Sans feu ni lieu de Fred Vargas

Clément Vauquer est un jeune homme si lent d'esprit et si stupide au point d'exécuter ce qu'on lui demande de faire sans se poser de questions, et assez aveugle pour ne pas voir la manipulation. C'est le pigeon idéal.
Tout l'accablant , il est accusé de meurtre .
Lorsque son portrait s'étale à la une de tous les journaux et que tous reconnaisse en lui le tueur en série de jeunes parisiennes, il n'y a que la vieille Marthe pour croire à son innocence. Cette ancienne prostituée, qui avait pris Clément enfant sous son aile, va tout faire pour prouver l'innocence de "son petit".

Elle fait appel à Louis Kehlweiler, ancien flic de l'Interieur mais aussi ancien client et ami de longue date, qui va mener l'enquête et  tout faire pour élucider l'affaire.
Alsacien ,il est surnommé l'Allemand mais est aussi paumé qu'Adamsberg qu'on verra par la suite. D'ailleurs les personnages des romans de Vargas ont tous des défauts caricaturaux,  beaucoup de mal à s'integrer dans le monde réel , et une passion dévorante hors norme. Kehlweiler, lui rédige une biographie de Bismarck !!! 

Les personnages sont attachants, y compris le présumé coupable, et toujours décalés, comme Vargas sait si bien les inventer.
Clément l'accordéoniste est quand même un brin demeuré et a le chic pour s'emmeler. Bizarre et intriguant, il devient attachant au fil des pages.

Quant à l’intrigue, elle est bien menée, on peut faire confiance à l’auteur : prenante, sans temps mort, pleine de rebondissements. Même si j’avais malheureusement subodoré l’identité du coupable.
Une intrigue avec un coupable idéal qui n'est donc pas le vrai mais envers lequel l'histoire entretient toujours un doute...

Et c'est aussi dans ce roman là qu' on retrouve St Luc, St Matthieu, et St Marc, les Evangélistes.
L' idiot Clément , traqué par toutes les polices de Paris et de Nevers,echouera chez eux , en planque malgré lui.
 Les trois amis historiens qui se découvrent page après page, sont relativement caricaturaux et semble à peine adultes. Fred Vargas elle même historienne et spécialiste du moyen-age a certainement du distiller ça et là quelques anecdotes vécues.

Mais ce sont eux qui font l’originalité du roman, leur chaleur, leur humanité et ce, sur un ton joliment drôle où leurs multiples péripéties y contribuent amplement.
Ces personnages sont bien de leur époque, trois chomeurs hyper-diplomés s’associant pour partager un logement et vivant de petits boulots,
Ils occupent leur maison par couches chronologiques, comme sur un terrain de fouilles, une triade d'abord : un préhistorien au premier, un médiéviste au-dessus, puis un spécialiste de 14-18. Matthias, Marc et Lucien ; Et au grenier, le Vieux Vandoosler , l'archiviste, c’est Dieu au dessus de tout ,  ex-flic douteux et fatigué.
L'homme de la Préhistoire et l’Age de Pierre se balade nu; Le parrain débonnaire du grenier fait du gratin pour tous, tandis qu’un immonde crapaud gîte dans la poche de Kehlweiler, l'allemand.
Pour vous metttre dans l'ambiance !
Ils sont à ce point attachant que Vargas s'y est elle même attachée et qu'aprés "Debouts les morts" et "un peu plus loin sur la droite " c'est leur troisième apparition .

Ce qui est intéressant dans Vargas, c’est autant le contexte, la marginalité dans laquelle évoluent les intervenants que l’intrigue elle-même.
Un bon cru et surtout un roman qui mise agréablement sur le décalage et l'absurde.

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