Les Saigneurs du Village de William judson



Vous allez comprendre que c'est plus un choix personnel qu'un conseil littéraire.

Pour résumer Georges Waddy , petit dealer sans envergure ,griévement bléssé , perd la mémoire et est recueilli par une mystérieuse jeune femme et échoue à Killman’s Landing , autrement surnommé Saigneville .
C'est un drôle de village ou quelques âmes damnées vivent en autarcie. Ces villageois austères qu’on pourrait confondre avec de gentils quakers écolos sont en réalité de redoutables tueurs, membres d’une organisation criminelle a la solde du FBI, de la CIA et du KGB.
Ce sont eux qui ont éliminé Jesse James, Martin Luther King, Robert Kennedy, l’ex roi Farouk, le pape Pie XII et même le général de Gaulle ( sic...et oui tout un programme !!!)

Dans ce village, les filles comme les garçons, à partir de douze ans, sont initiés aux armes à feu, aux technologies de pointe et à la pharmacologie.
Une fois rétabli, George Waddy épouse Pauline sa salvatrice et devient de ce fait membre de droit de la communauté. Il est alors prié de prononcer ses « vœux » qui feront de lui un tueur à gages chargé d’un premier contrat : éliminer l’attorney général des Etats-Unis. Mais rien ne va se passer comme prévu.

Je crois savoir qu'aussi loin que puisse remonter ma mémoire, ce bouquin est certainement le premier polar qu'il m'ait été donné de lire.

Trouvé par hasard chez mon grand père quand j'étais mome ( 8-9ans...enfin, c'est loin maintenant) et lu en cachette sous les draps la nuit à la lueur d'une loupiotte ou planqué au fond du gigantesque jardin à la faveur d'une tiéde journée d'automne , le regard inquiet et troublé oscillant de temps en temps et m'arrachant à ma lecture par peur du Pater Semper massif à la voix rauque et imposante .
L'ironie est que ce sentiment trouble de défiance envers l' Adulte Autorité a du me procurer un certain plaisir pour que ce souvenir aussi lointain soit-il refasse surface avec tant de détails....( sale môme...!!!)

Ce roman m'a hanté des nuits et m'a certainement fait perdre une partie de mes illusions d'enfant. A t'il d'ailleurs révélé ce gout du glauque et de l'obscur qui me fait apprécié les errances de cinéastes comme Ferrara et Lynch , ou le sordide accompli d'un Patrick Bateman( Ellis) ou d'un Ward Litell ( Ellroy) ??? C'est digne d'une analyse !!!
IL est vrai que sorti en 77 ,année punk , il s'apparente plus à un ovni ...Violent, sombre, désespéré et cynique mais aussi caustique et ma foi intemporel.

Redècouvert il y a peu au fond d'un carton dans le grenier de cette vieille batisse mayennaise qui fait office d'auberge -lits et couverts - aux membres de ma famille , j'y ai réplongé avec délectation un oeil plus mur et plus endurci.

Il est vrai que l'écriture fluide tient plus d'un roman de gare que d'un Mailer, que les personnages caricaturaux semblent tout droit tirés d'un comicbook , qu' invraisemblances, anachronismes et grosses ficelles sont aux rendez-vous, la trame n'ayant pas forcemment été bien réfléchie et que malheureusement, les quelques et rares personnages féminins font faire-valoirs à des scènes érotiques téléguidées.

Mais il faut qu'absolument que je remercie ce William Judson de m'avoir fait apprécier le roman policier ( au risque d'une bonne trempe méritée)...
Mais surtout d'avoir certainement contribué à ce gout immodéré pour la lecture qui m'a transformé en dévoreur de pages.
Et depuis je mache , j'avale, ingurgite parfois regurgite, lignes encrées et pages cornées.
On reconnait en soi le toxicomane incurable lorqu' on en arrive à humer l'odeur de l'encre neuve et à en prendre du plaisir...
Certains se reconnaitront certainement....

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