Zulu de Caryl Ferey


Nous suivons ici une équipe de la Brigade des Homicides du Cap, en Afrique du Sud, menée par Ali Neuman,chef de la police criminelle, un zoulou traumatisé par les années d’apartheid.
Enfant, il a vu sa famille se faire massacrer et a fui avec sa mère le KwaZulu en proie aux rivalités entre Inkhata et A.N.C.
Jusqu'au jour où alors qu'il enquête sur une agression dont a été victime sa mère, le corps atrocement mutilé de la fille d'un ex-champion du monde de rugby est retrouvé dans un jardin
botanique.
Neuman va alors enquêter aves ses adjoints, Brian Epkeen et Dan Fletcher.
Epkeen, son bras droit, un Afrikaner dur à cuire, vit sa vie comme une course de bolides. Fletcher, le jeune bleu, tente de cacher sa peur face à la violence à laquelle il est confronté tous les jours en sillonnant les ghettos de la vil

Ce thriller est dense, violent. Le rythme ne baisse jamais et monte à certains moments d'un seul coup, sans qu'on le voie venir.On ne sort pas indemne de ce roman.

C'est un roman complexe ou les personnages sont tous attachants malgré un quotidien sombre et sans espoir...et pour le coup, les criminels sont vraiment méchants, plein de haine... à faire froid dans le dos!

En ce qui concerne le milieu social, politique, culturel et économique,l'Afrique du Sud est un élément important pour ce qui va être dit, contrairement à ce qu'il va se passer.
La gageure, pour le gouvernement post apartheid, est de donner du pays l’image d’une nation réconciliée, apaisée…
Pari difficile, voire quasi impossible, en cette année 2007, qui voit les statistiques de la délinquance culminer à des sommets jamais atteints, le taux de pauvreté n’ayant rien à leur envier… : « La première démocratie d’Afrique est devenue le pays le plus dangereux du monde ».
Drogue, guerre des gangs, trafic d’armes, sida…, les fléaux qui déciment la population des townships se comptent par dizaines, les premières victimes en étant les enfants.
La guerre est omniprésente, guerre entre gang surtout.
Et On tue pour un rien, on promet pour mettre une balle dans le dos. On injecte des virus aux enfants des rues parce que, qui va s'en apercevoir ??

Ajoutez à cela la ténacité des rancunes opposant non seulement noirs et blancs, mais aussi les ex-membres des diverses factions plus ou moins extrémistes qui, du temps de l’apartheid, luttaient les unes contres les autres, et vous aurez, peut-être, une petite idée de la morosité, du pessimisme qui se dégagent du dernier roman de Caryl Férey, « Zulu ».

C'est donc un polar très intéressant, tant du point de vue de la forme que du fond économico-culturel ou du fond de l'histoire !
Les coups de poignards existe bel et bien dans ce polar mais pour moi, Caryl Férey en donne tout du long de l'histoire. En pointant du doigt sur les violences qui sévissent encore, sur la pauvreté, sur les "vieux ennemis qui agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale" (couv), et sur la tournure des évènements.

Zulu est à lire absolument ...Certains ne se sont pas trompés puisqu'il a obtenu huit prix en 2009 dont le Grand Prix de Littérature Policière et est d'ailleurs en cours d’adaptation pour le cinéma.

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