanc et pourtant je vous assure que ce polar est une petite merveille de suspense et de subtilité.. Commence alors une cavale hallucinante et hallucinée pour ces cinq «chiens enragés» ...

Grady a décider de relever la sauce en prenant non pas un mais cinq espions, et choisissant d’en faire des gens franchement déséquilibrés, avec d’excellentes raisons de l’être.
Ajoutez à cela une course encore plus stressante contre la folie (car nos cinq cinglés n’ont plus leurs médicaments sous la main), et vous obtenez un résultat beaucoup plus original, et même franchement passionnant.l'écriture est très particulière...l'auteur ne s'arrête jamais. 
James Grady imprime un rythme d’enfer à sa cavale, intercale parfaitement les retours en arrière qui expliquent la folie de chacun, réussit superbement ses scènes d’action, et nous offre quelques scènes d’anthologie. Pour compléter le tableau, il dresse, en toile de fond, une peinture pas franchement rassurante (même si elle n’est pas forcément étonnante) des actions de l’ombre des US de ces 20 dernières années, et de la paranoïa grandissante qui règne dans le petit monde de l’espionnage US depuis le 11 septembre.
Ca va d'ailleurs tellement vite que c'est difficile de suivre le fil. On aurait presque l'impression de devenir fou nous aussi.

Dennis Lehane dit de Mad Dogs que cela " fonce pleins gaz, on est pied au plancher jusqu'à la dernière page". Cette image est vraiment très juste !


Et puis chaque personnage à son histoire propre, sa guerre propre et ses blessures propres. On plonge alors aussi bien dans la guerre du Vietnam qu'en Irak, qu'en plein 11 septembre. On va en Malaisie, en Afrique et on parcourt tout le pays pour arriver jusqu'a Washington DC ...Cinq personnages traités différemment avec leurs blessures, leur secrets, leur honte aussi
Avec cette variation sur le thème de l'espion aux abois qui doit survivre dans un monde hostile pour faire triompher la vérité ; Grady n'a pas son pareil pour installer un climat de paranoïa et jouer avec les perceptions déformées de ses personnages


Après avoir été journaliste politique et attaché aux commissions sénatoriales, James Grady a publié de nombreux romans et nouvelles, mais écrit également des scénarios pour la Paramount, Universal et la Twentieth Century Fox...des scenarios d'espionnage ..bien sur...

Mad dogs est un roman définitivement rock’n roll, sans temps mort mais qui se lit beaucoup trop vite malgré ses presques 600 pages

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