40 ans, 6 morts et quelques jours de Victor Rizman

Un petit coup de pouce n'ayant jamais fait de mal - et d'ailleurs ne suis-je pas missionné par le dit auteur ? - , découvrez aujourd'hui le nouveau thriller de Victor Rizman


Un roman au coeur de la communication, explorant les limites de la manipulation.
Trois hommes qui doutent et qui cherchent , mais qui ne s' épargnent pas dans leur introspection.
Bien sûr un peu de suspense et de mystère mais surtout une bonne claque d'humour noir.
Mais jugez plutôt en visionnant la bande annonce



Victor Rizman est issu du milieu de la Com' mais il a aussi écrit pour le théatre et diriger des acteurs. Son livre , il l'a vu comme un film qui s'est construit petit a petit à la manière des polars américains mais avec des personnages attachants et malgré tout humains.

Ce roman parait aujourd'hui 24 mars

Tokyo de Mo Hayder

A partir d’un fait historique survenu en 1937 à Nankin ( Chine) lors de la guerre sino-japonaire, Mo Hayder nous a écrit un vrai thriller efficace et glauque à souhait.
Grey, jeune anglaise au passé trouble débarque à Tokyo afin d'y retrouver un vieux professeur chinois, sensé être en possession d'un document historique unique sur ces massacres commis par l'armée japonaise.
 Mais le professeur refuse de discuter avec elle de cette question. Grey, qui a tout largué pour venir au Japon, doit essayer de subvenir à ses besoins. Elle devient hôtesse dans un club où elle fréquente un vieux yakusa, puissant et respecté. Cet homme, étrangement, va devenir son principal atout pour parvenir à ses fins : voir enfin le film des atrocités de Nankin, qui la hantent depuis qu'elle est petite...

Les deux personnages principaux de ce roman même une quête personnelle. Leur rencontre leur permettra à chacun de pouvoir la mener jusqu’au bout…
Le roman est construit dans le présent avec la vie et l’évolution de Grey depuis son arrivée à Tokyo et le journal de ce vieux professeur d’université, rescapé du massacre de Nankin. Journal qui relate certains évènements (vécus ou vus par lui) se déroulant à Nankin lors de ce terrible décembre 1937.

Le personnage de Grey, énigmatique, troublant, dérangeant (lourd passé psychiatrique, obsession pour le sexe, fascination pour les horreurs commises pendant la guerre) est très réussi, il intrigue et en même temps, émeut, quelque part.  J'ai adoré cette héroïne dont on comprend bien qu'elle a été internée mais sur laquelle on ne sais pas grand chose de plus.
Le passé de Grey, qui se dévoile très lentement, est mis en contrepoint avec sa quête présente, dans un Tokyo étrange, presque hors du temps. L'entremêlement du récit actuel et du journal du vieux chinois de Nankin est habilement réalisé, laissant entrevoir peu à peu une réalité inavouable, d'autant plus qu'elle repose sur des faits historiques réels...

Il y a aussi cette ambiance typique des écrivains japonais entre réalité, onirisme et fantastique et l'étrange  maison qui est presque un personnage du récit à part entière.
Le personnage de Jason est peut etre de trop.
Les horreurs de Nankin et de celle plus personnelle du vieux chinois suffisent largement à tenir ce roman en haleine.  Par contre, le personnage de la nurse est inquiétant aux possibles et confirme que quelles que soient les mafias, les armées, ou tout simplement les hommes, nous sommes capables des pires atrocités, au nom de quoi, je me le demande bien !

C'est un thriller non conventionnel qui vous embarque inexorablement vers une fin horrible et pressentie qui joue habilement avec l'imagination du lecteur., une ambiance étrange et glauque, des anti-héros, quelques faits historiques...

Il est des livres dans lesquels on se plonge instantanément, sans plus pouvoir m'arrêter. C'est assez rare et Tokyo est l'un de ceux là.
Un grand thriller, âmes sensibles s'abstenir...

Avant le gel de Henning Mankell


.......«Vous avez retrouvé le... reste du corps?»

En Scanie, aux abords des bois d' Ystad , et à la douceur de la fin aout, la police fait une atroce découverte : une tête de femme coupée,  les deux mains fermées dans une attitude de prière. Une Bible poisseuse de sang se trouve à côté de la victime, les pages marquées et griffonnées de corrections.
Une série d'incidents macabres, notamment l'immolation d'animaux par le feu ( des cygnes ont été aspergés d'essence et transformés en torches volantes), ont eu lieu, et l'inspecteur Kurt Wallander craint que ces perturbations pourraient être le prélude à des attaques sur des êtres humains à une échelle encore plus alarmante. Et pourquoi as des sacrifices humain ?
Après 15 ans de bons et loyaux services et d'enquêtes déprimantes, l'inspecteur Wallander aurait bien voulu prendre un peu de champ et ne plus porter la misère du monde à lui tout seul mais décidemment, il y a quelque chose de pourri au royaume de Suède. Un gourou, une secte, des fidèles fanatiques prêts à mourir et faire mourir sur ordre : on entre vite dans l'hystérie.

Mais cette fois ci une page se tourne chez Mankell.
Linda Wallander s'ennuie. Tout juste diplômé de l'académie de police, elle est impatiente d'endosser l'uniforme et de commencer à travailler au poste de police d'Ystad,
Bientôt, elle se retrouve impliquée dans une affaire parallèle. Celle de son amie d'enfance Anna, qui croit reconnaître son pére disparu dans un homme rencontré par hasard, et qui elle même, finira par disparaitre.
Linda, jeune femme têtue, impatiente de faire ses preuves, accumulera les erreurs de débutant et mettra irrémédiablement sa vie en danger.
Elle se lance contre l'avis de son père , dont elle partage déjà l'anticonformisme et l'irrascibilité , dans cette enquête qui la mènera vers une secte religieuse fanatique, résolue à punir les pécheurs de ce bas monde.

La double enquête du père et de la fille et leur confrontation faite d'amour et de suspicion fait la qualité première de ce polar. L'histoire elle-même, si elle est glaçante et malgré la présence inquiétante des paysages, la mélancolie de l'atmosphère et le véritable sens du détail et des silences de Mankell, elle reste attendue.
L'intérêt de ce polar tient donc plutôt dans le passage de relais entre le père et la fille, lui tout en incertitude bougonne, elle toute en impatiente et défiance. Kurt Wallander tenant toujours les rênes, surveille sa progéniture en éternel protecteur, maladroit devant une enfant qui lui ressemble trop.

Dans ce Roman, tous cherchent. Tous les personnages cherchent, tout le monde cherche...
Wallender, le commissaire cherche une maison et cherche à savoir.
Sa fille Linda cherche son amie Anna. Anna cherche son père disparu.
Jim cherche Dieu...
Ces enquêtes s'entrecroisent, nous poussent à la lecture et
....l'on cherche aussi... impossible d'abandonner...

Henning Mankell passe le relais à Linda face à un Kurt fatigué et dépressif dont les névroses, alcoolisme et autres faiblesses sont moins présentes que précedemment .
Ces névroses , peut-on penser , sont d'ailleurs propre aux policiers nordiques - on retrouve cet archétype chez l'Erlendur d' Indridason.
Stefan Lindman que l'on verra dans " le retour du professeur de danse" fait aussi ici sa première apparition.

Un bon roman tortueux a souhait, ou le suspense reste assez bien mené et ou ,comme toujours avec Mankell, les descriptions de la société et de ses travers sont assez prenantes.


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