Une enquête au pays de Driss Chraïbi


Ce soir je ne vous propose ni un polar , ni un thriller mais une simple enquête policière qui tient plus du récit initiatique. Ce livre vous transporte littéralement hors du temps ,de l'espace mais aussi de nos conventions futiles d'occidentaux.

L'inspecteur Ali va passer deux jours flanqué de son chef dans un village oublié au coeur du Haut-Atlas  marocain, à la recherche d'un mystérieux coupable.
Les deux policiers tentent de mener une enquête et se heurtent à la rudesse du paysage et du climat autant qu'à la simplicité frustre des habitants
Dans ce village fantômatique, l'inspecteur va vivre les émotions les plus intenses de son existence qu'il retrace avec son chef. L' humour et les pitreries d'Ali, de même que les vaines colères de son chef ne pas sans rappeler les personnages d'une bande déssinée.
Parfois très drôle, parfois lourd, mais au fur et à mesure de la lecture,on finit par s'immerger dans
le style de l'auteur et à s'attacher aux personnages.

C'est plus un voyage qu'une enquête , un  hymne sensuel à la terre natale et une vision désidéalisée du Maroc .
 Une enquête au pays mêle l'humour  et la réflexion en confrontant deux sociétés et deux époques qui ont bien du mal à dialoguer entre elles.
 Et c est aussi, pour Driss Chraïbi, l'occasion de dénoncer, non sans ironie, l' absurdité du pouvoir des chefs de villages  et les dangers d'un 'progrès' occidental importé qui a tendance à détruire les valeurs traditionnelles de la société arabo-berbère.

Dans Une Enquête au pays, le fait d'être intrus dans une communauté de berbères amène les deux personnages principaux, le chef et son inspecteur, à une prise de conscience individuelle, à voir l'intrus en eux-mêmes, qui les dérange et qui les trouble.
C'est un livre vraiment trés bien écrit et qui puise sa force, non seulement dans son modernisme mais qui met dos à dos histoire coloniale et histoire identitaire.

Driss Chraïbi est l'un des plus grands écrivains marocains. A son enterrement en 2007 au cimetière des Chouhadas à Casablanca, Tahar ben Jelloun dira de lui qu'il était " l'écrivain-monde ", " l'ancêtre des marocains" .
Une  littérature sans concession empreinte de rage et de révolte. Son premier roman « Le Passé simple » (1954) a été pour les maghrébins aussi important que « L’Etranger » d’Albert Camus "

Une agréable surprise puisqu'un livre acheté , je l'avoues , aux hasards d'errances dans quelques librairies parisiennes et ma foi, mis dans mon panier sans trop de conviction   , pressé par le temps.
Une accroche....peut être à laquelle j'étais destiné ...Qui sait ?

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